CŒUR LYMPHATIQUE DE L'ANGUILLE
En 1831, le docteur Marshall Hall découvrit duns l'anguille l'existence d'un cœur lymphatique situé à l'extrémité de la veine caudale et doué de pulsations très appréciables, analogue à celui qui existe chez la plupart de nos batraciens, nommément le lézard vert (le mouron), le crapaud et la grenouille, ce qui parut anormal chez un poisson. De là vient l'extrême sensibilité de la queue de l’anguille ; de là vient que les pêcheurs frappent sur cette partie de son corps plutôt que sur sa tête quand ils veulent ralentir ses mouvements trop vifs, trop emportés.
Nous nous demandons s’il ne faudrait pas chercher dans cet organe, par l'analyse de ses fonctions à des températures diverses, la cause réelle
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de l'engourdissement et des batraciens susnommés et de l'anguille, par l'intuence de lu froidure. Cette expérience a-t-elle été tentée ? Un tel engourdissement existe-t-il chez les mêmes animaux dans les contrées tropicales où les rigueurs de nos hivers sont inconnues ? Aucun des auteurs que nous avons consultés ne donne de solution à ces questions, leurs observations étant limitées à nos régions tempérées, relativement au sujet qui nous occupe, à propos duquel toutefois nous croyons que le cœur lymphatique mérite une attention particulière de la part des savants de tous les pays.
Pour cela, je voudrais, pour rendre la chose pratique et essayer de résoudre le problème, jusqu'ici apparemment insoluble de la reproduction des anguilles, en prendre un certain nombre à l’état adulte, les mettre en lieu favorable et les faire passer graduellement par les diverses températures des saisons, afin de leur faire illusion, par cette nature factice, au point que se croyant chez soi, elles nous livrent, sous globe, le secret que la science à vainement tenté de trouver, dans leur état libre. C’est une suggestion, et rien de plus, mais une suggestion qu'il nous serait facile de réaliser ici, et dont la réalisation nous vaudrait un bon point dans le monde scientifique de l'avenir, Dâût-elle échouer que nous aurions encore un mérite, celui d'avoir ouvert au moins une perspective nouvelle aux observations, en vue de la découverte en perspective.