CICHLIDÆ
Os sous-orbitaires dépourvus de lame sous-oculaire; entoptérygoïde présent, petit. Pas de dents au palais. Vertèbres précaudales munies de parapophyses à partir de la troisième; côtes souvent sessiles ou subsessiles, insérées derrière les parapophyses, parfois cependant à leur extrémité. Une seule narine de chaque côté. Membrane des ouïes ne s’unissant pas à l’isthme; 5 ou 6 rayons branchiostèges ; 4 branchies; pas de pseudobranchies. Os pharyngiens inférieurs plus ou moins solidement unis, à suture médiane persistante. Nageoire dorsale composée d'une partie épineuse et d’une partie molle, cette dernière pas beaucoup plus développée que l’anale.
La présence d'une seule narine de chaque côté, au lieu de deux, distingue extérieurement les membres de cette famille de la précédente et de tous les autres poissons perciformes des eaux douces de l'Afrique. L'étude du squelette montre clairement l’affinité qui relie ces poissons aux Perches proprement dites, et surtout aux Centrarchidæ, malgré la synarthrose, parfois assez imparfaite d’ailleurs, des os pharyngiens inférieurs, caractère qui les a fait classer dans le groupe tout artificiel des Pharyngognathes.
Le corps est tantôt très court, tantôt très allongé, mais la forme moyenne, telle que la représente notre Perche d'Europe, prédomine. Plus le corps est allongé, plus les vertèbres sont nombreuses. J’ai pu en relever le nombre sur beaucoup d’espèces d’Afrique, appartenant aux principaux genres, et dont voici l'indication :
LAMPRDICEUSMOTESTUS AE Ne EAN MATE ABB ) CORBOIENSIS NAN EP ES MS MORE Jaldochromsommaiuses CNP 070. T7 EMA Telmatochromis temporalis . 16 + 17 — 33 Hemiclnommis fasciatus 1.7 su sut 115% 13 = 28 ) bimaculatus TN AN TA ne 126 Parañlapia Pollen 1 CM MEN BE Pa e7 ) SHÉTA NA Se NUL PONS RM EE PRE ) robuste. 51 RER 1 MENT 0 36 » DATÉE LR Ie RENE RER E LA ESRI US EEE » lONSECERS Ad: A0 NOR RESTO TONNES
CICHLIDÆ 391
BAR Thales OR NON RE 67 Élig-20 = 36 Belmatochronmislalera hs EN RAMNNS5 ETES = 30 » SHDOGCELL ALES 0 TR ENT 12 25 Chromidotilapia Kingsleyæ: 1. UM OUI 13 = 27 FLOU IN ETANQUS EUR NE CN AU A Ee 24: => 38 Xenotilapia sima CR EE es LE EE EE ) OPILAIDITIMES AN 1e lin Let ven NU M Re OA 24 Frenatocar a unimaculalum: |. :,12, 14 4 42 GI COMMAIOQUSSMIEAUSE, UN 2 a ut RIM 52 RGP ES RIT ANANN. NE ELU te en e, A GONE O0 FE GTGOM EME EN NP ANNEE CESR 1) ORAN ON OR RE A RE DE 7 DAT LOT NN IP RE ER RS PS SEE D ZOO NME RENE RERO CRE 6 ANS RTL CN MERE CRC PR CRETE:
ARNO PACS DER UE LT A a IA: EE TAN = 28 Peirochnomis bo UAOR, ee pt. nan IG R 16,133 » RARE AN site PNR CEE AE Ai DIPDIOQERANUS DIDDICEPSE LS, : mi0 EE U4. —,30 DICO AUS IOUNSIONIL due ee Lee Li 2 OMAN = 22 Éretmodes CHanOSlicius 1" 44. A 10419 13-115. 30 PPPSSDAUSETUETOIEPIS. | Ce ot TR 18 = 35 PNerocRAOMISELCCQUE EE, Lo Ce too EU UT TUTO: 093 PanemOpIuS bol Pacs NS PR, 2 2 OT TT = I4
Outre les parapophyses, le corps de la troisième ou de la quatrième vertèbre émet à la face ventrale, chez la plupart des membres de cette famille, une paire d’apophyses plus ou moins longues, qui peuvent se réunir à l'extrémité pour former un canal hémal fermé et prolongé en épine, épine qui est surtout développée chez la plupart des espèces du genre Tilapia et chez Petrochromis Tanganicæ. Ces hémapophyses manquent totalement, ou ne sont représentées que par deux crêtes très faibles, chez Julidochromis, Bathy bates, Pelmatochromis, Ectodus, Trematocara et Xenochromis.
Les côtes portent des épipleuraux bien développés.
Les prémaxillaires sont plus ou moins protactiles et leurs apophyses montantes sont reçues dans un creux de la région naso-ethmoïdale. Les maxillaires sont médiocrement ou faiblement développés et toujours dépourvus de sur-maxillaires ou os supplémentaires. La crête occipitale, plus ou moins forte, peut s'étendre jusqu'à l’ethmoïde; les crêtes pariétales sont tantôt très développées, tantôt faibles ou même absentes. La chaîne des os sous-orbitaires est étroite et peut même être
392 CICHLIDÆ
remplacée par un simple ligament (Julidochromis). Les os operculaires sont constamment dépourvus d’épines ou de dentelures.
Les nombreux types de dentition qui se rencontrent dans les divers genres sont fort remarquables et cette famille peut presque rivaliser sous ce rapport avec celle des Characinidæ. Tantôt les dents sont simplement coniques, avec ou sans canines, tantôt leur couronne est . échancrée, bi- ou tricuspide; parfois en forme de spatule, de palette ou de rame (Æretmodus, Spathodus), ou laminiformes et plus ou moins courbées (Plecodus, Xenochromis), etc. La plupart de ces types se rencontrent dans la faune dont nous traitons ici, grâce surtout au lac Tanganika, quifen a fourni les plus bizarres. Des dents le plus souvent coniques, parfois setiformes (Petrochromis) ou sphéroïdales (Xenochromis) arment les pharyngiens, mais il n’y en a jamais sur aucun des os du palais ni sur la langue.
L'écaillure du corps varie, tantôt cycloïde, tantôt cténoïde, avec tous les degrés de passage entre les deux formes extrêmes; aussi ce caractère, contrairement à ce qu'ont cru la plupart de mes prédécesseurs, a-t-il peu d'importance au point de vue de la distinction des genres; il peut même parfois induire en erreur dans la détermination des espèces. On trouve presque toujours plus d’une ligne latérale le long du corps; il y en a le plus souvent deux, la supérieure cessant avant d’atteindre le pédicule caudal, l’inférieure commençant un peu en avant de l'extrémité de la supérieure. Beaucoup d'auteurs ont considéré cette disposition comme résultant d'une interruption de la ligne latérale. Mais j’ai pu me convaincre que cette interprétation est erronée, ainsi que le démontrent surtout certaines espèces chez lesquelles les deux lignes latérales sont complètes ou à peu près ; mieux encore, j'ai même pu décrire, il y a peu de temps, des espèces à trois lignes latérales (Xenotilapia, Grammatotria).
Les nageoires varient beaucoup. La partie épineuse de la dorsale est généralement beaucoup plus longue que la partie molle et la membrane entre les épines se prolonge derrière la pointe de celles-ci en un lobe ou fanon plus ou moins développé qui peut même être soutenu par des rayons rudimentaires rappelant les « pinnules » des Polyptères. Les nageoires ventrales sont invariablement composées d’une épine et de 5 rayons branchus. L’intestin peut être court, chez les genres carnivores, ou très allongé et formant de nombreuses circonvolutions, comme chez le genre 7/apia. Mais il y a tant de formes intermédiaires entre ces deux extrêmes que je ne vois guère moyen de tirer parti de ce caractère au point de vue taxonomique.
La famille des Cichlidæ est propre à l'Amérique centrale et méridionale, à l’Afrique (y compris Madagascar), à la Syrie et à l’Inde. C’est l'Amérique et l’Afrique qui fournissent le grand nombre des espèces.
CICHLIDÆ 303
Il y a quelques années on n’en connaissait qu'une vingtaine d'espèces d'Afrique, rapportées à 4 genres ; le nombre s'élève aujourd'hui à plus de 120 espèces, réparties en 28 genres. C'est surtout le lac Tanganika qui a fourni la plus grande variété de formes, et, comme je l'ai fait observer en décrivant la collection rapportée par M. J. E.S. Moore(1), ce lac pourrait être considéré comme le centre d'origine de tous les genres africains de la famille. En effet, les caractères distinctifs de certaines de ces formes du Tanganika, comme le développement considérable de la nageoire anale et la disposition des organes de la ligne latérale, me semblent devoir être interprétés comme indiquant une plus grande généralisation. Par contre, l'adaptation a opéré en sens divers dans ce milieu relativement restreint, quoique varié au point de vue bathybial, et produit diverses spécialisations dans la dentition comme on n’en rencontre que rarement dans les limites d'une même famille.
La division en genres, basée en première ligne sur la dentition, a le défaut d’être un peu trop artificielle, puisque Z'elmatochromis est ainsi forcément éloigné, dans la série suivie dans cet ouvrage, de Lamprologus dont il est plus voisin que d'aucun autre genre, et que certaines espèces de Tilapia qui, par la forme de leurs dents à différents âges, tiennent à la fois de Paratilapia et de T'ilapia, peuvent se trouver séparées dans deux genres qu’on avait toujours considérés comme faciles à distinguer. Mais ce sont là des difficultés inhérentes à tout arrangement linéaire, auquel les nombreuses formes de Cichlidæ ne peuvent être soumises qu'en faisant parfois violence à leurs liens naturels. Peut-être y aurait-il quelque parti à tirer, pour la classification, du nombre relatif des vertèbres dans les régions précaudale et caudale; on pourrait ainsi rapprocher Trematocara, Ectodus, Xenotilapia (et probablement Grammatotria), dont les vertèbres caudales sont beaucoup plus nombreuses que les précaudales, et les opposer à tous les autres genres africains, chez lesquels le nombre des vertèbres est égal, ou peu différent, dans les deux régions, comme c'est aussi le cas chez la plupart des genres américains (2j. Il n’est pas sans intérêt, à propos de ce caractère, de faire ressortir l’analogie qu'on peut établir, en comparant les Cichlidæ aux Percidæ d'Europe, entre Percarina et Acerina, à cavités céphaliques excessivement développées, à vertèbres au nombre de 14-15 TT 19-23 — 33-38, et Trematocara
(1) Trans. Zool. Soc, XV, 1898, p. 2.
(2) Le genre américain Crenicichla constituerait une troisième division, caractéri-
sée par les vertèbres précaudales beaucoup plus nombreuses que les caudales (C. Johanna, 24 + 17 = 41).
394 CICHLIDÆ
(V. 12 Æ 19 — 31) d'une part, Perca (V. 21-22 +- 19-21 — 40-42) et Cichla (V. 18-19 + 17 = 35-36) d'autre part.
Toutes les espèces sont propres aux eaux douces ou saumâtres.
Le nom de « Chromides », sous lequel on a souvent désigné cette famille, est inadmissible, celui de Chromis devant s'appliquer au Sparus chromis de Linné, ou Chromis castanea de Risso, poisson méditerranéen qui n'a que des rapports assez éloignés avec les Cichlidæ et ne fait pas partie de la même famille. C’est par suite de l'ignorance des caractères distinctifs de ces poissons que Cuvier avait inscrit le Labrus niloticus de Linné (notre Tilapia nilotica) comme seconde espèce du genre Chromis, dont la définition est d’ailleurs empruntée au Sparus chromis. La dénomination de la famille, Cichlidæ, proposée par Bleeker en 1850, avec une terminaison différente, est dérivée du genre Cichla, un des principaux types américains.
ILest fort à désirer devoir s’étendrenos connaissances relatives au mode de propagation de ces poissons. Tout ce que nous en savons pour le moment, c’est que les parents prennent un soin tout particulier de leur progéniture, tantôt le mâle, tantôt la femelle protégeant les œufs dans la gueule ou le pharynx jusqu’à éclosion ou jusqu’au moment où les alevins sont de force à se suffire à eux-mêmes. Ce fait curieux a été observé chez des espèces de T'ilapia en Syrie, en Égypte, au Congo, en Natalie, chez Ectodus et Tropheus au lac Tanganika, où Livingstone{1) en avait déjà été témoin sur un petit poisson assez semblable, d’après cet illustre explorateur, à un jeune hareng, et qui, malheureusement, n’a pas encore pu être identifié.
Synopsis des genres représentés dans le bassin du Congo.