PRÉFACE
En publiant ce livre, le premier traité d'un grand groupe d’animaux envisagé sur toute l'étendue du bassin du Congo, je ne me dissimule pas combien il est incomplet. Certes, je pouvais attendre ; mais il se passera encore bien des années avant que l'exploration du vaste territoire de l'État Indépendant n’atteigne un degré satisfaisant et il m'a semblé faire chose utile en réunissant dès à présent tous les matériaux disponibles en un ouvrage qui permette de se rendre compte de l'état de nos connaissances Sur les poissons et qui puisse servir de point de départ a des études plus approfondies, non seulement sur la distinction des espèces, base de toutes recherches, mais aussi sur leur distribution, leurs mœurs et leur développement.
Toutes les descriptions sont faites d'apres nature. Outre l'étude des riches collections du British Museum et du Musée du Congo, qui renferment la grande masse des matériaux qui ont servi à cet ouvrage et dont, en raison de mes fonctions, j'ai pu user sans entraves, il m'a été permis d'examiner et de décrire tous les spécimens du Congo conservés aux Musées de Paris, de Gênes et de l'Université d'Utrecht, les seuls qui, avec les deux établissements déja cités, contiennent des exemplaires types de poissons de cette partie de l'Afrique. En faisant allusion aux facilités qui m'ont été accordées, je tiens à exprimer publiquement mes remerciements à M. le professeur L. Vaillant, du Muséum d'histoire naturelle, à M. le marquis J. Doria et M. le docteur R. Gestro, du Musée civique de Gênes, et a M. le professeur Hubrecht, d'Utrecht.
Les planches qui accompagnent cet ouvrage sont également toutes originales, ce sont des réductions des planches lithographiées d’après nature, pour les Annales du Musée du Congo et pour mes Mémoires sur les Poissons du lac Tanganika, par mes excellents artistes MM. P.J. Smit et J. Green. Les indications relatives à la coloration pendant la vie sont prises sur des aquarelles de feu Paul Delhez et de MM. Dardenne et Questiaux, faites pour le compte de l'État, ainsi que sur celles exécutées au Tanganika par mon ami M. J. E. S. Moore. Enfin, les noms indigènes sont transcrits d'apres les