LA BRÊME DE BUEGENHAGEN
(ABnAMIS BL'GUENHAGII *)
Cette Brême, qu’on n’a encore observée en France que dans quelques rivières de nos départements du Nord et de l’Est, a le corps d’une médiocre hauteur sans aucun espace dépourvu d’écailles sur le dos, et la tête plus inclinée et plus amincie vers le museau que chez les espèces précédentes.
Elle a le dos d’une teinte brunâtre à reflets d’un bleu d’acier, les parties inférieures argentées, la tête et presque tout le corps sablés de brun, les nageoires noirâtres.
Les écailles de la Brême de Buggenhagen ressemblent â celles
' Il existe en Europe, et uutammciit en Allemagne, plusieurs espèces de la division des Brèmes proprement dites, qui n'ont jamais été observées en France; quelques-unes sont remarquables par leur nageoire anale ou assez courte ou extrêmement longue, et, dans ce dernier cas, composée d’un très-grand nombre de rayons ; la Brème zcrtc (Abramit vimba, l.in.); la Brème aux yeux noirs {Abramit melunops, Heckel); la Brème sope {Abramii ballerus. Lin.); la Brème clavetza {Abramis sopa Pallas). D'autres se trouvent dans la Russie.
’ Cyprinus Buggmhagii, Bloch, pl. 95 . — Leuciscus Baggenhagii, Valenciennes, Biit. nat. des Poissons, t. XVII, p. 53; 1814. — Abramis Heckelii, Sélys-Longehamps, Faune belge, p. 217, pl. 8; 1842. — Abramidopsis Leuckartii, Siebold, Die Sùsswasser/ische uon Mitteleuropa, p.'l34; 1853.
M. do Siebold a cru pouvoir considérer celte espèce comme le type d'un genre particulier (Abramidopsis), en se fondabt essentiellement sur l'absence chez cette Brème do tout espace dépourvu d'écailles sur la portion antérieure du dos.
338 HISTOIRE PARTICULIÈRE DES POISSONS, des espèces précédentes, par la nature de leurs stries, mais elles en diflèrent beaucoup par leur forme qui a inOniment de rapports avec celle des écailles des Chevaines. Gomme ces dernières, en
Fig. 7S. — Tête de la Dréme de Buggeiibagen.
effet, elles sont un peu plus longues que larges, avec leur contour extérieur bien arrondi.
La nageoire dorsale, moins haute que chez les espèces précédentes, a neuf ou dix rayons branchiis, l’anale en a de quatorze à dix-huit, le plus souvent quinze ou seize.
Les dents pharyngiennes de cette espèce, au nombre de cinq de chaque côté, rarement de six, sont moins crochues que celles de la Brême commune.
La Brême de Buggenhagen ne parait guère dépasser la taille de 0“,20 à 0“,30 ; elle fraye pendant les mois d’avril et de mai. Elle est très-rare en France. Elle a été pêchée plusieurs fois dans la Somme , très-rarement dans la Moselle, dans la Meuse, dans le Rhin. On la prend en Angleterre seulement dans quelques localités restreintes, et en Allemagne, où on la trouve plus fréquemment, croyons-nous, dans un assez grand nombre de co'urs d'eau, elle ne se montre jamais en abondance.