‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 106 sur 132 · DISTHIBCTION DES POISSONS, ETC, .■S · texte numérisé non relu

DISTHIBCTION DES POISSONS, ETC, .■S

jmr aite la faune icbthyologique de ses rivières pour être en mesure de la comparer rigoureusement aux faunes des contrées lesqilus voisines. Nous savons que la Loire, la Maine, ont à peu près toutes les espèces du Nord, et nous ne pourrions en citer aucune qui soit particulière à ces cours d’eau.

Si nous revenons à l’Est, nous pourrons reconnaître au Sud de l'Alsace, des Vosges et de la Champagne, une région Est- Centrale, comprenant tout le bassin de la Saône, s’étendant depuis ce bassin jusqu’à nos frontières orientales et au Sud jusqu à la vallée de l’Isère. Seulement, une subdivision est nécessaire pour les lacs de la Savoie et du département do l’Ain.

Le Saumon ne se voit nulle part dans les eaux de cette vaste étendue de la France. Il en est de môme, presque certainement, de la Truite de mer. L'Ombre, au contraire, est fréquente dans *'

les eaux de presque tous les départements qu’embrasse cette région. Commune dans la plupart des rivières de l’Ain et du .Jura, on la rencontre dans le Doubs^ la Loue et l’Ognon, dans les lacs de la Savoie et quelquefois dans l’Isère.

La famille des Percides a un représentant dans la région Est- Centrale, que nous ne vojons pas au Nord, c’est l’Apron, qui semble ne pas être répandu, d’uqe manière générale. 11 n'a jamais été signalé comme habitant les eaux de la Savoie.

Parmi les Cyprinides, nous avons à citer une espèce particulière de Chondrostome [Chondrostoma cœrulescem), péché dans les rivières du département du Doubs, et le Blageon [Squalius Aÿass/î/i), que nous retrouverons plus au Sud, mais que l’on n’a jamais observé plus au Nord.

Dans la région Est-Centrale de la France , les lacs de la Savoie et du département de l’.\in constituent des stations spéciales où l’on trouve la plus grande partie des Poissons com-

BuNcniUtD.

HISTÜIUE FAHTIC11.1ÈUB DES POISSONS.

muns en Europe , maia où il existe auiàsi des espèces pour ainsi dire parliculièresaux eaux des lacs. C’estrOmble-Chex aller abondant dans le lac Léman , dans le lac du Bourget , dans les eaux de quelques localités du département de l’.\in. Ce sont les Corégouos, c’est-à-dire la Féra et la Gravenche du Léman, le Lavaret du lac du Bourget; c’est la Truite dos lacs. Un fait singulier, dont nous n’avons pas l’explication , c'est la rareté des Poissons dans le joli lac d’Annecy ; on n’en trouxe guère qu’une douzaine d’espèces, celles qui vivent partout. La Lole y a été introduite en 1770 et s’est parfaitement multipliée. Ni l’Omble-Chevalier niaucun desCorégones n’existent dans ce lac. 11 y a peu d’années, on a tenté de les y introduire. De grandes quantités d’œufs et d’alevins de ces Poissons, ontété répandues dans les eaux du lac d’Annecy ; il m’a été assuré, sur les lieux mêmes, que depuis il n'en avait jamais été péché un seul individu, petit ou grand *. La Savoie nous a fourni une Blennie ; mais jusqu’ici, l’espèce n’a été observée que sur un seul point.

Nous pouvons admettre parmi nos divisions une région Centrale, occupant le vaste espace compris entre le bassin de la Saône et l’Océan, s’étendant du Nord au Sud, entre les i8' et 4b* degrés de latitude, c'est-à-dire de la Loire à la Dordogne.

Cette région, à la vérité, n’est caractérisée inir aucune espèce particulière. Sa faune est pour ainsi dire la même que celle de la région I\'ord; seulement elle a en outre quelques représentants de la faune Est-Xord. C'csl ainsi que l'Ombre, que nous ne voyons pas dans la région Nord, est fréquente dans beaucoup de rivières de la France centrale. On la pèche dans

‘ L'nc description du lac d'Annecy a été publiée par M. J. HolUliauser. — hnue Sinoisieime par la Société tluriiconlanc d'Annecy, ISCO; I” année, p. 2 et p. 0.

DISTRIBUTION DES POISSONS, ETC. iiSI

l’/Ulier et elle est abondante, assure-t-on, dans la Loire, principalement à sa traversée des arrondissements de Montbrison et de Roanne, mais aussi jusque dans la Haute-Loire. Rien ensuite n’indique qu’elle ait jamais été prise , soit dans la Loire-Inférieure, soit sur aucun point du voisinage de l’Océan.

Le Saumon entre en grand nombre dans la Loire, et de là il pénètre dans ses afHuents, la Maine, la Vienne, et ensuite dans la Creuse, l’Mier, la Sioule, la Besbre, le Cher.

Dans le siècle dernier, il remontait la Sioule presque jusqu’à sa source auprès duMont-Dorc. Le comte de Pontgibaud,cliàlelain du lieu, avait une redevance qui lui produisait environ cent cinquante Saumons par an ; depuis vingt-cinq ans, on n’en a pas pris un seul sur le domaine de Pontgibaud. Le marquis de Montboissicr, châtelain du Pont-du-Château, sur l’Ailier, avait une redevance annuelle d’au moins douze cents Saumons en 1787. Les temps sont bien changés '. Le Saumon remonte la Vendée, la Dordogne, et autrefois on le voyait jusque près des sources de cette dernière rivière, la Dore et la Dogne ; il parait qu’il n’entre, ni dans la Charente, ni dans les deux Sèvres; je le trouve mentionné comme très-rare à l’entrée de ces rivières par M. Ed. Beltremieux, de la Rochelle C’est probablement à la nature du fond et aux eaux limoneuses de ces rivières qu’il faut attribuer l’absence du Saumon. Dans beaucoup de localités de cette région, la Truite est abondante.

L’Alose fréquente en général les mêmes eaux que le Saumon ; on affirme cependant qu’on ne la voit jamais dans la Creuse, et' qu’on la prend au contraire dans la Mayenne où ne vient point le Saumon.

' D’après les notes de M. Millet.

» Faune du département de la Charente Inférieure, 1861.

Ce que l’on est convenu d'appeler le Midi de la France doit être divisé- ici en deux régions: une région Sud-Est, une région Sud-Ouest.

La première ou la région Sud-Est , comprend le bassin du Khôue au-dessous de Lyon et tout le territoire qui s'étend de ce fleuve aux .\lpes et à la Méditerranée. La faune icbthyologique de cette portion de la France a des traits particuliers.

Le Saumon n’y existe nulle part. Malgré les tentatives faites pour l’introduire dans le lUiône cl dans l’Hérault, nous doutons beaucoup encore qu’on parvienne actuellement îi l’y rencontrer. Suivant toute probabilité, la Truite de mer ou Truite saumonée manque également. La Truite commune, nu contraire, est répandue presque partout, dans les eaux limpides. L’Ombre .se trouve dans le Rhône, dans la Durance, la Sorgue.

L'.Mose remonte le Rhône en grandes troupes et passe dans la plupart de ses affluents, la Drôme, l’Isère et quelquefois le Drac; elle entre également dans l'Hérault; mais nous pensons qu’elle ne s’engage pas dans les petites rivières qui descendent des .\lpes et traversent soit le département du Var, soit le département des Alpes Maritimes. Risso, de Nice, n’a jamais vu pêcher ce poisson que sur la côte.

Un type qui parait conflué dans la partie orientale de la France, l’.Apron, se prend dans l’Isère, dans la Durance et probablement dans quelques parties du Rhône, tandis que la Greluille manque dans presque toute la région Sud-Est.

Parmi les Cyprinides, le Barbeau méridional, que l’on jmV che dans la Sorgue et, sans doute, dans d’autres affluents du Rhône, dans le Lez et l'Hérault, dans le Var, semble jusiju ici ajiparlenir exclusivement à la région Sud-Est. En l’état présent, nous y voyons une Ablette particulière(A/ÔMr/«M Fahrwi), sans être en mesure de dire si elle est répandue dans une

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