‹ Les poissons d'eau douce du Canada [microforme]Chapitre 16 sur 236 · LA TAILLE ET LA FORME DES POISSONS · texte numérisé non relu

LA TAILLE ET LA FORME DES POISSONS

Si nous envisageons en traits généraux la taille des poissons, nous la verrons varier presqu'autant que celle des mammifères, et nous ne constaterons pas plus de différence entre le rat des champs et l'éléphant qu'entre l'épinochette et l'esturgeon ou les grands squales dont le requin est le tambour-major.

Quant à la forme qu'ils affectent, il est impossible de trouver dans la Nature une famille dont les membres divers offrent des différences plus tranchées comme aspect, et cependant, une plus admirable conformation commune pour vivre dans l'élément qui leur a été assigné. Le corps est plus ou ou moins fusiforme, plus où moins comprimé ; le cou manquant, la tête est directement unie au tronc et en présente la continuation : l'absence du cou est peut-être le caractère le plus universel dans la famille naturelle des poissons, et le seul devant lequel se soit arrêtée la fécondité inépuisable de formes que produit la Nature.

Tous les poissons, à peu près, ont le corps pourvu de nageoires ou de membranes dilatées et soutenues par des rayons, de forme, de grandeur et de nombre différents ; mais leur figure générale varie tellement, que pour la faire comprendre, il faut prendre des types qui réunissent les plus extrêmes dissemblances.

Le doré (sandre), le saumon, le maquereau donnent bien l’idée de la forme fusiforme, la plus ordinaire des poissons: et cependant, chez

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quelques espèces toutes voisines de celles-ci, les variations sont déjà si grandes, que le corps très haut et tout à fait comprimé semble appartenir à une autre figure générique : témoin, la brême si voisine du moxostôme doré (notre pseudo-carpe de France), le pomotis vulgaris — ou crapet mondoux, cousin germain du doré.

Il existe des poissons dont le corps se raccourcit tellement que la hauteur devient beaucoup plus considérable que la longueur ; d'autres sont tout en longueur, comme l’anguille, ou si minces, que desséchés sur une feuille de papier, ils ressemblent à un ruban; d’autres prennent lu forme sphérique, cubique, trièdre, ou à cinq ou six faces. Il y ena de plats et de ronds, de carrés et de pointus ; les uns ont des ailes, les autres des cornes ; ceux-ci, des épées en avant du museau, ceux-là, des glaives en arrière. On en trouve de serpentiformes, d'autres polygonaux ; les uns à peau lisse, les autres avec des écailles énormes, et ces appendices varient par toutes les formes et les couleurs imaginables : enfin, nous avons les poissons déprimés, comme les raies, dont la forme dessine les lignes les plus capricieuses, et les pleuronectes, à corps comprimé, dont les yeux sont d’un seul côté de la tête, comme le fétan, la plie, et autres.

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