‹ Les poissons d'eau douce du Canada [microforme]Chapitre 164 sur 236 · NN · texte numérisé non relu

NN

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L'inclinaison de la grève fait surtout varier le mode de tendre sur ou sous le sable ; le nombre et la grosseur des galets aide encore à déterminer quei mode doit être adopté.

Dans le goife Sant-Laurent comme dans l'Océan, on tend également ces lignes à une certaine distance des côtes, mais alors en pleine eau, Ordinairement, ces bautfes-là ont de 50 à 60 mètres de longueur, et la corde est de la grosseur de la tigure 138. La figure 136 donne une idée très exacte de cette ligne de fond. Les pêcheurs emportent leurs engins dans une barque et s'éloignent du rivage, en se portant au-dessus du fond ou du banc où ils veulent pêcher. Ils commencent par laisser couler doucement la grosse câblière B, et, à mesure, les empiles qui sont espacées ee £metres sur la buutte, celle-ci étant lovée dans un panier; les empiles restent en dehors, les hameçons sur les bords. On dévide doucement, en nageant, et les hameçons tout amorcés gagnent le fond de l'eau.

FiG 13$,—Barvtre de fond.

FIG, 139.—Bouée,

De temps en temps, sur la bautfe MX, on attache de petites câblières ïù, à, 0; enfin, quand toute la corde est à l'eau, on attache à la câblière À un orin muni de sa bouée (fie, 139), on laisse couler, et la corde du fond se trouve tendue,

Quand on veut relever £ette ligne, on saisit la bouée, et, au moyen de lorin, on retire la câblière À, puis, successivement, toute la corde que l'on roule à mesure dans son panier, laissant les haumeçons empilés au dehors, afin que tout ne s'emmêle pas, On décroche le poisson, au fur et à mesure quil se présente, On arrive à la seconde grosse câblière B; on la remet à l'eau ; on réeamorce les hameçons dépouillés, et l'on recommence la péche de li même manière,

[est bon de calculer le nombre de lignes semblables que lon met à la mer, à une petite distance les unes des autres, atin que, pendant qu'on les releve, il y ait assez de temps pour laisser arriver le poisson, et que la peche soit fructueuse, Faut que la ligne séjourne au fond de Peau durant 243 heures, Si le pêcheur se décide pour ce dernier chifre, et qu'il faille une demi-heure pour relever et remettre chaque ligne à l'eau, avee 6 de ces engins, ses hommes seront constamment occupés, et en relevant es lignes à tour de rôle, et dans leur ordre d'immersion, elles auront toutes passé le même temps nécessaire à la mer.

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Dans le nord, là maîtresse corde ou buufte des lignes de fond à environ 1 centimètre de diamètre (fig. 138) : elle est tordue avec soin et tannée fortement, ainsi que les empiles. On lui donne en moyenne 500 mètres de long, et elle porte 100 hamecçons. Les empiles ont 2 mètres de long : et sont faites en cordelettes de la grosseur d’une forte paille de froment, elles sont munies d'hamecons en fer forgé de 8 centimètres de long et gros à proportion. C’est avec cela que l’on prend les congres, les lingues, les turbots, les morues, les raies, ete. Les pêcheurs de profession préfèrent ces hameçons de fer étiunés, très grossiers et très peu aigus, parce qu'ils plient et ne rompent pas sur les rochers et les autres obstacles, S'ils sont tordus, on les remet en forme, on leur donne un coup de lime sur la pointe, et ils sont comme neufs.

Il nous semble hors de doute cependant que s'ils se servaient d'hameçons plus petits et plus solides comme acier et mieux faits, quoique cassants, ils prendraient assez de poissons de plus pour être indemnisés de cette petite dépense : mais la routine est là, et personne ne veut essayer.

Que de progrès à faire, en tout ce qui est pêche de mer comme profession ! et quelle fortune à réaliser pour celui qui osera une révolution en harmonie avec les progrès de la fabrication actuelle !

Les lignes de fond sont lovées ou roulées en cerele, deux par deux, dans un panier fait exprès, et quelques: bateaux pêcheurs emportent jusqu'à quarante de ces paniers, les empiles sont ployées en deux et les hameçons attachés par une espèce de nœud coulant à environ 10 millimètres de la bautfe afin que les empiles ainsi ployées en deux ne se mêlent pas. Quand elles sont amorcés on les place en rond sur le bord du panier, et on les jette successivement à la mer pendant que le bateau marche bon vent et assez vite pour bien tendre la corde.

L'expression Ligne de fond doit s'entendre de trois sortes de pêches, qui sont: la pérhe à soutenir, la péche œux jeux et la péche aux cordées en mer et en rivières. Chacune de ces pêches à été traitée à part avec tous les développements qu'elle comporte, (Voy.Confection des Lignes de fond.)

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