‹ Les poissons d'eau douce du Canada [microforme]Chapitre 67 sur 236 · De · texte numérisé non relu

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(Eu France et au Canada).

Bass, Sea Perch, White Salmon, Salmon Dace xd Servin, en Angleterre; Gape Mouth, en Ecosse ; See Barsch, en Allemagne ; Har Bars et Bars, en Danemark ; Dreinec, en Bretagne : Spinola, Spigola Branzine, Varola, Braciola, Ragus, et Labrace, eu Italie

La science arrive à son tour pour continuer les litanies populaires : Labrax lupus, Labrax lineatus, dit Cuvier : Sciena lineata, Block ; Centropôme rayé, Lactpède ; Roceus striatus, Mitchell; Rock fish, Mease ; The striped Bass, Storer.

D'après cette nomenclature déjà longue, qui pourrait cependant s’enrichir incommensurablement, il est déjà facile de voir que le bars est un poisson presque universellement connu, en Europe comme dans l’'Amérique du nord. En Europe, il intéresse toutes les populations riveraines de l'Atlantique et de la Baltique, depuis Tromsoë, en Norvège, jusqu'à Gibraltar ; et faisant équerre ici, il côtoie les rivages méditerranéens, sans interruption, jusqu'en Orient, En Amérique, on le trouve également dans le bassin atlantique, depuis l'estuaire du fleuve Saint- Laurent, correspondant à la Baltique, de l’autre côté, jusqu'au golfe du Mexique, faisant balance avec la Méditerranée.

Le bars appartient à l'ordre des percoïdes, auquel il fait grand honneur pour sa beauté, sa taille, sa valeur sportive et le goût délicat de sa chair. En Europe, on le classe fréquemment parmi les serrunidés ou perches de mer, pendant qu'ici, au Canada, on lui donne plutôt place parmi les pereidés ou perches de rivière ; mais, dans l’un comme dans l'autre groupe, il occupe incontestablement le premier rang. En mer, il n'est pas un serran qui ne lui cède le pas; en eau douce, la perchaude, vêtue d'or, s'ineline devant son armure argentée ; le doré s’écarte sur son passage ; l'achigan bronzé le laisse passer sous son balcon, sans l'atta-

quer : le brochet lui-même reste tapis au fond de sa caverne — lorsque le vaillant chevalier traverse la forêt de Bondy.

Dans son ouvrage intitulé les Merveilles de la Nature, Brehm a fait du bars une description assez exacte, peu chargée de termes techniques, à laquelle je donne volontiers place ici. “ Les bars ou perches de mer

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ont la forme générale des perches d'eau douce, le corps étant toutefois plus allongé : la tête est écailleuse ; les ouïes sont largement fendues: l'opercule est armé de deux épines; le bord postérieur du préopereule est dentelé, tandis que l'on voit de fortes épines dirigées en avant le long du bord inférieur ; il existe sept rayons branchiostèges ; les fausses branchies sont très développées. Toutes les dents sont en velours ; il en existe aux mâchoires, au palais et sur la langue. Les deux dorsales sont rapprochées, la première ayant neuf aiguillons. Sa coloration est un gris plombé sur le dos, un gris plus clair, argenté sur les flancs ; le ventre est argenté ; les individus jeunes ont souvent de petites taches noires sur le dos. Les nageoires dorsale, anale et caudale sont grisâtres. On voit une tache d'un brun foncé sur l’opercule.”

Supposez une perchaude énorme, plus grande même que celle de Laponie — purement imaginaire — une perchaude argentée et allongée : dos argenté bleu-ciel, le corps argenté vif; les deux nageoires dorsales rose tendre ; les pectorales et les ventrales jaunâtres ; une tache noire à la pointe des opercules, et vous avez le bars d'Europe.

Supposez la même perchaude, plus ventrue, ayant la hauteur du corps presque sous les ventrales, dos olive argents où bleu, même violet, flancs et ventre blanc argenté ou bronzé, avec 7 ou 8 rangées d’écuilles noires, régulièrement horizontales, de la tête à la queue: et vous avez le bars américain (v. gravure 29).

Le bars des provinces maritimes et du golfe Saint-Laurent se rapproche beaucoup de celui d'Europe par la taille et la couleur ; il n’en diffère, au vrai — les mâles surtout — que par ses bandes noires longitudinales qui manquent à son congénère européen. Leur poids est à peu près le même, dépassant rarement vingt livres.

Si vous sortez du golfe Saint-Laurent et longez les côtes de l’Atlantique, en allant au sud, vous constaterez la croissance graduelle du bars, d'un estuaire, d'un golfe, d'une baie, d’un récessus quelconque, à l'autre, jusqu'aux profondeurs de la baie de Pensacola, dans le golfe du Mexique, où le bars arrive assez souvent à cent livres et plus — jusqu'à l'ancien quintal canadien même — 112 livres !

En descendant vers le sud, le bars prend, en même temps que du poids, une teinte violacée de plus en plus prononcée, D'aucuns ont voulu en induire que ln différence dans le poids et la couleur accusait une variété distincte ; mais le milieu cosmique passé à l’étamine expérimentale à donné une explication satisfaisante en faveur de l'unité de l’sepece.

En 1865, mon ami de Lusignan, comptable alors au bureau de l'instruction publique, se trouvant à Saint-Augustin (Floride), notre Nice d'Amérique, où il cherchait quelques bouffées d'air tiède pour cicatriser ses poumons fatalement entrepris, n'écrivait ces mots :

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