‹ Les poissons du basin du CongoChapitre 231 sur 463 · CLARIAS · texte numérisé non relu

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Gronow, Zoophyl. p. 100 (1781); GüNTHER, Cat. Fish. V, p. 13 (1864).

Corps plus ou moins allongé, à nageoires dorsale et anale longues, composées uniquement de rayons mous, et atteignant ou atteignant presque la caudale, qui est peu développée. Nageoires pectorales à premier rayon épineux; ventrales à 6 rayons. Tête très aplatie, en forme de casque lisse ou grenu recouvert d’une peau plus ou moins mince; 4 paires de barbillons : une aux narines, une aux maxillaires, deux au menton; narines largement séparées, les antérieures en tube court, les postérieures munies d’un barbillon; yeux à bords libres. Mâchoires munies chacune d’une bande de dents en velours; une bande de dents vomériennes, villiformes ou granuleuses. Membrane des ouïes libre, profondément échancrée. Branchies accompagnées en dessus d’un appareil respiratoire accessoire en forme de troncs très ramifiés, partant des deuxième et quatrième arceaux. Vessie natatoire petite, bilobée, disposée transversalement et en grande partie emprisonnée dans une capsule osseuse formée par les apophyses transverses des 4° et 5° vertèbres.

Genre nombreux en espèces, habitant l'Afrique, la Syrie et les Indes orientales. Les espèces africaines sont au nombre de 20, dont 8 ont été rencontrées dans le bassin du Congo.

Le crâne, remarquable par son aplatissement et l’absence de toutes carènes ou saillies autres que les rugosités dont sa face supérieure est souvent revêtue, est percé de deux fontanelles : l'antérieure entre les frontaux, ou entre l’ethmoïde et les frontaux, la postérieure dans le complexe pariéto-occipital. L’orbite est entourée par le préorbitaire, les sous-orbitaires et le postorbitaire; ce dernier, très grand, s'étend en arrière pour former avec le squamosal et le sur-claviculaire les côtés du casque ; le post-frontal est petit et enclavé entre le frontal, le postorbitaire, le squamosal, le pariéto-occipital et une grande plaque, située de chaque côté de celui-ci, qui résulte de la fusion des sur-temporal et post-temporal. Le palatin repose sur les ptérygoïdes et sup-

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‘ porte le maxillaire, formé de deux pièces, dont une, immobile, s'étend jusqu’au préorbitaire, tandis que l’autre forme un stylet mobile qui soutient la base du barbillon. Le sphénoïde, le basioccipital et les cinq vertèbres antérieures sont ankylosées, parfois au point de former un os unique. Contrairement à ce qui existe chez la plupart des Silurides, le sur-claviculaire n’émet aucun processus interne. Le coracoïde et le claviculaire forment une large barre, tantôt lisse, tantôt striée, en travers de la région gulaire; le plus grand diamètre de cette barre est à la symphyse.

Les vertèbres sont au nombre de 62 à 78 La première n’est pas distincte du complexe qui précède la cinquième, qui y est ankylosée. Les neurapophyses de ces premières vertèbres forment une lame soudée au sus-occipital. Les apophyses transverses des 4° et 5° vertèbres sont très développées et forment une sorte de cornet, plus ou moins incomplet à la face ventrale, qui emprisonne la vessie natatoire; l’apophyse de la 4° vertèbre s'articule solidement au sur-claviculaire. Les côtes ne commencent qu'à partir de la 7° vertèbre; elles sont attachées à la face inférieure des parapophyses, près de leur extrémité distale; les quelques dernières vertèbres précaudales ont les parapophyses en forme de H, étant réunies par un pont hémal. La région précaudale est relativement courte (18 à 25 vertébres).

Il y a 9 rayons branchiostèges.

L'appareil arborescent qui surmonte les branchies, comparable, dans son développement le plus complet, à un chou-fleur, sert à la respiration aérienne, permettant l’oxygénation directe du sang dans l’air atmosphérique, soit pour supplémenter les fonctions des branchies, soit pour les remplacer tout à fait. On sait, en effet, que les Clarias sont de véritables amphibiens, possédant la faculté de vivre plusieurs jours hors de l'eau, ainsi que cela a été constaté aux Indes :) aussi bien qu'en Afrique.

Le Dr Suard a pu faire, au Sénégal, d’intéressantes observations sur les mœurs du C/. lazera, observations relatées par Vaillant (2). Pendant la saison sèche, qui dure dix mois de l’année, pas une goutte d'eau ne tombe; aussi les mares et marigots, où se rencontrent ces poissons, se dessèchent pendant la plus grande partie de cette longue période. Les Clarias s’enfoncent alors dans la vase, comme les Protoptères, mais pour s’y comporter d’une manière différente, car au

(11 Voir à ce sujet l’intéressante note de Boake, « On the Air-breathing Fish of Ceylon » (Journ. Ceyl. Br. As. S:c. 1866, p. 128), traitant des mœurs de ces poissons ainsi que des Ophiocéphales et Anabas, genres également communs aux Indes orientales et à l’Afrique.

(2) Bull. Mus. Hist. nat. Paris, 1895, p. 271.

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lieu de s’envelopper dans un cocon et d'y subir une estivation pas- . sive, leur retraite leur sert simplement, en quelque sorte, de terrier pour se mettre à l’abri de la trop grande chaleur du jour; ils sortent le soir et la nuit, rampant alors sur le sol en quête de leur nourriture, qui consiste surtout en grains de millet, plante cultivée par les naturels du pays pour leur propre alimentation; régime qui concorde avec l'observation de Peters (1) qui a trouvé dans l’estomac du CI. mossambicus des crustacés, des insectes et des graines. Le Dr Suard a pu conserver des Clarias en captivité pendant son séjour à Nioro. Il les avait installés dans une grande caisse de fer-blanc à biscuits, et les nourrissait en leur donnant de temps à autre quelques poignées de mil. Une précaution importante à prendre était de clore très exactement la boîte ; sans cela, aussitôt la nuit venue, les poissons sortaient très agilement de leur prison pour gagner la campagne.

J'ai moi-même gardé vivants pendant longtemps des individus, encore jeunes, du CZ. lazera provenant d'Egypte. Ils se jetaient avec avidité sur les vers et sur de petits morceaux de viande crue que je leur offrais, mais je n’ai pu leur faire manger de grains de millet. Je n'ai non plus réussi à leur faire passer plus de trois jours hors de l’eau. Cela tient sans doute au jeune âge de ces individus, car on sait que l’appareil qui permet à ces poissons de puiser dans l’air l'oxygène nécessaire à la respiration est plus développé chez les adultes que chez les jeunes.

Les Clarias, lorsqu'on les prend à la main, poussent, hors de l’eau, des cris très forts qui ressemblent aux miaulements d’un chat en colère. Le Dr Lortet en a fait le premier l’observation en Syrie, observation confirmée par celles du Dr Tirant en Cochinchine (2).

La chair de ces poissons est assez estimée aux [Indes et en Egypte; il paraît en être de même au Congo. Delhez compare cette chair à celle de l’anguille. D’après M. Cornet, les Clarias sont fort recherchés des indigènes, qui savent les fumer et en font un commerce très actif.

La distinction des espèces n’est pas sans offrir de difficultés. En se servant des caractères tirés de la longueur des barbillons, de la longueur de l’épine de la nageoire pectorale, de la rugosité du crâne, et du nombre des branchiospines ou râtelures au premier arceau bran- * chial, il y a lieu de tenir compte de l’âge de l'individu examiné: en règle générale, les barbillons sont plus longs, relativement au crâne, l'épine pectorale est plus courte relativement à la nageoïre, le crâne est plus lisse, et les branchiospines sont moins nombreuses, chez les jeunes que chez les adultes.

(1) Reise n. Mossamb. IV, p. 36. (2) Lortet, Ann. Mus. Lyon, III, 1883, p. 153.

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Synopsis des espèces du bassin du Congo.

I. Barbillon maxillaire peu ou point plus long que la tête (1).

A. Tête 1 1/2 à 1 2/3 fois aussi longue que large, 4 à 7 fois aussi longue que l'espace qui la sépare de la dorsale; D. 62-82; À. 45-65.

1. Dents vomériennes granuleuses ; tête fortement granulée en dessus chez l'adulte.

Dents vomériennes formant une bande beaucoup plus large que celle des prémaxillaires; branchiospines IrESISerTéeS 00 4,100 40 premiers Arceatr . .,. . . 12 :C.lazera, C. et:

Dents vomériennes formant une bande peu ou point plus large que celle des prémaxillaires ; 30 à 35 branchiospines au premier arceau

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. C. Robecchii, Vincig.

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