CONCLUSIONS GÉNÉRALES
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Conclusions générales
L'alimentation des populations indigènes de l'A. O. F. a toujours posé de sérieux problèmes. Ces régions, généralement sèches, où l'herbe est rare, ne sont pas favorables à l'élevage. L'alimentation de base est constituée uniquement d’hydrates de carbone et de lipides. Les protides, par contre, sont beaucoup plus rares.
Si les hydrates de carbone sont assez abondants sous forme de mil, de sorgho, de maïs et de patates douces : la pauvreté du sol, l'habitude et l’atavisme empêchent la production simultanée de plusieurs de ces plantes. La matière grasse est surtout constituée par l’arachide. De cet état de faits, il résulte que la nourriture d’un village africain sera le plus souvent axée sur un seul de ces aliments. amylacés, très riches en amidon, mais pratiquement dépourvus de vitamines et de protides.
L'élevage, nous l’avons vu, est déficient ; une coutume ancestrale veut qu'il y ait une très nette séparalion entre cultivateurs et bergers. Ces derniers sont en général des Peuls, formant des tribus nomades, considérés comme des métis de noirs et de sémites, musulmans fanatiques. Ces Peuls se lient assez peu avéc le reste de la population et se déplacent souvent à la recherche de pâturages pour leurs bêtes.
La viande est donc rare. Dans les régions fluviales, à proximité des cours d’eau, la pêche du poisson d’eau douce permet à une infime minorité de compenser ce manque de viande. Mais dans ces immenses territoires, les fleuves sont peu nombreux ; en revanche, la zone côtière atlantique, très étendue, pourrait, par une industrialisation de sa pêche et la dissémination rationnelle de sa production, être d’un appoint considérable,
Elle fournirait à l'Africain les protides qui manquent dans sa ration alimentaire.
Nous avons dit combien les eaux des côtes atlantiques étaient poissonneuses ; nos analyses ont prouvé que ces poissons avaient une valeur alimentaire normale. De toutes ces espèces, les Scombridés semblent les plus intéressants. Nous y trouvons la thonnine. Euthynnus alliteratus, dont les teneurs en protides de 22,5 p. 100 et en fer de 3,1 mg. p. 100 rappellent celles de la viande de bœuf. La richesse particulière en acides aminés et en lysine des poissons complèterait parfaitement les rations à base de mil, de maïs, de sorgho et de manioc.
Le manque de végétaux comestibles riches en carotènoïdes, dans l'alimentation de ces populations, entraîne une carence certaine en vilamine A. Le climat sec, les conditions de vie et d'hygiène, associées à ce déséquilibre alimentaire, à cette carence en vitamine À, expliquent l’abondance des maladies des yeux au Sénégal et au Soudan. Il est courant de
voir dans les villages africains de nombreux aveugles et des maladies de peau à évolution spectaculaire.
Le poisson est encore là pour pallier à cette carence : une étude de quelques huiles de foie de Téléostéens et d'Elasmobranches nous a permis de proposer l’huile « purifiée » de foie de Mustelus canis mâle, qui contient 4450 U.L. de vitamine A au gramme (comparable et même supérieure à l'huile de foie de morue) comme produit pharmaceutique local, intéressant pour son utilisation en thérapeutique africaine.
Le temps, l'amélioration sans cesse accrue des possibilités de transport de toutes les denrées et naturellement des denrées alimentaires, va agir certainement sur la façon de vivre de l’Africain, permettant une meilleure utilisation des ressources naturelles de ce vaste pays.
Cet ouvrage n’est qu'une contribution au vaste travail qu'est l'étude chimique de la faune ichtyologique des côtes de la presqu'île du Cap Vert.