LE BARBEAU
Après le cyprin doré qu'on dit avoir été importé en France par la Pompadour, il faut être un peu amateur de contrastes pour parler du barbeau, car Athénée rapporte que ce poisson était consacré à la chaste Diane. L'histoire vaut-elle mieux que la légende ? Le doute est peutêtre permis dans le cas actuel. “On prétend, dit Coulon, que l’abbaye du Barbeau, fondée par Louis VIT fut ainsi nommée parce que ce prince, pêchant dans la Seine, prit un de ces poissons qui avait une pierre précieuse dans l'estomac. Le barbeau fut souvent placé dans les armes de l'abbesse. A diverses époques, il fut pris des mesures pour la conservation de l'espèce comme pour celle de la carpe.
On ne compte pas moins de 250 variétés de barbeaux dans le vieux monde, et c’est pourquoi je le préconise autant. Je me hâte de l’entourer d'ablettes, de vérons, de goujons, de bouvières, de gardons, de rotangles, pour engraisser nos achigans, nos dorés, nos maskinongés, nos huananiches, nos gloires du Saint-Laurent et du Labrador.
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