BLENNIES
2ti3
(lente, mais il n’y a que seize incisives à la mAchoire supérieure et quatorze à la mâchoire inférieure.
La forme et la disposition des globules dans lesquels s’ouvrent les conduits de la mucosité sur la tête et sur les côtés du corps se ressemblent tro[i dans nos deux espèces de Blennies pour qu’il y ait quelque chose d’utile à mentionner ici.
Les nageoires de la Blennie alpestre n'offrent rien non plus de très-particulier sous le rapport de leurs proportions et du nombre de leurs rayons. A la dorsale, je n’ai Jamais trouvé plus de vingt-six à vingt-neuf rayons, mais on le sait, il est difGcile d'attacher beaucoup d'importance à ce caractère, toujours variable dans une certaine mesure. Les pectorales n’ont présenté que douze rayons, l'anale di.v-sept ou dix-buit.
Le 27 septembre 1862, j'avais passé plusieurs heures sur le lac du Bourget avec des pécheurs qui prenaient le poisson avec l'immense filet que l’on traîne à l’aide de deux embarcations, celui auquel on donne le nom de Seine. J’avais ainsi recueilli différentes espèces et j’avais pu reconnaître celles qui étaient ((articulièrement abondantes dans le lac. La journée des pêcheurs étantfinie, nous avionsatteint la côte près du village du Bourget & un endroit où une petite rivière torrentueuse venait verser ses eaux dans le lac. Je témoignai aux hommes qui montaient les bateaux de pêche, le désir qu’on fit en ma présence une exploration de la rivière pour y prendre les petits Poissons cachés parmi les pierres. Deux hommes étant entrés dans le petit cours d’eau qui avait peu de profondeur, y traînèrent un filet en remontant le courant, tandis qu’un troisième, muni d’un bAton et marchant en avant, remuait les pierres en les poussant du côté du filet. Pendant une exploration qui dura près de deux heures, j’obtins ainsi une vingtaine de Blennies
264 iiisroini: VARTici'UÉKt; dks poissons. aljMîStres et quelques Chabots. Les p('cheurs ii’avaient jamais remarqué les Blennies et les confondaient parfaitement avec les Chabots, donnant aux uns et aux antres le nom de Sassol. Le court séjour que j’ai fait dans la localité, ne m’a pas permisd'étudier les habitudes des curieux Poissons que je venais de découvrir dans un pays où l'on ignorait la présence des Blennies.
L’ORDRE DES MALACOPTÊRYGIENS
C'est la présence de rayons flexibles à toutes les nageoires qui caractérise et qui permet de distinguer le plus souvent ces Poissons des Acantboptérygiens.
Chez les Malacoptérygiens tous les rayons des nageoires |M'uvent être flexibles, mais souvent aussi les premiers de la dorsale, des pectorales et de l'anale sont osseux, ce qui revient à dire, que la distinction établie entre les Poissons Acanthoptéry giens et Malacoptérygiens est de peu de valeur.
Les Malacoptérygiens ont été partagés en trois groui)es, d’après la position des nageoires ventrales ', mais ce caractère n’est pas de nature à donner une idée juste des aIBnités naturelles qui peuvent exister entre ces animaux.
Les écailles des Malacoptérygiens ont généralement leur bord sans dentelures et sont ainsi parfaitement unies sur leur bord. Ces Poissons sont représentés dans les eaux douces par un très-grand nombre d’espèces.
(I) Voyez page 120.
Pl.Kl KONECTIDES. '
attü
LA FAMILLE DES PLEURONECTIDES (pleibonfxtidæ)
Les Pleuroncctides forment une grande famille de Poissons de mer; plusieurs d’entre eux, comme la Sole, la Plie, le Turbot, la Barbue, figurant continuellement sur les tables, se trouvent ainsi être parfaitement connus de tout le monde, au moins sous le rapport de leur forme générale. Ce sont les Poissons plats, suivant l’expression commune. Ils ont, ainsi que Cuvier l’a dit, un caractère unique parmi les animaux vertébrés, le défaut de symétrie de leur tête, les deux yeux situés sur le même côté, le côté du corps et de la tête où sont placés les yeux demeurant supérieur quand l’aninal nage, toujours fortement coloré, tandis que le côté opposé est blanch&tre.
Le corps des Pleuroncctides, très-comprimé latéralement, participe un peu de l’irrégularité de la tête. Les pectorales situées sous la gorge sont souvent inégales ; les deux côtés de la bouche manquent également de symétrie. La nageoire dorsale occupe toute la longueur du dos ; et la nageoire anale presque toute l’étendue du bord inférieur du coqis, l’orifice anal étant situé très en avant.
Ces Poissons privés de vessie natatoire, se tiennent presque constamment au fond de l’eau.
Les Pleuroncctides ont une forme régulière lorsqu’ils sortent de l’œuf, mais après la naissance leur tête ne tarde pas à se contourner, de sorte que des individus très-jeunes ont déjà l’aspect des adultes. On doit à deux savants professeurs, M. Van Beneden de Louvain etM. Steenstrup de Copenhague, des ob-
26« IIISTOIRK l'ARTlCn.IÈHK RES POISSONS, sorvations plfines d’inlért't sur les premières formes de ees Poissons.
Bien que les Pleuronectidcs soient essentiellement marins, il devait en être fait mention dans cet ouvrage ; plusieurs de leurs espères entrent assez avant quelquefois dans les rivières et Tune d’elles y séjotirne.
LE GENRE PLELUONECTE
(pLEranvECTES ')
Le genre Pleuronecte de Linné correspond exactement à la famille des Plcuronectides des auteurs modernes. En élevant au rang de famille le genre linnéen et en le divisant en plusieurs genres, Cuvier a fait disparaître le genre Pleuronecte. Des disparitions de cette nature sont pleines d’inconvénients ; aussi pensons-nous qtie le nom générique de Pleuronecte doit rester pour désigner les espèces les plus communes de la famille, celles dont Cuvier a formé le genre Platessa.
Les Pleuronectes sontcaractériséspar leurs dents tranchantes, disposées sur une seule rangée à chaque mâchoire, par leur nageoire dorsale commençant au-dessus de l’œil supérieur, par la queue séparée de la dorsale et de l’anale par un certain intervalle.
Ce genre se compose de plusieurs espèces communes sur nos côtes, notamment la Plie ou Carrelet [Pleuronectes platessa, Linné), la Limande [Pleuronectes limanda, Linné), etc. Nous ne croyons pas avoir à nous occuper ici de ces espèces qui n’entrent que par hasard dans les eaux douces ; il n’en est pas de même pour le Flet.
' l.inné, iiyslema tuitwra. — Plalessn, Cuvier, ftègne animal.
PKKrHONEr.TK.
t.E PLEIHONECTE FLET
(pLfrllONECTES fl.ESl’S ')
Lp Flot, ou Flondre ou Picaud, car on lui donne ces divers
Fig. 6ü. — Le Fiel {P/euronectex fle.mn .
' ÜDDé, Systema natura^ édit. Xll, 1. 1, p. 457 ; I76(i. ~ Pl^esM fUsus^ Cuvier, Règne animal, t. 11. — Yarrell, History of British Fishex, t. II.
m HISTOIHE PAHTICri.lÉRE DES POISSONS, noms vulgaires, est par excellence le Poisson de rcmbouchure des cours d’eau qui se jettent dans l’Océan, la Manche, la mer du Nord. Il remonte habituellement dans les rivières jusqu’il une distance de .30 è iO kilomètres de la mer, mais il n’est pas rare, surtout dans les grands fleuves, de le trouver fort loin des côtes.
Le Flet ressemble par sa forme générale comme par son aspect, à la Plie ou Carrelet, bien qu’il soit un peu plus oblong et que sa taille ne dépasse pas 0“,20à 0“,23. Sa couleur du côté où sont tournés les yeux est comme chez cette dernière espèi'e que l'ou voit constamment sur les marchés, d’un brun vert-olivôtre avec des nuances plus brunes et des taches orangées ou rougeâtres plus pâles que celles de la Plie. Ces taches souvent assez vives au printemps disparaissent du reste trèssouvent à certaines époques de l’année.
La peau du Flet est couverte d’écailles fort petites, d’une minceur extrérao, et de la sorte très-difficiles à détacher ; mais il y a, en outre, aiMlessus et au-dessous de la ligne latérale, une série de petites plaques pourvues de tubercules très-saillants. A la base de chaque rayon des nageoires dorsale et anale, il existe une plaque semblable et l’on en voit encore sur la joue et l’opercule, mais ces dernières ne sont bien apparentes que chez les vieux individus.
La ligne latérale formée d’une suite de petits tuyaux cylindriques, s’étend en ligne droite de la tète à l’origine de la queue.
La tète est tournée tantôt du côté droit, tantôt du côté gauche ; plusieurs naturalistes ont cru que cette différence tout
p. 213; 1836. — SiebnU, Die Süisw isserfisrhe von Milleleuropa, p. 77;
PLEl RONECTK.
individuelle indiquait le sexe, mais l'observation a montré rincxactitudc de cette opinion. Dans tous les cas, la tête porte entre les yeux une carène faiblement tubercidéc, qui s’étend en arrière jusqu’au-dessus de l’opercule.
La nageoire dorsale, médiocrerhent élevée, décrit une légère courbe; elle commence au-dessus des yeux et finit à une médiocre distance de la queue. Elle se compose de cinquantesept à cinquante-biiit rayons ; les pectorales en ont dix ; les ventrales, six seulement ; l’anale, qui se prolonge en arrière aussi loin que la dorsale, formant une large bordure à la partie inférieure du corps, a de trente-huit à quarante-deux rayons ; la caudale on a dix-huit, les premiers en dessus et en dessous, simples, les douze moyens égaux et branchus.
Le Flet s’attaque seulement à des animaux de petite dimension; il se nourrit à peu près exclusivement de vers, d’insectes et de mollusques, et il fraye au mois de mai dans le cours inférieur des rivières où le flux de la mer se fait encore sentir. Il se tient dans les endroits pierreux et souvent dans la vase, car il ptnit vivre dans les eaux les plus impures. On le prend ainsi, eu abondance, dans les petits cours d’eau de la Normandie, sur lesquels se sont établies des usines iKuir le lavage des laines importées de l’Amérique. Autrefois, on pêchait dans ces rivières, beaucoup d'esi>èces de Poissons, meme des Truites ; tout a disparu aujourd'hui de leurs eaux, incessamment chargées des déjections des usines, seul le Flet a continué à vivre et à se multiplier oii les autres Poissons devaient périr et il est resté la ressource des amateurs de pikhe dans plusieurs localités du département de la Seine-Inférieure.
Le Flet remonte parfois fort loin dans les rivières et les fleuves, mais ce n’est pas d’une manière constante. M. Laeuze.
270 IIISTOIKK l’AKTlCl UÉHK DES POISSONS.
Diithiers ni 'en a procuré plusieiirÿ individus pris dans ia Dordogne à sa traversée dans le département du Lot.
On le pèche journellement dans la Tamise a plusieurs milles au-dessus de Londres, et Yarrell rapporte (ju’on le prend dans l’Avoii à une certaine distance au-dessus de Dath. M. de Sélys- Longchamps nous dit, qu'il remonte dans l’Ourthe, par le Maas, jusqu'à Liège, et dans la Nèthe par la Schelde jusqu 'à Waterloo. Holandi’e, l'auteur de la Faune du département de la Moselle, a consigné ce fait, qu'au mois d'août 1818, nu Flet fut jiéchéù Metz dans la Moselle. Un autre naturaliste cite une capture de ce Poisson dans la .Moselle au delà de Trêves. .\u mois d'octobre I8i2, on en vit sur le marché de celte ville, deux individus vivants qui venaient d'étre pris dans la Moselle. Un pécheur de Mayence a assuré à M. de Siebold, avoir péché le Flet dans le Rhin à Mayence même. Les observateurs du seizième siècle ayant déjà rta-onnu chez ce Poisson l'habitude de remonter a(!cidentellement les cours d'eau, lui avaient donné le nom significatir de Passereau de rivière {Passer fhn iatilis).
Bien que la chair du Flet soit tenue en médim;re estime, les pécheurs à la ligne de la Nomiandie comme ceux d'Angleterre sont loin dt> dihlaigner ce Poisson, d'abord parce qu’il abonde en plusieurs endroits, ensuite parce qu’il mord trèsfacileinent h l'iiumeçoii auquel s’agite un ver.
LA FAMILLK DES UADIÜES (c.vmii.t)
Les Gadidés, plus habituellement di-signés .Sfnis le nom deGado'i'des, forment une famille naturelle essentiellement (avmposée