‹ Les poissons des eaux douces de la FranceChapitre 40 sur 132 · SS · texte numérisé non relu

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nué vers la partie poslérietirc; en général d'une rmileur fauve assez vive, il porte des bandes transversales bnines, plus ou moins nombreuses suivant les individus ; ces bandes, toujours irrégulières, sont plus prononcées et mieux délimitées chez les jeunes que chez les vieux individus. Dos bandes de la même

Fty. 4(>. — Tète portion anicTieiire du corps do la lUennie cagnelto.

couleur existent souvent aussi sur le sommet de la tête et celle-ci, comme toute la région supérieure du corps et la base des nageoires pectorales, est couverte de gros points noirâtres qui deviennent plus petits et plus serrés sur la joue.

La tête est massive, assez brusquement abaissée en avant, avec le front de médiocre largeur, la crête occipitale étroite et atténuée vers le front, le museau obtus, les lèvres cbarmies, la mâchoire supérieure un peu plus avancée que la mâchoire inférieure. Mais ce qu’il y a de bien remarquable chez la Ulennie, c’est l’appareil dentaii-e. \ la mâchoire supérieure, il existe de chaque côté une série de onze dents, allant en décroissant de longueur de la première à la dernière ; ces dents un peu aplaties, terminées carrément et serrées les unes contre les autres à l’exception des trois dernières ont l’apparence d’incisives et

Biabcraid, 17

’ iS8 HISTOIHK l'AIITICl I.IÈRF. IlES POISSONS.

c’est par ce nom que plusieurs auteurs les ont désignées, bien que les dents des Poissons ne puissent guère en général être

Mâchoire «upérieurr.

Mâchoire inférieure.

Fig, 47. — Appareil dentaire de la Blennie capiielte. La flpure montre les dents engapdes dans les os maslllaires; tontes les parties molles ont été enlevées.

distinguées en groupes bien caractérisés comme celles des Mammifères. En arrière des incisives, on trouve de chaque une très.'forte dent recourbée qui rappelle beaucoup la forme des canines de certains Mimimilères carnassiers. A la mAchoire inférieure, on compte de chaque cété huit incisives, allant eu décroissant de longueur de la jireinière è la dernière et une canine i)lus forte encore que celle de la mâchoire supérieiii-e.

C’est donc, à la mAchoire supérieure, vingt-deux dents comparables à des incisives et deux canines ; à la mâchoire inférieure, seize incisives et deux canines.

Cet appareil dentaire est l’indice d’habitudes particulières chez la Blennie ; il semble que l’animal dtiive saisir sa proie avec ses dents incisives et la déchirer avec ses canines, malheureusement l’observation directe fait défaut, la Blennie est rare en France et nous ne savons rien relativement à son régime ; l'inspection de

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BI.KNiMt^. il»*

l'estomac de plusieurs individus ne nous a pas sulüsumment éclairé à cet égard.

La narine a deux orifices assez éloignés l'un de l'autre, le premier pourvu d'un petit prolongement lancéolé. L'œil est de médiocre grandeur et situé très-iieu au-dessous de la ligne frontale; l'appendice dont il est surmonté est d'une extrême délicatesse et terminé en pointe. Autour de l'œil, ainsi qu'à la partie inférietire de la joue, on remarque une série de petits globules présentant un tivin au centre ; ce sont des conduits de la mucosité semblables à ceux de la ligtie latérale. Celle-ci commence au-dessus de l'opercule; elle se contmirne un peu en s'abaissant, se continue ensuite presque en droite ligne, jusqu'à la hauteur du septième ou liuitième rayon de la nageoire dorsale, puis descend assez brusquement jxnir suivre la ligne moyenne ^des flancs. Sur la jmrtie [lostérieure du corps, il n’existe plus qu’un léger sillon, les derniers orifices de la muia>sité, qui sont d'une petitesse extrême, ne dépassani pas la hau-

h'iÿ <R. — Fragment de la peau de la blennie oagiiette, très-grossie» inoiitranl deii\ des globules dans lesquels s*otivreni les conduits de la mucosité.

leur du vingt on vingt-deuxième rayon delà nageoire dorsale. Ces orifices de la sécrétion servant a lubréfier la peau de l'animal ,

HISTOinE pauticii.ièrë des poissons.

?ont perci-s dans de petits globules parfaitement arrondis, très-saillants et rendus très-visibles par leur couleur blanchâtre.

La nageoire dorsale occupe presque toute la longueur du corps; elle commence au-dessus des ouïes et atteint la base de la nageoire caudale; elle, se compose de trente rayons simples, mais il n’est pas rare d’en trouver tantôt un de plus, tantôt un de moins. Cette nageoire (deine d’èlègance s’élève notablement à partir du (piinzième ou seizième rayon et décrit ainsi une cxjurbe régulière de sa portion moyenne à son extrémité. Elle est ordinairement ornée sur chaque rayon d’une suite de taches brunes, très-vives chez les individus encore jeunes, affaiblies et plus vagues chez les individus de la plus grande taille. Les nageoires pectorales de forme ovalaire, pointillées de noir à leur base, quelquefois tachetées de brun, sont formées de quatorze rayons. Les ventrales placées sous la gorge et très-rapprochées à leur base, sont fort étroites, n’ayant que trois rayons et parfois deux seulement, car il n’est pas rare qu’un de ces rayons soit avorté. L'anale commence à peu près au niveau du douzième rayon de la dorsale et se termine très-près de l’origine de la nageoire caudale, formant une élégante bordure à la partie inférieure du corps, surtout chez les individus où elle est bien tachetée de brun ; elleadix-buiton dix-neuf rayons. La caudale, qui présente toujours le même système de coloration que la dorsaie, est coupée presque carrément à son extrémité. On lui compte seize rayons, le premier en dessus et le premier en dessous plus courts que les autres et si bien enveloppés par la peau qu’ils sont peu apparents.

L’orifice anal est situé au niveau du neuvième rayon delà nageoire dorsale, et c’est à une petite distance en arrière qu’on

BI.EN.MKS.

obsene rorifice urogénital entouré d’une papille souvent trèssaillante.

La Blennie Cagnette vit dans le Var et ses aflluents. comme Risso l’a appris depuis longtemps ; elle a été découverte dans le Tarn par M. le docteur Thomas qui m’en a procuré plusieurs individus, en m’assurant que chaque année, vers le mois de mai, on prenait ce Poisson dans les mêmes localités, mais toujours en petit nombre. M. Joly, le professeur de zoologie de la Faculté des sciences de Toulouse, l’aobservé dans le canal du Midi et il m’a adressé plusieurs des individus qu’il avait recueillis. Enfin M. P. Gervais, le doyen de la Faculté des sciences de Montpellier, a constaté que ce Poisson vivait dans le Lez dans le département de l'Hérault.

La Cagnette recherche les eaux dont le fond est pierreux ; elle a des mouvements rapides, et elle fraye, dit-on, jiendant les mois d’été ; les femelles que l’on prend en cette saison ont souvent en effet, les parois de leur ventre distendues parleurs œufs, dontle volume est assez considérable. Ce Poisson, beaucoup plus abondant dans les lacs de l'Italie et de la Dalmalie que dans les rivières de nos départements méridionaux, vit en |>etites troujws, rapportent MM. Hcekel et Kner, et sa chair blanche et de bon goût serait fort estimée dans quelques loralités.

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