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Bouche non protractile, bordée le plus souvent par les prémaxillaires à l'exclusion des maxillaires, qui sont généralement très réduits et supportent la base de barbillons ; à part quelques exceptions, les mâchoires portent des dents. Os pariétaux généralement unis au sus-occipital et formant un os unique (pariéto-occipital) ; symplectique et sous-operculaire absents. Os pharyngiens à dents petites, coniques ou en velours. Côtes attachées à la face inférieure de longues apophyses transverses ; épipleuraux absents. Nageoires pectorales insérées très bas, se repliant comme les ventrales, souvent armées, ainsi que la dorsale, d'une forte épine osseuse. Corps nu ou couvert d’écussons osseux, jamais écailleux. Souvent une nageoire dorsale adipeuse. Presque toujours des barbillons, au nombre de une à quatre paires.

Pour ce qui concerne la faune d’Afrique, l’absence d’écailles suffit à faire reconnaître les membres de cette famille des Cyprinides, leurs plus proches voisins. Mais comme il y a parmi ceux-ci de nombreux genres à peau nue, chez lesquels ce caractère peut même être accompagné de celui tiré de la présence de barbillons, il est nécessaire de faire appel à des caractères internes, surtout ostéologiques, pour séparer sûrement les deux familles. Notons d’ailleurs que les formes qui paraissent se ressembler le plus dans les deux familles, on pourrait dire séries paralléles, semblent n'être que le résultat d’une similarité dans le mode d'existence, des exemples de convergence, ne représentant nullement des formes annectantes ou des traits d'union entre les deux groupes.

Le crâne et l'appareil operculaire sont en général remarquables par la réduction dans le nombre des pièces qui les composent. Ainsi le sous-operculaire manque, ou plutôt, étant attaché à l'appareil hyoïde, doit être considéré comme rayon branchiostège externe, quoique parfois assez large et en contact avec le bord inférieur de l’opercule. Comme je l'ai fait observer à propos des Mormyres, la distinction entre sous-operculaire et rayon branchiostège est souvent assez arbi-

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traire et le caractère en question n’a par conséquent pas une grande valeur au point de vue morphologique. Le symplectique, qui manque à peu de Téléostéens, est ici constamment absent, ainsi que le métaptérygoïde. Quand aux pièces de la voûte crânienne, la réduction, par fusion, de plusieurs d’entre elles peut aller très loin et a donné lieu à beaucoup d'erreurs dans la détermination de ces pièces. Parmi les formes d'Afrique, le genre Sy nodontis est celui qui me semble le plus favorable à l’élucidation de ce problème, par suite des changements qui se produisent avec l’âge et aussi des variations individuelles. Comme les éléments de la voûte crânienne se confondent souvent avec ceux formés par l'expansion des premiers os interneuraux, qui peuvent former un véritable bouclier s'étendant du crâne proprement dit à la base de la nageoire dorsale, il est nécessaire d’expliquer ici la nature et la conformation de ce bouclier, dit nuchal. La pièce du bouclier qui répond au deuxième interneural porte uñe épine très courte (le premier rayon de la nageoire dorsale), rudimentaire, fourchue à la base, qui sert à fixer la grande épine (le deuxième rayon de la dorsale, qu'on nomme généralement, quoiqu'’à tort, le premier, par suite de l’état rudimentaire de celui qui le précède) à l’état de redressement; la pièce qui correspond au troisième interneural est toujours plus réduite et sert à l'articulation de l’anneau formé par la base de la grande épine, de chaque côté de laquelle elle forme un écusson. Le bouclier nuchal des Synodontis, tout comme le crâne de ces poissons, montre les éléments qui le composent dans leur développement le plus complet. On y voit la première pièce, transversale et séparant le sus-occipital de la deuxième pièce chez les jeunes, devenir relativement plus petite avec l’âge, étant enclavée entre ces deux os.

L'os « interpariétal », comme le nommait Cuvier, et pour lequel je propose le nom de « pariéto-occipital », a reçu, de la part des anatomistes, diverses interprétations, selon les matériaux d’étude à leur disposition. Les Sy-nodontis nous montrent que cette pièce résulte de la fusion des pariétaux et du sus-occipital (1), auxquels peut s'ajouter un os interpariétal proprement dit, qui, chez ces poissons, reste le plus souvent distinct, tandis que la suture entre les pariétaux et le sus-occi-

(1) Déjà en 1871 (Tr. Amer. Philos. Soc. XIV, p. 454), Cope avait émis l'opinion, sans toutefois l’étayer d'aucun exemple démonstratif, que l’os nommé interpariétal par Cuvier, sus-occipital par Huxley, pariétal par Parker, est un complexe résultant de la fusion des pariétaux et du sus-occipital. Dans un travail récent sur la myologie de Silurus glanis, M. Juge (Rev. Suisse Zool. VI, 1890, pl. 1) représente le crâne de cette espèce avec des pariétaux distincts du sus-occipital, mais c'est une erreur et les sutures indiquant les contours de ces os sur la figure en question sont bien certainement imaginaires.

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pital a déja disparu; d’autres fois, au contraire, il y a fusion entre l’interpariétal et les pariétaux, alors que persiste la ligne de démarcation du sus-occipital. Je n’ai rencontré aucun cas semblable à celui figuré par .Vaillant(r}, où une pièce impaire, l’interpariétal proprement dit, est bordée et suivie d’une paire d’os que cet auteur désigne comme pariétaux ; ces derniers représentent en partie le sus-occipital, os toujours impair, ce qui me porte à soupçonner quelque erreur dans la délinéation des sutures sur la figure en question. L’os nommé « occipital supérieur » par Vaillant n'est autre que le sur-temporal (épiotique de Huxley), qui s’unit souvent au post-temporal et même au surclaviculaire en une pièce unique. Par l’intermédiaire de ce sur-claviculaire, l'os claviculaire est intimement uni au crâne, et lorsque celui-ci forme un casque, il en fait partie intégrante, souvent sous forme d’un grand prolongement situé au-dessus de la base de la pectorale et auquel on a donné le nom de processus huméral. Outre la part qu'il prend à la formation du bouclier céphalique, le sur-claviculaire se fait remarquer par une apophyse très forte dont l'extrémité vient s'unir par suture avec l’exoccipital de chaque côté et former une barre transversale qui semble faire partie du crâne proprement dit. Pour en revenir à celui-ci, il faut faire mention de deux fontanelles, une antérieure, bordée par l’ethmoïde et les frontaux, et une postérieure, située dans le complexe pariéto-occipital ; l’antérieure de ces fontanelles existe toujours et se distingue souvent à l'extérieur, tandis que la postérieure disparaît avec l’âge chez la plupart des genres ; les deux peuvent pourtant être confluentes. Au palais, notons l’absence fréquente du métaptérygoïde et la forme bizarre du palatin, qui est subcylindrique, souvent fort réduit, s'appuie à la base sur la face dorsale des ptérygoïdes et peut, chez certains genres, s’articuler avec le maxillaire. Celui-ci, dans la généralité des cas, est formé de deux pièces: une basilaire plus ou moins réduite, située derrière le prémaxillaire, et une distale en forme de baguette, mobile sur la première et cachée dans la base du barbillon. Ce n’est que chez quelques genres, tels que Chrysichthys, Eutropiichthys, Auchenoglanis, Callichthys, Chaca, Diplomystes, Nematogenys, pour la plupart étrangers à la faune d'Afrique, que cet os a conservé sa condition plus normale et borde réellement la bouche, enveloppé dans les lèvres, tout comme le prémaxillaire ; chez Diplomystes et Eutropiichthys le maxillaire est même armé de dents, ainsi que cela a été reconnu pour la première fois par Günther (2) chez le premier de ces genres.

(1) Nouv. Arch. du Mus. VIT, 1805, p. 241, pl. XIII, fig. 1c. (2) Cat. Fish. V, p. 180 (1864); voir aussi Eigenmann, Amer, Nat. 1888, p. 648.

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Le nombre des rayons branchiostèges varie de 4 à 17. Les pseudobranchies manquent. Outre les prémaxillaires et les dentaires qui, sauf de rares exceptions, en sont armés, les dents sont fréquemment présentes sur le vomer et parfois aussi sur les ptérygoïdes. Ces organes, quoique moins variés que chez les Characinides, présentent cependant de grandes différences de forme selon les genres ou même les espèces : outre les dents coniques, en cardes ou en velours, qui se rencontrent le plus fréquemment, citons les dents à couronnes arrondies (Cnidoglanis, ptérygoïdes de certains Arius, vomer de plusieurs Clarias), les dents grèles, à extrémité crochue (lèvre inférieure des Synodontis) et celles en forme de soies des Euchilichthys et des Atopochilus.

La présence de barbillons est un des caractères les plus frappants des Silurides, leur nombre variant de deux à huit. Il y en a fréquemment huit : une paire en relation avec les narines, une autre dépendant des maxillaires et deux à la mâchoire inférieure. Chez un Silure de l’Amérique du Sud, Ageniosus Valenciennesi, le barbillon maxillaire est transformé en épine osseuse érectile, armée d’aiguillons. Enfin, l'aspect bizarre de la bouche peut être augmenté par la présence de lobes labiaux plus ou moins développés, qui peuvent même constituer un appareil adhésif, une sorte de sucoir. à l’aide duquel le poisson qui en est pourvu peut se fixer aux pierres des torrents, ainsi que le genre Euchilichthys nous en offre un exemple très frappant dans la faune du Congo.

La forme du corps varie excessivement, depuis les Chaca, rappelant la Baudroie, jusqu'aux genres anguilliformes comme les C/arias et surtout Gymnallabes. Tantôt deprimé, tantôt comprimé, le corps peut être nu ou protégé par une cuirasse osseuse, comme nous le voyons chez Callichthys, mais il est toujours dépourvu d’écailles. Parfois, chez certains Synodontis et chez Malopterurus, par exemple, la peau est couverte de villosités, qui lui donnent une apparence poilue ou feutrée. Sagemehl (1) croyait reconnaître dans ces villosités les vestiges de dents dermiques réduites et non calcifiées. Pour L. Vaillant et A. Pettit (2), qui se sont livrés à des recherches histologiques sur le tégument du Synodontis schall d'Egypte, en vue d’expliquer leur rôle physiologique, il paraît probable que ces villosités ne sont pas des organes du tact, mais qu’elles servent plutôt de soutènement aux grosses cellules épithéliales et subviennent à leur nutrition. Il est à remarquer aussi que les organes de la ligne latérale s'étendent souvent en ramifications multiples ou peuvent se prolonger en tubules libres

(1) Morphol. Jahrb. X, 1885, p. 3.

(2) Bull. du Mus. Paris, 1808, p. 264.

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d'une longueur assez considérable, comme cela se voit sur les côtés du corps chez beaucoup de Synodontis.

La colonne vertébrale, dans la région précaudale, He de celle des autres membres du sous-ordre des Ostariophyses par le développement des parapophyses, à la face ventrale desquelles viennent s'attacher les côtes. Cette région précaudale peut être excessivement raccourcie. Plusieurs des vertèbres antérieures, au moins celles qui portent les osselets de Weber, sont solidement unies ou ankylosées non seulement entre elles mais encore, fort souvent, avec le bouclier occipito-nuchal. Ramsay Wright (1) a montré, par l'étude du développement, que le complexe qui suit la première vertèbre, plus ou moins rudimentaire lorsqu'elle existe à l’état distinct, résulte de la fusion des 2e, 3° et 4° vertèbres, sans que même les orifices donnant passage aux nerfs ne persistent pour révéler son origine. En indiquant le nom- : bre des segments de la colonne vertébrale, dans le tableau suivant des espèces africaines examinées sous ce rapport, il convient de compter la vertèbre complexe comme trois et, par conséquent, d'admettre invariablement au moins deux pièces de plus à la région précaudale qu'il n’est possible d'en reconnaître sur le squelette à l’aide soit des sutures, soit des orifices intervertébraux. La première apophyse transverse, très développée, représente celle de la quatrième vertèbre.

Garies aneurlaris MEET RER Note 67 » DRE EN LION LEO OM DEN STE Ho 105

NME RÉ OO SIS URL NE TIR € ROME in OU AGE TGS Channalabes apus . . . . . . . . . . 26 + 81 — 107 Heterobranchus sénegalensis . … . . . . . 23 L 42 — 65 Eutropius niloticus . . . . . . . . . . 16 + 38 — 54 DOM CP NOSCOPUSS ANNE MIN LE AE 68 UtA4 Ro US DRMUIESTUS VAE NE CU RC tee Es rar NB TER En Siluranodon auritus : &: ...; 4, : 2 11 -L 40 — 5x Parailia congica .. + . ‘. . . " { . 10 + 44 — 54 EE. A0 CMOS ET RENE CEE 400 TOME TETE EPP lee ST RS AE Bois) 0 53 Chrysichthys auratus : à. ,.. 1. . 17 L 24 = AI ) MACRO EME NS EUR ASE ARTE 25 =" AT

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) nigrodigitatus PO PR NT 2) — 42

(1) Zool. Anz. 1884, p. 88, et Proc. Canad. Inst. (2) IT, 1884, p. 376. — Voir aussi Mc Marrich, Proc. Canad, Instit.. t. c. P- 294.

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Auchenoglanis biscutatus DT ENOPE OURE Galeichthys feliceps. 220 00 SE Arius latiscutatus 200-220 — NES Synodontis schall . . 16 + 24 =" 40 ) nigrita . 17-1220 130 ) LAMPIENSIS NEC. es COM CPE ENS NE 0 ) Greshofi 16 23" 59 » Omras NE 160-2313 g » acanthomias . . . 16 + 28 — 4 ) serratus. er D:

Chiloglanis-niloticus. 16 5071086 Mochocus niloticus DIS END AR NON Malopterurus electricus 22 2200 A

La région caudale commence là ou les parapophyses sont réunies en un Ÿ sans apophyses latérales ni côtes. Ce mode de détermination, tout conventionnel d’ailleurs, explique les différences, parfois considérables, qu’on trouvera en comparant les nombres indiqués ci-dessus avec ceux fournis par d’autres auteurs.

Les nageoires, tant impaires que paires, présentent une variété de formes commeil ne se rencontre chez aucune autre famille. Tantôt les nageoires dorsale et anale sont composées uniquement de rayons mous et s'étendent tout le long du corps, pour se confondre même avec la caudale; tantôt c’est l’une ou l’autre qui l’emporte par la longueur, ou toutes deux peuvent être très courtes ; enfin la dorsale peut manquer tout à fait. Comme chez les Characinides, il y a le plus souvent une nageoire dorsale cutanée, dépourvue de rayons, dite adipeuse, et cette nageoire est souvent extrêmement développée. Un grand nombre de Silurides possèdent une épine osseuse, formée par le second rayon de la dorsale et une autre, formée par le rayon externe de la pectorale, épines dont l'efficacité comme arme défensive peut être augmentée par la présence de serratures aux bords antérieur et postérieur. Ces épines n'ont rien de commun avec celles des Percésoces et des Acanthoptérygiens. Comme l'ont démontré Cuvier, L. Vaillant (1) et Jacquet (2),

-l’épine des Silurides, ainsi que celle des Cyprinides, n’est pas une pièce simple, mais une réunion d'articles soudés et ossifiés, un rayon articulé comme les autres et dont on trouve encore l’extrémité molle

(1) Comptes Rendus Acad. Sc. CXXI, 1895, p. 909, et Nouv. Arch. Mus. VII, 1805, p. 257, pl. IX.

(2) Bul. Soc. Sc. Bucuresci, VIII, 1890, p. 167, pl. XII, fig. 101 et 102.

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et divisible; ce sont ces articulations qui, en s’ossifiant, forment par leurs deux bouts les dentelures qui arment l’épine et qui, à la pectorale, sont dirigées en sens contraire parce que les articulations ellesmêmes étaient obliques à l’axe général du rayon. C’est aussi pourquoi ces épines, croissant avec l’âge par l'addition d'articles à l'extrémité distale, ont les serratures plus nombreuses chez les grands individus que chez les petits de la même espèce, fait qu’il ne faut pas perdre de vue dans les études systématiques. Une couche cutanée plus ou moins épaisse enveloppe l’axe osseux. Contrairement à ce qui s'observe chez les Cyprinides, l’épine de la nageoire dorsale, comme celle de la pectorale, possède un axe simple. Les rayons de la nageoïire ventrale varient de 6 à 16, 6 étant le nombre le plus fréquent, comme chez les Percésoces et les Acanthoptérygiens.

La ceinture pectorale, solidement fixée au crâne par l'os sur-claviculaire, dont, souvent, une apophyse s’unit par suture avec le basioccipital, forme, du côté ventral, un arc puissant, le claviculaire et le coracoïde étant unis suturalement sur toute leur longueur. A la suite de Parker (1), qui croyait reconnaître dans la ceinture scapulaire de quelques Silurides très spécialisés l’interclaviculaire ou infraclavicule des Esturgeons et autres Ganoïdes Chondrostéens (2\, Cope (3) a cru pouvoir caractériser le sous-ordre des Nematognathi (4), qui correspond à nos Silurides, Loricariides et Bunocéphalides, par la présence d’interclavicules, et considérer ce groupe comme tenant de très près à ces Ganoïdes. Mais il n’en est rien. Il suffit d'examiner la ceinture scapulaire chez les genres les moins spécialisés, Sz/urus par exemple (5), pour se convaincre que le coracoïde ne diffère de celui des Characins et des Cyprins que par la forme et les rapports de son processus inférieur avec le claviculaire, que le scapulaire et l'épicoracoïde sont fusionnés avec cet élément, et qu’il n'existe pas d’interclavicule. Une arcade, formée par le claviculaire et le coracoïde, existe presque

(1) W. K. Parker, Monograph ofthe Shoulder-girdle. Ray Soc. 1868, p. 23.

(2) Comme l'a montré Gegenbaur (Merphol. Jahrb. XX III, 1805, p. 1), et comme je l’ai fait observer plus haut, lorsque la clavicule consiste en deux éléments distincts, comme chez certains poissons et chez les vertébrés éo-tétrapodes (Stégocéphales ou Labyrinthodontes), il convient d’appliquer le terme clavicule à l'élément inférieur, désigné généralement comme infraclavicule, mais correspondant réellement à la clavicule des vertébrés supérieurs. Aussi l’illustre anatomiste a-t-il proposé le nom de « Cleithrum » pour l'os claviculaire des poissons, nommé huméral par Cuvier.

(3) Trans. Amer. Philos. Soc. XIV, 1871, p. 453.

(4) Gill, Cat. Fish. E. N. Amer., Proc. Acad. Philad., 1861, p. 11.

(5) Gegenbaur, Unters. z. vergl. Anat. d. Wirbelth. IT, p. 116, pl. VII (1865).

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toujours en avant de la cavité articulaire de la nageoïire pectorale, dont le premier rayon n’est pas en rapport avec un ptérygial mais s'articule directement sur l'épaule entre le claviculaire et le coracoïde ; les rayons suivants sont attachés à des ptérygiaux, grands, mais réduits au nombre de deux ou trois et qui s’articulent au coracoïde. Le premier rayon est, comme il a été dit plus haut, souvent ossifié en forme d’épine et sa base, renflée en deux condyles, joue sur une poulie des os de l'épaule qui ne permet que des mouvements latéraux.

Chez un grand nombre de genres, le claviculaire. et le coracoïde acquièrent un développement extraordinaire et s'unissent pour former une barre très large et très massive en travers de la région pectorale ; le claviculaire peut même se relever en arrière en une cloison verticale, qui forme une sorte de diaphragme osseux ne laissant qu'un petit espace ouvert entre l’œsophage et le thorax; c'est ce qui a lieu, par exemple, chez Chrysichthys, Auchenoglanis et Synodontis. Le postclaviculaire manque toujours.

La vessie natatoire est le plus souvent grande, plus ou moins cordiforme, triloculaire, incomplètement divisée à l'intérieur par un septum transversal séparant le tiers antérieur du reste de l’organe, divisé lui-même en deux par une cloison longitudinale; la paroi dorsale de la loge antérieure est étroitement appliquée contre les vertèbres antérieures ankylosées, tandis que ses côtés sont exposés entre les muscles dorso-latéraux et ventro-latéraux pour s'appliquer directement contre la peau du corps derrière la ceinture scapulaire, comme il est facile de s’en convaincre à l'extérieur par la vue ou par le toucher. C’est ainsi que la peau, tendue sur la membrane de la vessie, prend souvent, à l'endroit où ce contact a lieu, une teinte plus sombre et produit ce qu'on a nommé la tache humérale chez Schilbe, Eutropius, et genres voisins. La structure de la vessie natatoire peut être compliquée par la présence de nombreuses cloisons imparfaites, divisant l'organe en cellules communiquantes, ou par la présence de diverticulums externes ou appendices cæcaux. Chez Malopterurus, la vessie natatoire est divisée en deux parties par un étranglement, comme chez les Chararins et les Cyprins. La partie antérieure, triloculaire, répond à la vessie entière de la majorité des Silures ; la partie postérieure, divisée en loges par un septum longitudinal, prolongé dela partie antérieure, et plusieurs cloisons transversales, est plus allongée, ovale, et s'étend presque jusqu’à l'extrémité de la cavité abdominale. Chez un certain nombre de genres, — Clarias et Euchilichthys, par exemple, — la vessie natatoire est plus ou moins réduite, par suite de l’atrophie ou de la suppression des deux loges postérieures ; et la loge antérieure se divise plus ou moins complétement en deux par

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un étranglement médian, en même temps qu’elle s’entoure en grande partie d'une capsule osseuse formée par les apophyses transverses de la 4e ou des 4e et 5° vertèbres. Cette capsule est ouverte à son extrémité latérale, par laquelle la vessie fait hernie et se met en relation avec la peau du corps par un petit méat produit par l’écartement des muscles à l’origine de la ligne latérale, tout comme chez les Loches parmi les Cyprinides. Chez Nematogenys elle est ankylosée au crâne. Enfin, certains genres, comme Cefopsis, reproduisent en apparence la condition de la vessie natatoire des Homaloptera parmi les Cyprinides, ce qui a même fait croire à son absence : elle est tout à fait rudimentaire et réduite à deux petits sacs ovales encaissés dans des capsules formées non par l’ossification de la membrane externe de cette vessie, comme chez les Cyprinides, mais par les apophyses transverses des vertèbres (1).

Beaucoup de Silurides, certains Chrysichthys, par exemple, présentent une particularité dont la fonction n’a pas encore été élucidée : un orifice, designé sous le nom de pore axillaire, existe au-dessus de la base de la pectorale et conduit dans une poche sous-cutanée située sous la partie antéro-latérale de la vessie natatoire. C’est probablement encore un arrangement destiné à mettre la dite vessie en rapport avec les influences extérieures.

Tantôt le canal intestinal est simple et de peu d’étendue (formes carnivores), tantôt il est plus ou moins allongé, formant des circonvolutions (Callichthys). Les appendices pyloriques de l’estomac manquent, comme chez les Cyprinides.

Cette grande famille, presque entièrement confinée aux eaux douces, est répandue sur la plus grande partie du globe, mais en abondance seulement dans les pays chauds. On en connaît déjà près de mille espèces.

En raison des grandes variations de formes et de structure que présentent les membres de la famille des Silurides, Bleeker (2), Gill (3)et Eigenmann (4) ont proposé de diviser le grand groupe en un nombre assez considérable de familles, qu’ils ont dû, par suite, réunir en une

(1) Pour plus de renseignements sur les modifications si intéressantes de la vessie natatoire des Silurides, voir le grand travail de Bridge et Haddon, Philos. Trans. Roy. Soc. CLXXXIV, 1893, p. 65.

(2) Nederl. Tijdschr. Dierk. I, 1863, p. 77.

(3) Smithson. Misc. Coll. 1872, p.. 247. :

(4) Occas. Pap. Calif. Acad. [, 1890, p. 8. — Tes familles Chacidæ, Plotosidæ. Clariidæ, Diplomystidæ, Siluridæ, Py-gididæ et Callichthyidæ rentrent dans les Siluridæ tels que je les définis.

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division d'ordre hiérarchique supérieur. Préférant, pour ma part, conserver à l’idée de la famille en zoologie une signification plus large, je me contenterai de décomposer les Silurides en un certains nombre de sous-familles, après en avoir éliminé les Loricariidæ et les Bunocephalidæ qui diffèrent par les côtes sessiles, ces derniers étant en outre caractérisé par l’absence de l'os operculaire. La classification des auteurs américains, basée surtout sur les modifications de la vessie natatoire, me paraît d’ailleurs très artificielle. Cet organe ayant acquis, chez ce groupe de poissons, par suite de causes physiologiques qui nous échappent encore, une spécialisation excessive, entraînant diverses modifications des éléments osseux qui l’entourent, est évidemment en rapport trop direct avec les conditions d'existence pour qu’une haute importance phylogénique puisse lui être attachée. C’est un de ces caractères éminemment adaptatifs (acquis indépendamment par des types de souches diverses) dont nous devons nous méfier dans nos efforts vers un arrangement naturel. Le fait seul que deux genres aussi voisins que Synodontis et Chiloglanis diffèrent l’un de l’autre sous le rapport de l'organe en question suffit à condamner une classification qui lui assigne une si grande importance.

La famille des Silurides est représentée en Afrique par une centaine d'espèces se rapportant à 26 genres, dont 15 sont compris dans la faune du bassin du Congo.

Les genres africains peuvent être répartis en cinq sous familles, dont toutes ont des représentants au Congo, comme l'indique le synopsis suivant.

Synopsis des genres représentés dans le bassin du Congo.

I. Ccarunx. Nageoires dorsale et anale très allongées ; membrane des ouïes libre. A. Dorsale unique, formée entièrement de rayons (supportés par les interneuraux).

Yeux à bords libres ; tête protégée en dessus et sur les côtés par un bouclier osseux; pectorales et ventrales

bDIEnTdévVelOPPÉES PME CN UE IEC 777125; IGrone Yeux sans bords libres ; tempes non protégées par des

os ; pectorales et ventrales bien développées . . . 2. Clariallabes, Blgr. Yeux sans bords libres; pas de bouclier céphalique;

Ventralés absentes. 45 4 2 NORTON Hanna REr" GthRe

B. Dorsale divisée en deux, la partie postéreure adipeuse, soutenue par les épines neurales prolongées . . . . . . . . 4.Heterobranchus,Geofir.

II. Sizurinx. Nageoire dorsale très peu développée ou absente; dorsale adipeuse très petite ou absente; anale très allongée ; membranes des ouies libres.

Dorsale présente, armée d’une épine; adipeuse présente. 5. Eutropius, M, et T. Dorsale présente, armée d’une épine; adipeuse absente. 6. Schilbe, Cuv. Dorsale et adipeuseabsentes nt Let. ON CRT Parailia, Blgr.

III. Bacriwx. Nageoire dorsale courte, suivie d’une adipeuse plus ou moins développée ; anale courte ou modérément longue ; membrane des ouïes libres.

A. Narines antérieures largement séparées des postérieures.

Des dents au palais; un barbillon nasal plus ou moins

HEVÉLOPRE ER TE RL Ne us Le 30e: CO CAPNSIERRESNBIET. Pas de dents au palais; barbillon nasal très court;

narines antérieures sur le dessus du museau. . . . 0. Gephyroglanis, Bler. Pas de dents au palais ; barbillon nasal absent; narines

antérieures sur la lèvre supérieure . . . . . . . 10. Auchenoglanis,Gthr.

B. Narines très rapprochées ; pas de barbillon nasal . 11. Arius, C. et V.

IV. Doraniwx. Nageoire dorsale courte; une seconde dorsale, rayonnée ou adipeuse, plus ou moins développée ; anale courte; fente des ouies interrompue en dessous.

Narine antérieure largement séparée de la postérieure; dorsale armée d’une épine, ainsi que la pectorale; barbillons mandibulaires frangés . . . . . .

Narines très rapprochées ; bouche infère, à lèvres très développées, à dents très nombreuses, les prémaxillaires pointues, les mandibulaires tronquées ou bicus- DOS MU eee, (15. EACRUICRERYS DIET.

Narine antérieure assez largement séparée de la postérieure ; une série de scutelles osseuses de chaque côté du dos et de la face ventrale de la queue, qui est dépriméeettres allongée: .L. AL Sr. Plractunas BIC

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