‹ Les poissons du basin du CongoChapitre 10 sur 463 · letrodon mbu, Blgr · texte numérisé non relu

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Un coup d'œil jeté sur ce tableau montre que, en ce qui concerne les types spécifiques, les rapports du Congo avec le Nil sont des plus insignifiants, puisque, même en comptant celles répandues dans presque toute l'Afrique tropicale, 13 espèces seulement sont communes aux deux fleuves. Les rapports avec le Zambèse sont pour ainsi dire nuls. 15 espèces seulement remontent sur le versant occidental de l'Afrique jusqu’au Sénégal, tandis que 35 se retrouvent aussi dans les bassins de l'Ogowé et du Gabon. Enfin, on ne peut citer que 7 espèces qui soient communes au réseau du Congo et au lac Tanganika.

Le Congo dans la Région des Chutes.

XVIII INTRODUCTION

B. LACS TANGANIKA ET KIVU. — Bien que reliés au système du Congo par la Lukuga, qui en déverse le trop-plein à travers le col de Mitwangi, ces deux lacs, encaissés dans des roches escarpées, diffèrent considérablement par leur faune du bassin du Congo. Le Tanganika, à l’altitude de 812 mètres, peut-être le lac le plus profond du monde (près de 800 mêtres), quoique découvert depuis près d'un demi-siècle, n’a été exploré, au point de vue ichthyologique, que tout récemment. Déjà en 1858, Speke recueillait des coquilles dont l'aspect étrange fit sensation; d’autres trouvailles parmi les mollusques, et surtout la découverte, en 1883, d’une méduse, avaient porté les naturalistes à envisager la possibilité d’une faune marine d'une haute antiquité qui se serait préservée depuis l’époque où ce lac aurait été en communication directe soit avec l'Atlantique, soit avec l'Océan Indien (1). Afin d’élucider cette question, un jeune et intrépide zoologiste, M. J. E. S. Moore, entreprit deux expéditions, en 1805-06 et en 1899-1900, dont une partie des résultats ont déjà été publiés. Les études de M. Moore sur les mollusques le portent à reconnaître deux types distincts dans la faune du Tanganika, le type commun aux eaux douces de l’Afrique et celui qu’il désigne sous le nom de halolimnique, propre aux régions profondes du lac, et qu’il considère comme relique d’une faune qui remonterait peut-être à l’époque jurassique. Quoi qu'il en soit de ces spéculations, la première collection de poissons formée par M. Moore, venant s'ajouter à celles, représentant 9 espèces seulement, déjà rassemblées par M. Coode Horc et M. le capitaine Descamps, ne montrait aucun indice d’une faune halolimnique. Beaucoup mieux équipé, à sa seconde expédition, pour des dragages dans les grandes profondeurs du lac, M. Moorena pas davantage réussi à en trouver. Les poissons du Tanganika ne fournissent aucun appui à la théorie de l’origine marine de la faune de ce lac. Ils n’en sont pas moins fort intéressants par suite de l’extrème abondance et de l'étonnante diversité des Perciformes de la famille des Cichlides, ainsi que l’indique la longue liste qui suit. Par contre, une famille richement représentée dans le Corigo et propre aux rivières et aux lacs de toute l’Afrique tropicale, la famille des Mormyrides, fait absolument défaut, sans que rien dans les conditions du Tanganika n'explique un caractère négatif si frappant. Comme on peut le voir par le tableau suivant, la faune ichthyique, par sa composition, est essentiellement et uniquement africaine, mais elle diffère très fortement de celle du Congo, comme d’ailleurs de celle de tous les autres bassins.

(1) J. E. S. Moore. « On the Zoological Evidence for the connection of Lake Tanganyika with the Sea. » Proc. Roy. Soc. Lond. LXIT, 1898, p. 451.

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