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LES BRÈMES PROPREMEST DITES

Ce sont les espèces dont les dents pharyngiennes, au nombre de cinq, sont disposées sur un seul rang, et présentent une troncature en arrière de leur pointe terminale.

LA BRÈME COMMUNE (abramis brava ')

La Brême habite une très-grande partie de l’Europe et, abondante dans beaucoup de localités, elle devient en divers pays, une ressource alimentaire assez importante. Ce Poisson atteint une forte taille, et si sa chair est dépourvue des qualités suffisantes pour lui mériter les honneurs des grandes tables,

• Cyprinxa brama, Linné, Syslema na/urrr, édit. XII, 1. 1, p. 531 ; 1706. — Blocb, part. i,p. 75, pl. XIII. — Abramis brama, Valenciennes, Hislotre naturelle des Poissons, t. XVII, p. 9; 1844. — Ileckel et Kner, Die Sihswasserfisclie der ôstreirbischen Slonarcbie, p. t04; t8S8. — Siebnid, Die SOsswasserfiscIte von Mitteleuropa, p. 121 ; 1863.

352 HISTOIRE PAHTICEI.IÈRE DES POISSONS, comme elle n’a habituellement aucun goût désagréable, la Brême, qui multiplie rapidement et qui se vend sur les marchés à un prix modique, ne doit pas être dédaignée. Un ancien

Ftg, 73. — Lu Urême cuinmune {Abi'ümis brama).

proverbe disait : Quiconque a une Brême dans son étang, peut convier son ami. Aujourd’hui, on accorde à ce Poisson moins d’estime qu’on ne lui en accordait autrefois. Ceci est surtout manifeste en Angleterre. Pour les gens d’un goût délicat, une Brême ne vaut pas la peine d’être cuite, tandis qu’au commencement du quinzième siècle, avant l’introduction de la Carpe, elle figurait souvent dans les repas somptueux.

Le nom de Brime est en usage parmi nos pêcheurs, mais dans certaines loc.ilités, il devient Brame ou Bramme ; en Alsace c’est le mot Bresem qui est employé ; expression assez différente du nom allemand le plus ordinaire, Brachsen.

La Brême a le corps comprimé latéralement et très-large par rapport à la longueur étant considéré de profil. D’un blanc d’argent très-finement pointillé de noir sur les côtés et les régions inférieures, toutes les parties supérieures sont d’un gris bleufttre ou verdâtre plus ou moins intense, les nageoires

bh£mes.

d’un gris bleuâtre sablé de noir et l’iris d’un jaune d’or a\er une tache noire. Un espace long et étroit sur la portion antérieure du dos, est, comme chez la plupart des espèces du genre, dépourvti d’écaillcs. *

Les écailles grandes, beaucoup plus larges que longues, ont leur bord basilaire faiblement et irrégulièrement festonné, leur bord libre peu arqué et sensiblement anguleux, leurs stries circulaires partout très-rapprochées d’une manière égale ; elles offrent dans leur partie libre des rayons au nombre d’une dizaine convergeant vers le centre et quelques rayons allant du centre au bord basilaire, formant ainsi une sorte d’éventail. La ligne latérale décrit une courbe assez prononcée ; les conduits de la mucosité sont grêles, cylindriques et de médiocre longueur.

La tête de la Brême, assQz petite relativement au volume du corps, avec le museau obtus, la bouche peu fendue, la mâchoire inférieure plus courte que la supérieure, présente de nombreu.\ pores disposés sur une file passant sur le front pour venir contourner la narine, descendre au-dessous de l’œil et remonter en arrière pour se continuer au-dessus de l’opercule vers la ligne latérale. On voit ainsi que la tête du Poisson doit être continuellement imprégnée de mucosité. L’œil est assez grand, son diamètre étant souvent supérieur au quart de la longueur de la tête.

La nageoire dorsale étroite à sa base, située au delà de la portion moyenne du dos, a douze rayons, trois simples, neuf rameux allant en diminuant beaucoup de longueur ; le premier des rayons simples est très-petit, le second a un peu plus de la moitié de la longueur du suivant. Les nageoires pectorales ont seize rayons ; les ventrales dix, dont les deux premiers simples ;

Rt ANCIIARD. il

:iU HISTOIRE PARTICULIÈRE DES POISSONS., l’anale en a trois simples dont le premier très-petit, et vingtdeux à vingt-huit rameux.

La Brème peut atteindre dans ses plus belles proportions la longueur d’environ 0”,60 et le poids de 3 à 4 kilogrammes • lorsqu’elle est placée dans de bonnes conditions, c’est-à-dire dans des eaux où elle trouve une nourriture abondante.

Ce Poisson, comme tous ceux qui vivent indifféremment dans les rivières, les lacs et les étangs, offre d’assez nombreuses variétés ; variétés n’ayant pas, au reste, de caractères bien définis.

C’est de la sorte que j’ai hésité longtemps à rapporter soit à l’espèce de la Brème commune, soit à une espèce particulière des individus de la Garonne et de la Dordogne, ayant le corpsun peu plus comprimé, la tète légèrement plus effilée que nos Brèmes ordinaires , mais cependant dont l’ensemble des caractères après une étude comparative, n’a pu donner lieu à aucune distinction certaine. On sait d’ailleurs que, chez la Brème, le corps est proportionnellement plus mince chez les jeunes que chez les vieux individus. Il a été reconnu ainsi qu’une espèce décrite par Linné n’avait été établie que sur la considération de jeunes individus de la Brème commune'.

Sous les noms de A bramis microlepidotiis, Abramis argyreus, Abramis velula, MM. Agassiz et Valenciennes ont cru pouvoir admettre trois espèces. De légères différences dans la dimension des écailles, dans la hauteur ou les proportions générales du corps, signalées comme des caractères spécifiques, sont en réalité sans valeur. Telle est l’opinion de M. de Sicbold, et telle est aussi celle que je me suis formée d’après la comparaison d'un trèsgrand nombre d’individus de localités fort diverses. Tous les intermédiaires, toutes les nuances ont pu être observés.

' Cyprinus farenus, Linné, Systema mtura, I. I, p. S32; 1766.

brC:mes.

La Brême, fort commune dans le centre, le nord et l’est de la France, nous est venue également de nos départements méridionaux, de la Garonne, de la Dordogne, du Rhône à Avignon , etc . Elle n’existe ni dans le lac Léman, ni dans le lac du Bourget, ni dans les lacs de Laffraye et de Paladru, dans le département de l’Isère.

Ce Poisson se nourrit à la fois de substances végétales et d’animaux aquatiques, principalement d’insectes et de mollusques.

Les Brèmes se réunissent très-ordinairement par troupes, ce qui permet d'en faire des pêches considérables dans certaines localités, par exemple dans plusieurs des lacs de l’Irlande et de la Bavière. Elles frayent pendant les mois de mai et de juin au milieu des plantes qui croissent près du rivage.

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