CHRYSICHTAYS'CRANCHII
Pimelodus Cranchii, LeacH, in Tucxey, Exped. R. Zaire, p. 409 (1818); GRIFFITH et Sir, An. Kingd. pl XL (1834).
Chrysichthys Cranchii, Günrn. Cat. Fish. V, p. 72 (1864); ScuiLrauis, Tijdschr. Nederl. Dierk. Ver. (2) III, 1801, p. 84; BouLenc. Tr. Zool. Soc. XV, 1899, p. 95.
La hauteur du corps est contenue 4 à 4 1/4 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 3 à 3 1/4 fois. La tête est large et très déprimée, d’un quart plus longue que large, rugueuse et striée sur le vertex et l’occiput ; le museau est largement arrondi et dépasse à peine la mâchoire inférieure ; sa longueur égale environ le tiers de la tête et le triple du diamètre de l'œil, qui est compris 8 ou 9 fois dans la longueur de la tête et 3 1/2 à 5 fois dans la largeur interoculaire ; le prolongement occipital, rugueux comme l’occiput, est en contact avec le bouclier de l’interépineux, qui est triangulaire équilatéral ou un peu plus long que large; le barbillon nasal mesure le diamètre de l'œil ou un peu plus, le barbillon maxillaire les 3/5 ou les 2/3 de la tête; le barbillon mandibulaire externe, un peu plus long que l'interne, mesure les 2/5 ou la 1/2 de la tête. Les dents voméro-ptérygoïdiennes forment une large bande en croissant à peine interrompue au milieu et s’atténuant en arrière; sa largeur n’est qu’un peu moindre que celle de la bande prémaxillaire. La nageoire dorsale a 6 rayons mous; l'épine, rugueuse mais non dentelée, mesure la moitié ou près de la moitié de la longueur de la tête et les 3/4 des plus longs rayons mous. La dorsale adipeuse est une demi-fois plus longue que haute, sa base égale presque celle de la dorsale rayonnée et un peu moins de la moitié de
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la distance qui la sépare de celle-ci. L’anale a 13 où 14 rayons, dont 9 ou 10 branchus. L’épine pectorale, aussi longue que celle de la dorsale, est très faiblement denticulée sur ses deux bords. La nageoire ventrale n’atteint pas l'anale. La nageoire caudale est profondément échancrée, en croissant, à lobes obtusément pointus; les rayons externes mesurant le double ou un peu plus du double des médians. La longueur du pédicule caudal excède d’un tiers ou de moitié sa moindre hauteur.
Brun foncé en dessus, blanc en dessous. D’après Delhez, le corps a des reflets métalliques verts et lilas, les nageoires sont d’un jaune olivâtre ou brun-rouge, la pupille est orange et l'iris violet.
La description précédente est prise sur un exemplaire d’un mètre de long provenant de Matadi (coll. Wilverth et Wagenaar) et sur un de 70 centimètres provenant de Boma (coll. Delhez).
Le type de l’espèce, recueilli par la malheureuse expédition commandée par le capitaine Tuckey au commencement du siècle et conservé au British Museum, est un jeune, mesurant 20 centimètres. Par suite de la différence d'âge, les proportions ne sont pas les mêmes. La hauteur du corps est comprise 5 fois dans la longueur totale, la longueur de la tête 3 fois (comme chez l’adulte) ; la tête est d’un tiers plus longue que large; le diamètre de l’œil est compris près de 6 fois dans la longueur de la tête, deux fois dans la longueur du museau, qui égale la largeur interoculaire. La serrature au bord interne de l’épine pectorale est forte. 12 rayons à l’anale, dont 8 branchus.
Des individus mesurant de 8 à 48 centimètres ont été recueillis par Delhez dans le Haut-Congo à Coquilhatville et dans le lac Léopold IT, par M.J. E. S. Moore et par M. le capitaine Hecq dans le Tanganika. Les tout jeunes ont les lobes de la caudale plus longs et plus pointus, les rayons externes 2 1/2 fois aussi longs que les médians, le barbillon maxillaire aussi long que la tête, et l'épine pectorale fortement dentelée au bord interne.
Nom indigène à Kutu : Zkoli; à Upoto : Libobu.
Le C. Cranchuü, est connu du Congo et du Tanganika. Les individus du Sénégal qui y ont été rapportés par Steindachner (1) appartiennent à une espèce distincte, C. nigrita, C. et V., à barbillons plus allongés, ainsi que l'a reconnu Sauvage (2).
Cette espèce atteint, comme Auchenoglanis biscutatus, une taille énorme, une longueur de plus d'un mètre. D’après M. Masui, on en
(1) Sitzb. Akad. Wien, LX. 1860, p. 087.
(2) Nouv. Arch. du Mus. (2) III, 1880, p. 40.
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pêche que deux hommes ont peine à porter et qui sufhraient à fournir un plat substantiel à la table de quarante blancs. M. Wilverth, qui compare la chair de ce Silure à celle du cabillaud, comme goût, dit qu’il en a été pêché du poids de 8o livres. En 1892, à Léopoldville, une équipe de Bakokos rapportait journellement une couple de ces monstres, qu'ils prenaient à la ligne. Une photographie représentant un de ces grands poissons, pris dans la rivière Kwango, suspendu à une perche et porté par deux jeunes nègres a été reproduite dans la Belgique coloniale (1896, p. 85) et sur des cartes postales vendues à Bruxelles.
Delhez a constaté que ce poisson produit, hors de l’eau, un cri rauque, semblable à un aboiement.