‹ Les Poissons VénéneuxChapitre 27 sur 42 · OÙ · texte numérisé non relu

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rentes, avec le bord légèrement dentelé et irréguliérement crénelé. Le museau est court. Les ventrales sont insérées audessous du milieu de la dorsale, qui est située à une égale distance du museau et de l’origine de la caudale. Celle ci est écailleuse. Le dos est bleuâtre, avec des lignes longitudinales obscures, les flancs argentés. Le haut de la dorsale est noir Il y a aussi un point à la base du premier rayon.

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Elle se rencontre sur les côtes de la presqu'ile de Malace Ca, à Singapour, à Pinang et à Sumatra.

Au dire de Cantor, qui l’a décrite le premier, cette Sardine malaise détermina en 1822 des indigestions graves, quelquefois même mortelles quand l'intervention ne fut pas assez rapide. Le même phénomène se renouvela en 1823 et 1825 et pas en 1824. D'après cet auteur, ces Poissons s'étaient envenimés en se nourrissant d’une substance gélatineuse qui revêt les beaux Coraux rouges d’une partie des côtes de Sumatra.

Nous ferons remarquer ici la grande unanimité des anciens naturalistes pour attribuer la toxicité des Poissons à leur régime alimentaire et particulièrement aux Coraux. Nous croyons, pour notre part, que cette cause ne doit pas être complètement rejetée, comme le font certains auteurs modernes, mais que son importance doit néanmoins être considérablement diminuée. On explique ainsi assez fachtement que dans telle localité une espèce se montre toxique, tandis que dans une autre on peut impunément s’en nou’rir.

Clupea fimbriata C. V. {(Spratella fimbriata C. V.). — Nous ne nous étendrons pas beaucoup sur la description de la Spratelle frangée. Ce Poisson a les écailles sériées, fortement imbriquées, portant 4 où » stries, à bord libre frangé, le milieu également frangé formant une saillie obtuse.

D'AIAMPGERN AMOR" UD Mda re" Litransve 1e;

C'est la Sardine des côtes malabares, où elle apparait en grands banes pendant la mousson du N.-E: Elle est très abondante et sert à l'alimentation de la classe pauvre. Klle aurait, au dire de Dussumier, une certaine influence sur les maladies cutanées . qui tourmentent les malheureux habitants de cette

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région. Cette opinion n’a plus beaucoup de partisans à l’heure

actuelle.

Clupea thrissa Osbeck, (Meletta thrissa C. V. Opisthonema thrissa Gill). — Cette espèce est facilement reconnaissable au dernier rayon de sa dorsale qui est prolongé en un long filament. La hauteur du corps est contenue 3 fois dans la longueur (sans la caudale), celle de latète 4 fois environ. La mâchoire ‘inférieure proémine légèrement ; la supérieure se prolonge audelà du bord antérieur de l'œil. Le palais est édenté, la langue généralement dentée, l’opercule lisse. Les épines branchiales sont fines. Les ventrales s’insèrent au-dessous du milieu de la dorsale dont l’origine est plus rapprochée du museau que de la base de la caudale. Derrière les ventrales il y a-14 scutelles abdominales. Les écailles sont lisses, finement $triées, celles du dos ponctuées de noir. Ces points forment des lignes

longitudinales.

B: 16 ; D: 19;,V:8:4A.23 ou 24; L. lat. 50 ; LL: transv. 16.

Le Cailleu-tassart est une espèce américaine qui vit dans les eaux tropicales de l'Atlantique de New-York au Brésil et qui est surtout abondante aux Antilles.

Déjà indiqué comme toxique par Moreau de Jonnès, ce Poisson est considéré comme bon à la Havane où il porte le nom de € Machuelo » au dire de Poey. Mais Chisholm rapporte un cas mortel qui semblerait prouver qu'il est douë de propriétés vénéneuses presqu'incroyables (1). La mort en suit l’ingestion presqu’immédiatement. Et cependant cet auteur remarque qu’on ne le regarde pas comme dangereux dans d’autres loca-

lités, à Porto-Rico par exemple.

Ferguson fait remarquer aussi la grande variabilité de toxicité suivant les lieux, comme pour beaucoup d'animaux de ce groupe.

Quoi qu'ilien soit, nous conseillons avec Tybring de se méfier du Cailleu-tassart, principalement à l’époque du frai et sur les fonds reconnus dangereux par les habitants.

(4) C'est le plus redoutable suivant À. Duméril et le premier cité dans une notice intitulée: &« Des Poissons venèneuxy, résumé d’une des leçons de son cours d’ichthyologie, au Muséum, en 1865.

I ne faut pas confondre cette espèce avec Megalops thris- Soitdes Bloch Schneider (atlanticus, C. V.) dont la. chair est toujours bonne à manger.

Clupea venenosa C. NV. (Meletta venenosa C. V.) (Fig. 9). — La Melette vénéneuse mérite tout spécialement de retenir notre attention. Chez elle la hauteur du corps égale à peu près la longueur de la tête. Celle-ci est le quart de Ia longueur totale sans la caudale. La mâchoire inférieureest légèrement proémi-

Fig. 9

nente, la supérieuresurpasse l’aplomb du bord antérieur de l’œil. I n’y a pas de dents sur les palatins. La langue seulement est garnie d’une bandelette de petite aspérités. L’opercule est lisse, le subopercule court, tronqué en arriere; les ventrales sont insérées au milieu de la base de la dorsale. L'origine de celle-ci est plus rapprochée du museau que du pédoncule caudal, la couleur est d’an bleu verdâtre sur le dos avec quelques traces de lignes longitudinales, les flancs argentés. Le bout du museau est noir; il existe aussi une petite tache noire à l’extrémité supérieure des premiers rayons de la dorsale. Bi: D:216 '218:.PHAGS Ve" AT où AS Rrudat da a 44; iransv. 11:

Cette espèce se rencontre dans tout l'Océan Indien et même

le Pacifique. On doit lui rapporter Clupea sindensis Day. Dussumier qui observa ce Poisson aux Seychelles signale déjà ses propriétés vénéneuses. L’ingestion est suivie de vomissements et parfois peut devenir fatale. Les empoisonnements s'expliquent au dire de Cuvier et Valenciennes par la confusion fréquente qu’on fait de cette espèce et d’une autre Dussumierta

acuta C. V. qui est très estimée et remplace dans ces contrées notre Sardine (1). :

Cetanimal qui appartient à un genre différent se distingue des Melettes non par l'aspect ou les nombres qui sont à peu près les mêmes, mais par son museau aigu et par ses mächoires garnies de dents petites, mais non caduques et bien fixées, ainsi que les palatins, les ptérygoïdiens et la langue. Le vomer seul est lisse.

Les Melettes sont hien moins nombreuses que les. Dussumiéries. Pour 100 de ces dernières on trouve à peine 2 ou 3 Melettes. :

Lacroix et Meunier ont relaté longuement les cas d’empoisonnement qui atteignirent les marins du « Prony » et du «Catinat » dans la’ baie de Balade (Nike Calédonie), en 1853.

Lacroix rapporta les. Poissons qui avaient déterminé les intoxications à Valenciennes qui les détermina comme M7. venenosu. Il n’y a donc pas de doute sur l'identité spécifique de la Melette des Seychelles et de la côte malabare et celle du Pacifique. D'ailleurs le fait n’a rien de surprenant. La plupart des Poissons de l'Océan Indien se rencontrent aussi en Malaisie et souvent même dans toute la partie occidentale du Pacifique.

Nous n’insisterons pas longuement sur les cas de Lacroix. qu’on trouve reproduits dans tous les auteurs. À bord du «(Catinat » sur 50 hommes qui mangèrent de la Melette toxique, une trentaine furent atteints et 5 moururent. Surle «€ Prony » il n’y eut qu'une dizaine de malades. On voit par ces redoutables effets l'importance qu’il y à à se tenir en garde contre ce dlangereux Poisson.

(1) Nous retrouvons dans une foule d'ouvrages une err@ur grossière accréditée à ce que nous croyons par d'Arras qui prétend que seules les Dussumiéries Sont. toxiques, Cette affirmation a été reproduite: invariablement depuis lors. C’est exactement le contraire que dit Valenciennes. (Histoire naturelle des Poissons. T. XX. p.470). Parlant de la Dussumiérie à museau aigu (Dussumieria acuta, nob.) il s'exprime ainsi: Ce Poisson excellent à manger et très sain, arrive (à la côte malabare) par bandes innombrables à la moisson d'été, mais pêle-mêle avec l'espèce de Melette décrite sous le nom de Melette venimeuse (sic) parce que la chair de ce Poisson est si dangereuse que son ingestion peut causer la mort,

ENG Une question intéressante à résoudre et malheureusement encore douteuse, est de savoir à quoi attribuer sa toxicité? D’après le Père Montrouzier, la Melette n’est dangereuse qu’à l’époque de l'apparition sur la mer, d’une Monade verte très irritante dont elle se nourrirait. Tout en tenant compte de l'opinion ancienne attribuant la vénénosité des Poissons aux aliments ingérés par eux, nous ne rejetterions pas, comme le fait cet auteur, la possibilité de l’action toxique des glandes génitaies au moment du frai qui est maintenant hors de doute pour certains Poissons, et nous paraît pouvoir pereieaent s’appliquer à cette espèce.

Clupea ilisha Ham. Buch. (Clupeonia Blochi C. V. Alausa toi Cantor). — C'est un Clupe complètement édenté qui se rencontre en Malaisie et dans l’océan Indien et pourrait déterminer des accidents au moment du frai. Comme sa toxicité n’est pas bien grande, nous nous contenterons de donner ses ses nombres.

B,461 MDMA480ù 19; AÎA49'à 97:.:2 TL; 1at 40844": : L, transv. 19.

Sous-genre Alosa

Trois espèces édentées, à opercule ordinairement strié, d’un usage alimentaire de premier ordre, se rencontrent sur nos côtes : l’Alose commune (Clupea alosa L. Alausa vulgaris C.V.), la Feinte (Clupea finta Cuv.),.qui remontent dans les fleuves, souvent à une grande distance de leur embouchure au moment du frai, la Sardine (Clupea sardina Cuv. Alausa pilchardus C. V.), dont nous n'avons pas besoin de rappeler l'emploi fraîche ou conservée.

Quoiqu’en Russie les Aloses passent pour être douées de propriétés nocives, les accidents que l’on a signalés et qui sont

assez nombreux doivent naturellement être tous rapportés à

l’ichthyosisme. Ce sont des empoisonnements produits par des conserves en putréfaction, dans lesquelles se développent certains organismes (Sarcines, Clathrocystes, etc.) analogues à ceux qui produisent le rouge de la Morue.

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ÉSOCIDÉS

Cette famille, qui ne comprend qu’un genre et 5 ou 6 espèces, pour la plupart américaines, n’est représentée, en Europe, que par une seule bien connue, le Brochet (Æsox lucius L.), qu’on rencontre aussi dans le nord et le centre de Asie.

Ses œufs sont réputés vénéneux, en tous cas ils sont purgatifs. Les observations d’intoxications par les œufs de Brochet sont nombreuses. Chevallier et Duchesne en ont réuni un certain nombre: Gesner, Fourcroy, Arnaud de Nobleville, Salerne, Vallot les tiennent pour dangereux, ce qui n'empêche

pas d’ailleurs qu’on en fabrique en Allemagne une sorte de.

caviar, suivant Bloch, Lacépéde, H. Cloquet.

A notre avis, on fera bien de vider avec soin les Brochets à l’époque du frai, c’est-à-dire en février, mars et avril. Leur chair est d’ailleurs alors beaucoup moins bonne.

SCOMBRESOCIDÉS

Cette famille,assez voisine de la précédente,est habituellement rangée avec les Anacanthiniens. Le museau est allongé en forme de becchezles Beloniens, court, mais les pectorales très développées chez les Exocétiniens.

Genre Belone

Il est représenté sur nos côtes par l’Orphie vulgaire (Belone vulgaris Sélys-Longchamp Æsox belone L.), surtout‘abondante dans la Manche et dans l'Océan, et l’Orphie aiguille Belone acus Risso}, plus fréquente dans la Méditérranée et qui se distingue de la précédente par l’absence de dents au vomer. La chair de ces deux espèces, quoique bonne, est peu recherchée, sans doute à cause de la couleur verte des os, coloration qui se retrouve d’ailleurs chez des Poissons d’autres familles fort éloignése, certains Labridés par exemple (Cheilinus, etc.). Quoique Littré et Robin prétendent que la chair des Orphies

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