POISSONS MARITIMES COMMER- CIAUX
La Morue
Les espèces infiniment nombreuses de poissons ont, en général, deux caractères communs: la fécondité et la voracité.
Il le faut, car les espèces se dévorent incessamment entre elles, et, de son côté, l’homme en fait une consommation incalculable.
La morue est au nombre des espèces qui mangent et qui se reproduisent le plus; un naturaliste hollandais a compté jusqu’à 9,344,000 œufs dans une seule femelle.
On l’appelle souvent le pain des mers; le fait est qu’elle tient lieu de pain dans plus d’un pays trop froid pour produire le blé.
S’il est un article de consommation qu’on puisse appeler à juste titre “ inépuisable, ” c'est le poisson. Loin de faiblir, la demande en augmente tous les ans, et la pro-
duction deviendrait trois, quatre fois plus forte qu’elle ne l’est aujourd’hui, si les pays, tels que le Brésil, l'Espagne, les Antilles, la République Argentine, qui en font une consommation régulière et abondante, possédaient de nombreux chemins de fer munis de chambres frigorifiques, dans lesquelles le poisson pourrait être transporté dès son arrivée aux ports de destination et conservé avec toute la facilité désirable.
La morue sèche est regardée comme un aliment indispensable par les habitants des pays chauds, tandis que le poisson saumuré a des marchés illimités en Europe, aux Etats-Unis, aux Antilles même, et en Canada pour la consommation locale.
La quantité de morue sèche expédiée annuellement du Canada dans les pays désignés ci-dessus est évaluée en moyenne à trente-cinq millions de francs.