‹ Les Polynésiens: leur origine, leurs migrations, leur langageChapitre 18 sur 79 · CHAPITRE !•'. ^ ZOOLOGIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE !•'. ^ ZOOLOGIE

r L*histoire naturelle de ces tles, comparée à celle des autres contrées, paraît très pauvre ; il n*existe d'autres quadrupèdes qu*un rat, presque exterminé par celui qu*on a importé, une espèce de castor, dont Texistence n*est pas certaine, mais très probable, et le chien dans rUe-du-Milieu.

Le rat du pays ou Kiore n*a que la moitié du volume de celui de Norway {mus ratus) ; il était autrefois abondant partout ; il se nourrissait surtout des faines du TawaI» et il était considéré anciennement comme un importaat aliment.

Le rat anglais ou de Norway est appelé par les indigènes, Pou-hawabiki, Kiore-pakeha, Kainga-rua.

Le Kuri, ou chien indigène, a été vu par Cook à son arrivée, et les habitants disent qu'il est venu avec eux d'Hawahiki lorsqu'ils arrivèrent pour la première fois à la Nouvelle- Zélande. C'était un petit chien à longues oreilles, d'un blanc sale ou de couleur jaunâtre, avec une queue touffue; il est maintenant tout à fait éteint. Il ne paraît pas avoir quelque ressemblance avec le dingo australien, mais il est probable

(1) Trad. de Taylor. — P. 394 à 425.

qu^ était de la môme espèce que ceux qu*on trouve encore dans les îles polynésiennes.

La Nouvelle-Zélande possède probablement deux espèces de chauve^souris : le Pekapeka {vespertilio tuherculaius) ; la plus commune est très petite, d'un brun jaunâtre, avec des petites oreilles arrondies.

Le veau marin, Mimiha ou Kekeno (fam. des Phocidœ)^ paraît avoir été très abondant autrefois, car ses os sont rencontrés en quantités considérables, le long de la côte, môles à ceux de Thomme.

Dans rile*du-Milieu, le Rapoka ou ours marin n*étaitpas rare. Les indigènes s*en emparaient anciennement en lui jetant du sable dans les yeux ; pendant qu'il cherchait à s*en débarrasser, ils tombaient sur lui et le tuaient ; maintenant on le rencontre rarement.

Le lion marin, Wakahao {phoca jubata) ou morse, fréquentait autrefois les côtes de TIle-du-Milieu. Les naturels le décrivent comme ayant le volume de la vache. On dit qu'il était de couleur rouge, qu'il se rendait à terre pour s'accoupler et qu'il était très sauvage et vigoureux. Un des chefs des guerriers, nominé Wera, fut mis en fuite par cet animal, quoiqu'il fut appuyé par soixante-dix de ses compagnons : d'où le proverbe : Tehoa kakari o Te Wera he Wahahao^ < L^ennemi de Te Wera est le lion marin. »

Les baleines étaient très nombreuses dans les mers de la Nouvelle-Zélande (fam. des halcenidœ). Le cachalot (Paraua)» 86 montre sous différentes couleurs. Il y en a do blancS| d^aatres sont noirs, de couleur d'ocre ou rouge et fréquemment de couleur môlée. La Tohora (balcena antipodum)^ ou baleine franche, était très abondante. On dit que la baleine noire morte se dirige toujours sous le vent, tandis que le eaehalot va toujours vers le vent.

La baleine physalus {fin hack) se trouve surtout sur les cMea Nord-Est de llle-Nord.

Noos avons rapporté précédemment ce que Taylor dit du Kiwi et du Moa.

Fam. Mallidœ. — O'est une des plus nombreusesi quoique phiaieoni membrts de eette famille aient disparu. La plus

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grande espèce est le Weka (ocydromus australia) oa ^ poule des bois des colons. Sa poitrine est couleur d*arduise; son dos brun et tacheté; elle est robuste et très abondante dans rile-du-Milieu, et dans la partie Sud de TIle-Nord. Son nom est tiré de son cri.

Le Pukeko ou Rauhara {porphyrio melanotus) est un bel oiseau, du volume d*un poulet ; il a de longues jambes et les pieds rouges; son bec porte une protubérance de la même couleur, quelquefois, co&me celle do la poule de Gainée ; le dos est noir et la poitrine d'un bleu brillant. Les plumes inférieures de la queue sont tout à fait blanches, ce qui contraste avec le noir de sa petite queue. Cet oiseau a on cri fort perçant, ressemblant à son nom ; il vole lentement et pesamment. C'est un grand déprédateur des cultures. U abonde dans les marais et le long des bords des rivières. Sa chaire est sèche et coriace, rarement mangée par les indigènes mais estimée par les Européens, qui disent que c*est un mets excellent.

Intimement allié à cet oiseau est le Takahe, le Noiamù d'Owen, gros oiseau pesant de TIle-du-Milieu, qui est très rare; il atteint environ deux pieds de haut, et est presque aussi grand que le Kiwi. Il a un bec mince et court, et de fortes jambes; le dos est noir; son cou et son corps sont d*un bleu noir, nuancé de vert et d^or sur les ailes. La queue est petite et blanche en dessous. Un seul spécimen a été envoyé en Angleterre, et on peut le voir au Muséum britannique.

Il y a plusieurs espèces plus petites de râles. Parmi elles se trouvent le Katatai [Rallus a3stm{Its),de couleur fernigineuse. Le rftle Dieffenbach a environ un tiers de moins que le Weka; il est propre aux îles Ghatham; c*est un bel oiseau. Son nom indigène est Moeriki.

Le Patataï ou Popotaï est un petit râle, gros à peu près comme le moineau, mais de forme plus délicate ; il est de couleur brun clair, le dos ponctué de noir et de blanc, la poitrine couleur d*ardoise, le bec d'un vert brillant, les yeux noirs avec un cercle rouge ; il a une très petite queue, qui

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Fam. AZcenicte. — Le £:tfcre ;.-rj:x •^s-^i-r^ n:»î*i*:u-'..t beaucoup par le pluxis-e t- ir^'c-ri-:-?' r.rrvr \r^'j[,>^.K v„'<. -, il est moins beau eT e=: ■:*-'-. *.rrî ;^ •.- ;".■

Fam. Vpupidœ. — Le Kul ^ -j^j'^y/'^'-.'j y:j./:- ^ - -, •,oiseau, ayant de petites ai>s. L à -r;*v--^::.> »;l-. .?'.:. . -^ geai; il est de couleur noire brillante, aT*r; 'i'-itf'j^^ ^frt:-'--»?*

TI. i4k.

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plumés à la quôue, marquées de blanc et présentant une courbe gracieuse, avec une petite touffe blanche sous la base de la queue ; le mâle a un long bec délié, de couleur jaune brillant ; la femelle a un bec plus mince ; l'œil est de couleur de plomb ; il a deux petites barbes charnues de chaque côté de la tête, qui semblent âtre deux pains à cacheter applî* qués sur les joues ; les jambes et les pieds sont long^, déliés et d'un jaune brillant. Son saut est très singulier, comme celui du kangourou. Les naturels font le plus grand cas de sa peau qui est un article d*échange. On rencontre surtout cet oiseau au sud des montagnes Ruahine, dans rile-Nord, particulièrement dans la chaîne appelée Tararua ; les indigènes envoient les peaux au Nord, après les avoir soigneu* sèment empaquetées dans des écorces. On leur donne des dents de requin en retour. Une bonne peau est estimée un pound.

Les suivants sont des oiseaux mangeurs de miel.

Le Tui, Koko {Prostemadera Novce-Zelandtas) : Gook a nommé ce bel oiseau le Parson et le Moqueur. Il reçut le premier nom de ce qu'il a deux plumes blanches remarquables sur le cou comme des rabats de prêtre, et le dernier, de sa facilité à imiter les sons. Quoique ses couleurs ne soient point fastueuses, il y a quelque chose de pudique et d*élégant dans son plumage. Il est de couleur noir bronzé, avec des plumes blanches autour du cou ; c'est un agréable chanteur; il est très vif; on le voit incessamment voler de haut en bas, en jetant ses joyeuses notes variées. Au printemps, on le voit, dans les arbres kowai s'emparant du pollen des fleurs avec prestesse. Quand il est apprivoisé^ il récite parfaitement toute espèce de son, et s'attache à toute personne qui le lui apprend, de sorte qu'il est généralement aimé.

Le Tui devient excessivement gras dans l'hiver ; on le prend alors en grande quantité à Paide de pièges.

Quandle Tui est devenu si gras qu^il en est lui-même incom« mode, on dit qu'il se pique la poitrine et détermine la sortie de l'huile, qui sature complètement ses plumes. Il paraît qu'il le fait pour s'alléger ; car, quand on le prend, on la

trouve couvert des marques de ses piqûres : d*où on lui a donné le nom de /co/co, c percé, becqueté » .

On dit que le Tui produit trois fois dans Tannée ; il commence en septembre, ou chaque printemps, et pond alors trois œufs ; en décembre, il pond cinq œufs, et en mars ou l'automne, Il en pond six ou sept, de couleur tout à fait blanche. Une les couve qu*un peu plus de deux semaines. L.*oiseau qui ne peut pas voler est appelé Pi ; plus tard il est aommé Pikari, et quand il vole Pureho. Mais à la maturi-té, c'est un Tui, et quand il devient très gras, c^est un K^oko. La chair de cet oiseau est très prisée et regardée comme un morceau délicat: c*est avec juste raison;, mais son chant est encore plus doux & ceux qui l'admirent, et c^ux-là doivent regretter qu*il ne le conserve pas en sortflixit des fours maori.

Le Kotihe {ptiloiis dnctà) est un bel oiseau, mangeur de n^iel. Il a une tète noire veloutée, de même que ses ailes avec une touffe de plumes blanches sur chaque joue et chaque aile ; il a un cercle jaune autour de la partie inférieure du cou et des ailes. Le dos et la queue sont d'un gris jaunâtre. U a à peu près la grosseur du rouge-queue. Le mftle est plus KT06 que la femelle, qui n'a pas un aussi beau plumage. Ses jambes sont fortes, et sa queue légèrement fourchue. Il pond Viatre œufs. Ses notes sont agréables, mais peu nombreuses. LeKorimako ou Kokorimako (anthomia melanura) est lo plus agréable chanteur de la Nouvelle-Zélande ; mais il &*e8t pas remarquable par son plumage, de couleur jaune olive, avec une teinte noire bleue sur chaque côté de la tâte ; lo reste du corps est de couleur jaune verdàtre; il a une hAffoe queue fourchue et de fortes ailes ; les jambes ont ^6 couleur puce. Il pond sept œufs, ponctués de bleu sur ^ foDd brun. Le mftle est plus gros, et son plumage est plus brillant, avec plus de vert que la femelle. Au lever du i^r, quand les chantres de la nature s'assemblent, par un ntHael consentement sur quelque arbre, pour chanter leur hjsuie du matin, la note du Korimako domine toutes les au- ^ et les harmonise : vraiment, rien ne surpasse la douceur concert, qui n'est entendu qu'un instant et cesse pour

le reste du jour jusqu'à ce que les oiseaux commencent à faire koro, ou à indiquer que le jour est fini; alors, dans quelques parties du sud, ils se rassembleut de nouveau pour chanter leur hymne du soir ; mais cela n*a pas généralement lieu; le temps préféré est le matin. J*ai compté seize oiseaux de différentes espèces ainsi perchés ensemble sur une branche, et dans la plus grrande harmonie que Ton appelle aussi kapara. A ce genre appartient Vanthornis melanocephala des Iles Chatam.

Fam. Lusdnidœ. — LeMatataou Koroatito (Sp/ieiusacus T punctatus) est un petit oiseau noir brun, avec une poitrine blanche ponctuée de brun ; il a quatre plumes longues et quatre courtes à la queue, semblables par leur structure à celles de TEmu et du Kiwi; c'est un oiseau de, marais, volant 1bas et à peu de distance, & travers les joncs et la fougère, ayant un cri perçant, et qui peut être tué facilement avec un bâton. C'était anciennement un oiseau sacré, et qu'on offrait en sacrifice quand une troupe de guerre revenait sans succès.

Le Riroriro est le roitelet. Cet oiseau, le plus petit, est de couleur gris jaunfttre. Le mâle aune tète noire bleue. Il est très franc.

Fam. Turdidœ. — Le Piopio (Tumagra crassirùstris) est un oiseau de la grosseur environ d'une grive, avec un bec court, étroit, la queue rouge, la poitrine jaune et le dos brun. C^est un oiseau de passage venant du sud : Piopio wirunga nga tau ko Matatua te waka. « Le Piopio, dit le proverbe, vint sur l'avant du Matatua, » l'un des premiers canots qui sont venus d'flawahiki.

FAiff. Muscicapidœ. — Piwakawaka ou Tirakaraka est un joli petit oiseau, toujours en mouvement; très sociable et se plaisant à déployer sa belle petite queue en éventait. Il aune tète comme le rouge-queue, avec une raie noire et blanche sous le col, aboutissant à un point au centre de la gorge. Ses ailes sont en pointe. Il est très habile à prendre les mouches et l'un des favoris des Maori : aussi suit-il généralement leurs pas. Il était consacré à Maui.

Le Miromiro (mtro alhifronti) est un petit oiseau noir et

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blanc, ayant une grosse tête; il est très franc, et chante quelques notes mélancoliques ; il vole généralement parmi les tombeaux et dans les broussailles isolées. Le Miro-toitoi (muBcicapa toitof) ou Ngirungiru, est un oiseau dont le plumage est noir et blanc avec une bande blanche, et quelques* unes des premières plumes de chaque aile teintées de blanc.

Fam • Cormdœ. — Le Kokako ou corneille de la Nouvelle* Zélande, a le volume à peu près d*un petit poulet, avec de longues jambes, et des ailes remarquablement courtes; ses yeux sont couleur de lavande. La tâte est très petite. Il a un fort bec noir, un peu courbé, et un petit pendant, couleur bleu clair brillant, de chaque côté de Toreille. C'est un oiseau artificieux, très voleur et peureux. Sa viande est dure, mais quand elle a été écorchée et trempée dans Teau avant de la faire cuire, elle devient plus mangeable.

Fam. Stumidœ. — Le Tieki (Ereadion carunculatua) est un bel oiseau noir, qui a une bande châtaine en travers du dos et des ailes ; il a aussi une pendeloque charnue de chaque côté de la tête. Le Tieki est regardé comme un oiseau de présage : 8*il vole à droite, c*est un bon signe; s*il vole à gauche, c'est le contraire.

Fam. Fringillidœ. — Le Pihoihoi, Wioi, Kataitai {alauda Navœ^Zdandiœ) est un petit oiseau ressemblant beaucoup à Talouette, mais il ne chante pas. Il est de couleur grise ; sa poitrine est blanche avec des points gris. Il fait son nid sur le sol, et ressemble beaucoup à celle qui porte le mâme nom en Angleterre.

Fax. Psittaeidœ. Le Kakariki ou Powaltere {platycercus Novœ-Zelandiœ] est un joli petit perroquet vert, ayant une bande rouge ou jaune sur le haut du bec et sous la gorge. Cet élégant oiseau est de la grosseur environ d*une petite grive; il vole très vite et a un cri pénétrant. G*est un excellent manger. Celui qui a du rouge sur la tèto est appelé Kakariki-matua; l'autre avec du Jaune est appelé Kakarikiporere : il y en a plusieurs espèces différentes.

Le Kaka {neêiùr mtridionalis) est généralement brun fracé, avec un reflet rougeâtre ; la poitrine est également

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rouge et brune, avec des plumes rouges brillantes sous les ailes. Le bec est très fort et courbé ; le cri est remarquablement fort et dur. Quand les autres oiseaux font leur concert du matinale Kaka Tarrête généralement par son cri strident, quand il pense qu'ils ont chanté assez longtemps.il a un bel œil noir. Cest un gros oiseau, peu inférieur en volume au canard; on l'apprivoise facilement et il apprend à parler. Les naturels en font des mokai ou favoris, et s'en sôrvent généralement pour attraper les kaka sauvages. On mange cet oiseau ; mais il est très sec, et, excepté la poitrine, très savoureux. Il fait son nid dans les trous des arbres, et pond deux, quatre et quelquefois sept œufs. On trouve généralement trois de ces oiseaux dans le même trou, un mâle et deux femelles ; leurs nids sont si voisins que chaque oiseau peut couver les œufs de Tautre et lui donner ainsi le moyen de s*absenter. Les naturels ont le dicton que jamais le Kaka ne se pose sur l'arbre Maire. Une espèce, dont le bec est plus gros est appelée Kaka-huripa ; celle qui a le bec plus petit est appelée Kaka-motarana. Quelques kaka font leurs nids dans les roches sablonneuses ; ils sont de couleur beaucoup plus claire, le dos et les ailes de couleur de boue, et leur poitrine est d'un rouge brillant. Cette espèce doit être le Playcercus auriceps ou Trichoglossus aurifrons (Korako).

L'oiseau de cette famille le plus remarquable est le Kakapo ou Tarepo {Strigops habroptiliis)^ perroquet de nuit. Il est aussi gros qu'une poule, de couleur vert jaune, clair, avec des bandes brunes, de grandes moustaches noires; il fréquente les montagnes et les précipices, et, bien qu'il possède des ailes, il s'en sert rarement; il va par troupes; un d'eux veille généralement et si soigneusement qu'on n'en peut jamais rapprocher du côté du vent. Par son apparence il ressemble au hibou. Les indigènes disent qu'il y en a deux espèces, dont Tune est aussi grosse que le Kiwi ; elle est excessivement rare, et sera bientôt éteinte dans TIle-Nord. J'en ai vu seulement deux individus, qui avaient été pris dans une île. C'est un manger délicat. Cet oiseau remarquable est plus abondant dans l'Ile-du-Mîlieu.

Fam. Cuculidœ. — Le Kohoperoa, Hawekawea ou Koekoea

(Andynamys toftensis), est un oiseau de passage, et Tun des coucous de la Nouvelle-Zélande ; il a une longue queue, de la même couleur que Tépervier, et tout h fait semblable; le corps est court et mince, avec de courtes jambes et de forts ongles. C'est un oiseau chanteur agréable, mais on ne Tentend que pendant les mois les plus chauds de Tannée chanter toute la nuit. Sa venue indique qu'il faut planter les ku« mara, et son départ qu'il est temps de les bêcher. Quelquesuns croient que cet oiseau hiverne sous l'eau. Les naturels de Taupo pensent qu'il s'introduit dans les trous, où il se change en lézard et perd ses plumes; à l'approche de l'été, il sort en rampant de sou trou, ses plumes commencent alors à pousser, sa queue tombe, et il redevient de nouveau un oiseau. Sous sa forme de lézard, il est appelé He-ngaha, et, chez les Wanganui, He-piri-rewa ou arbre lézard. Les indigènes disent que le Kohoperoa cesse de chanter toutes les fois que le vent est sur le point de souffler du Sud, et qa*il ne recommence que quand le vent d'Ouest ou une brise du Nord s'élève. Quand un enfant est abandonné par les parents, on le dit être « un œuf dans un autre nid, » te paruhaka o te Kaekoea.

Le Piwarauroa {Cuculus nitens) est l'autre coucou, qui est aussi un oiseau de passage. Sa poitrine est blanche, les plumes en sont frangées de vert et or ; le bec est vert, or et bronze ; les plumes, sous la queue, sont blanches, ponctuées de bruo. 11 a une note aigre particulière. Quand on com* menée à Tentendre en août, son cri est faible, kui kui te ora: il se plaint quUl fait froid ; mais à mesure que le soleil devient plus chaud et que l'été s'avance, sa note se change en %oiti ora^ witi ora^ c j*ai chaud, i 11 y a un proverbe qui dit €)ae, 8*il continue de crier kuikui^ Tété sera froid; mais que la saison sera chaude s'il chante tottt-ora, witi-ora. On dit ^ue ces deux oiseaux de passage partagent l'année entre la Nouvelle-Zélande et Hawahiki, arrivant en septembre «t partant en mars.

Pam. Columbida. Le Keriru, Kukupa (Kuku carpophaga ^owB-Zelandiœ)^ ou pigeon des bois, est un bel et gros oidu volume du canard ; la partie supérieure de la poi-

tri ne est vert doré ; la partie inférieure, blanc pur, les jambes et le bec sont rouges. Il vole lourdement et est si stu* pide, qu'il devient facilement la proie de ses ennemis. Si deux oiseaux sont sur un arbre et que Tun d'eux soit atteint, Tautre s*envole rarement. Sa principale nourriture est le fruit du miro, dans la saison : alors c^est une bonne nourriture ; dans les autres temps, il se nourrit d'un chou sauvage, et au printemps des jeunes feuilles du kowaï : alors il n*est pas salutaire. Les naturels en conservent de grandes quantités dans des calebasses, après en avoir extrait les os ; on les appelle alors Kuku. Cela se fait au commencement de riiiver, alors qu'ils sont très gras, et les naturels en extraient de l'huile. On dit que le pigeon ne se pose jamais sur l'arbre Rata. Je n'ai vu qu'une espèce de cet oiseau.

Fam. Tetraonidœ. — Le Kokoreke, Koutareke ou Koitareke (Cotumix Novœ-Zelandiœ) est la caille, oiseau très rare ; elle est plus petite, mais autrement ressemble beaucoup à la caille d'Australie ; elle est beaucoup plus abondante dans l'Ile-du-Milieu.

Fam. Charadridœ. — Le Torea (Hœmatopus picatus) est un oiseau de mer, noir, avec des jambes et un bec rouges.

I^AM. Ardeidœ. — Le Matnku-urepo (Botaurua melanoius) est un butor très répandu par toute la Nouvelle-Zélande. Il est de couleur de peau de bœuf, avec des points bruns, plus claire sous la poitrine ; il pousse trois sons creux et cesse alors pendant quelque temps avant de recommencer. Quand il s'arrête pour se reposer ou dormir, il tient son bec dirigé vers les cieux, ce qui lui donne une singulière apparence.

Le Matuku {Herodias matuku) est couleur de cendre claire. Le sommet de la tète est couvert de minces filets soyeux, et le dos du crâne est de couleur rouge, complètement chauve. Son col et ses jambes sont longs. La femelle pond deux œufs de couleur bleu pâle, du volume environ d'un œuf de dindon. C'est un oiseau très prudent, et qu'on voit rarement. Il vole gracieusement, avec ses longues jambes étendues comme une queue.

Le Kotuku (Berodias flapirostris) est le héron blanc ; beL

oiseau, rare ; il a un bec jaune, et les jambes de couleur vert obscur. Quoiqu'il soit assez abondant dans Tlle-Sud, on le ▼oit rarement dans rile-I>lord ; de telle sorte qu'il y a un proverbe qui dit : Kotahiano te regenga o te Kutuku^ c un homme ne voit le héron blanc qu'une fois dans sa vie. »

Fam . Scolopacidœ. — Le Tarapunga {Bimantopus Novœ- Zelandiœ) est un oiseau blanc sur la poitrine, à ailes noires comme le dos et la tête, à bec rouge légèrement courbé endossas, avec de longues jambes rouges. On le trouve sur le lac Taupo avec plusieurs autres espèces d*oiseaux de mer.

PÂU.Anatidœ.^ Le Parera, ou Turuki {AncLs superciliosa)^ est le canard, très ressemblant au canard sauvage d'Angleterre. Ceux de 1* intérieur paraissent être d'une espèce plus grande.

Le Putangitangi (Caaarca . vai-iegata) est le canard du Paradis. Ce bel oiseau est confiné dans la partie sud de TUe Nord, mais il est très abondant dans l'Iie-du Milieu. Les couleurs de cet oiseau sont très séparées : la poitrine est blanche, les ailes sont d'un rouge jaunâtre ou orange foncé, et le dos en partie coloré : on l'apprivoise facilement.

Le Wio (Hymenolaimus malacorynchus) est le canard bleu, qu'on trouve en abondance dans les ruisseaux des montagnes de la partie sud de l'Ile-Nord et dans l'Ile-du- Milieu; il tire son nom de son cri. Cet oiseau a une mem* brane remarquable attachée à son bec ; il est très estimé par les naturels ; il gravit les rochers au moyen des articulations de ses ailes, dégarnies de plumes et calleuses, et il se sert de sa courte et forte queue comme de support. Il y a plusieurs variétés de sarcelles, de poules d'eau, de plongeons, etc.

Fam. Alàdœ. — Le Korora (Spheniscus minor) est le petit pingouin vert et blanc, qui était autrefois très abondant ; il IH)nd deux œufs blancs dans les crevasses des rochers et les '^xxms près du rivage de la mer.

Le Hoiho {Eudyptea antipodes) est un pingouin une fois plus gros que le premier : son dos est noir brun, et sa poi- ^^xîne blanche ; on le voit très rarement dans l'Ile-Nord de Nouvelle-Zélande .

fàM. Procellaridœ . — LeTiti (pdeeanoîdes urinatrix) ett

un oiseaa de mer gris foncé, avec une poitrine blanche ; il se rend à terre au soleil couchant, et il pose à l'entrée de la nuit pendant un instant avec grand bruit ; il pond un csof dans les trous de rochers, et est très gras. On suppose qu'il fait un amas de nourriture pour son petit, une fois couvé, et qu'alors il l'abandonne; d'où le proverbe : He manu uHinga inga tahi^ c un oiseau qui ne nourrit que son petit. »

Toroa (Diomedea eoculana). •— L'albatros se trouve dans les mers de la Nouvelle-Zélande. Ses plumes sont très estimées comme ornements par les indigènes, et plus particulièrement celles qui sont sous Taile : elles sont d'un blanc pur, et leurs touffes duvetées sont passées dans le trou du lobe de Toreille. Les os des ailes sont aussi employés comme orne* ments du cou et de l'oreille.

Fam. Pelicanidœ. — Le Kauwau ou Karuhiruhi (grauca' lus varius vel carunculatiis) est un oiseau noir ou noir et blanc, qui abonde dans les rivières et les havres. Ce sont des oiseaux sociables, qui construisent leurs nids en grand nombre sur le môme arbre, pendant au-dessus de l'eau. L'odeur d'une de ces colonies est tout à fait insupportable.

Le Totoara est un oiseau couleur d'ardoise, qui a quelques plumes blanches près du bec: c'est le rouge-gorge de la Nouvelle-Zélande ; oiseau très grave, mais facile à apprivoiser et suivant toujours les pas de l'homme.

Nous avons omis, dans cette liste, beaucoup d'oiseaux qui ne sont pas classés, mais nous avons fait connaître les plus intéressants.

Fam. Scincidœ. —Autrefois la Nouvelle-Zélande possédait plusieurs espèces de lézards, et si l'on pouvait s'en rapporter aux récits des naturels, plusieurs d'entre eux avaient un très grand volume. Lorsque les Européens visitèrent pour la première fois ces îles, ils étaient même beaucoup plus» nombreux qu'il ne sont aujourd'hui ; leur diminution peuU être attribuée aux incendies fréquents et à l'introduction de^ chats, qui en sont avides : c'est pourquoi ils sont comparati*-* vement rarement vus aujourd'hui. Le principal léiard encor» existant est le Ruatara {Tiliqua udandica)f l'Iguane. H »

environ 16 pouces de long ; sa tète est grosse, avec un bel œil doux ; il a une rangée de pointes blanches sur le dos avec quelques-unes pareilles, mais noires sur la queue ; les dents sont arrondies et la langue triangulaire. Ses orteils sont déliés ; il se met sur le dos quand il se chauffe au soleil et dans son terrier. On ne le trouve que sur les petites îles du détroit de Cook ou sur la côte Est de TUe-Nord. 11 est de couleur brun foncé, mélangé de jaune. Les naturels en ont une grande horreur, quoiqu*il soit tout à fait innocent.

Le Kakariki (Uaultinus elegans) est un beau lézard vert luisant, d*environ huit pouces de long ; il a le pouvoir de contracter ou de dilater la pupille de son œil, ce qui effraie beaucoup les indigènes. Mais ils sont surtout alarmés quand ils Tentendent rire; c*est ainsi qu'ils appellent le bruit qu'il fait : c*est« disent-ils, un signe certain de mort pour la personne qui l'entend. Us s'imaginent que toutes les maladies sont causées par ce lézard qui se glisse dans leur gorge peu* dant qu'ils dorment. Le maie est tout à fait vert ; la femelle a une ligne longitudinale de points blancs qui descend jusqu*en bas de chaque côté.

Il y a plusieurs autres espèces de lézards, dont l'une est admirablement ponctuée et couleur de velours noir ; une autre est couleur de chair sous le col et le ventre, et noir foncé sur le dos.

On dit que ces lézards noirs, ayaDt du poil ou du duvet, et environ quatre pieds de long, abondent dans le lac à Pierre- Verte. Un nonmié Hawkins, qui demeura dans cette partie de rile pendant plusieurs années, passe pour avoir pris un de ces lézards qu*il tenait attaché à Taide d^une chaîne à chicD. Ils sont amphibies. Le môme individu prit aussi un des Emus de nuit, qui, disait-on, avait près d'un yard (3 pieds) de haut. Le môme encore a rencontré ce qu'il appelait une espèce de loutre d'eau douce : mais, comme leurs P<mx ne valaient pas celles des phoques, il ne se donna pas 1^ peine de les chasser. Ce dernier paraît être le castor dont i^ciis avons parlé ailleurs .

ORD. Amphibia. — Fax. Ranœ. — Jusqu'à ces derniers

temps, on D*avait pas cru que la grenouille exist&i à la Noavelle-Zélande; car, quoique PoUack e&t dit qu*il n'avait pas pu dormir à cause de leurs coass3mentSf aucun autre voyageur n'avait rencontré cet inconvénient, et beaucoup avaient traversé le pays plus complètement sans en voir. La découverte de la grenouille à la Nouvelle-Zélande était réservée au:;: chercheurs d*or du havre Goromandel ; là, en 1852, on en trouva trois petites dans leurs fosses ; plus tard, j*ai appris qu*on en avait rencontré par hasard une dans le voisinage d* Auckland. Excepté ces cas, je n*en ai vu aucune, ni appris que d'autres en aient vu; elles doivent être excessivement rares,et si je n'avais pas entendu dire par les indigènes qu'il y a une grosse grenouille surTile de Mana, j'aurais été porté à croire que celles de Goromandel y avaient été apportées accidentellement de Sydney. Les indigènes décrivent une grosse grenouille qu'ils appellent Moko-mokai, a-Maru-te Ware-aitu, comme ayant été autrefois très abondante sur cette île; ils disent qu*elle était aussi grosse qu*an poulet, et que, dans son état de têtard, elle avait plus d'un pied de long; ils affirment aussi qu'il y en avait une plus petite dans la même localité ; mais l'existence du têtard de grenouille ne repose que sur leurs récits.

On n'a jamais rencontré aucun serpent, quoiqu'on dise que plusieurs ont été introduits par des navires venant de Sydney.

Plusieurs des vers de terre sont presque comme des serpents, ayant plus d'un pied de long; quelques-uns d'eux étaient anciennement mangés et passaient pour être très bons : c'est ainsi qu'on le pensait pour le Toke-tipa, très long et très gros ver, qui se nourrit de racines. Il y a un dicton à ce sujet : c'est que le reka ou la douceur de ce ver rcâte encore dans la bouche deux jours après qu'il a été mangé.

Les poissons de la Nouvelle-Zélande sont nombreux et ne manquent pas de variétés. Je vais m'efforcer de donner un aperçu succinct de différentes espèces.

L^Aihe e&t un gros poisson, de vingt-quatre pieds de long,

ayant la tôte petite comme 1q marsouin, et des dents pareilles. Il appartient probablement au même ordre, et est le même que le Rarihi.

L*Awa est un petit poisson de rivière, ressemblant au rouget; les colons rappellent le hareng*, parce qu*il lui ressemble par la forme. Il est synonyme de Takeke.

L*Araara est un poisson d*environ un pied et demi de long, qui a de grandes écailles remarquables ; ses nageoires dorsales et caudales sont couvertes d*écailles.

L*Hapuku ou Whapuku, ordinairement appelé la morue, a un goût infiniment supérieur; par Textérietir il ressemble au saumon et est connu à la Nouvelle-Zélande, comme la Juive. Il atteint un fort volume et est regardé comme le meilleur poisson de la Nouvelle-Zélande.

Le Kahawaî {Ceutopristes trutta ou mulloîdes) a générale* ment de 15 à 30 pouces de long ; on le prend à Thameçon et à Taide d*un morceau de coquille d Haiiotide : son goût est un peu aigre, mais sa grande abondance le rend précieux comme article de nourriture.

Le Kirikiri ou Pakirikiri est un poisspn à peau rude ; il a deux épines sur le don, qu*il élève à volonté; c'est un court, mais large poisson {Labrus pœcilapleura).

Koputarara, Kopuawai* Papati et Totara : tous ces noms sont ceux du Diodon : c*est un poisson rond, couvert d* épines; il peut se gonfler comme une boule ; les nagaoires dorsales et caudales sont très petites ; il n'a pas de dents, mais un bord supérieur et inférieur en os. Il contient une double poche à air qui est employée par les indigènes comme bouteUle.

Le Kanae est un poisson abondant sur quelques points de la côte ; on le trouve aussi dans le Wangape, lac d*eau douce, à 70 milles dans l'intérieur, près de Waïkato.

Le Kumukumu est un poisson rouge, avec une peau dure et calleuse ; il tire son nom du bruit qu*il fait.

Le Manga ou Paro, long poisson étroit, qui a de très minces écailles et deux à quatre pieds de long, a la forme d*une épée ; le dos est vert foncé; le ventre blanc d'argent; une nageoire dorsale occupe presque toute sa longueur. On n*en

prend jamais, mais on dit qu'il est tué par la gelée quand il nage près do la surface de Teau ; lors d une matinée à gelée^ on en trouve un grand nombre sur le rivage. On en fait le plus grand cas comme nourriture.

Fam. Scyllîum. — Mango {Squalus Lima) est le nom donné au chien de mer aussi bien qu*au requin ; il abonde sur les côtes de la Nouvelle-Zélande, où on le prend en grand nombre : quelques-uns ont une grosseur considérable et sont capables de couper la cuisse d'un homme. Le Mangopare (Squalus zygœna) est le requin tête de marteau.

Le Tuatini est une espèce de requin, qui a souvent dix pieds de long et est très sauvage. Les dents sont disposées par rangées ; elles servaient autrefois de couteaux pour découper les corps humains avant de les mettre au four.

Le Nga est un poisson gélatineux, d'un à deux pieds de long, quelquefois comme une fine anguille; les baleiniers rappellent la fusée.

Le Maroro est le poisson volant. Il a quelquefois deux pieds de long, et il est regardé comme une excellente nourriture {Exocetus exiliens etvolitans).

Le Moki (Latris ciliaris) est la merluche. Quelques-uns rappellent la morue de rocher. Il a environ quatorze pouces de long, il a meilleur goût que la morue et les autres poissons qui reçoivent ce nom .

Ngoiro et Koiro, le congre, est très semblable à celui d'Europe. On en prend beaucoup, et on le regarde comme une bonne nourriture. C'est un poisson très barbare.

Le Pakaurua ou Wae estla raie à épine. Ce poisson remarquable est très abondant dans les eaux peu profondes; il atteint souvent un fort volume, et a souvent près de deux pieds de large. Il a une longue queue et un os barbelé en-dessous, avec lequel il fait de très dangereuses blessures qui souvent causent la mort [Raia rostrata).

Patiki est le nom commun de la sole et des poissons plats. Cette dernière espèce se trouve dans les rivières ; mais elle diminue de grosseur en raison de son éloignement de la mer; à cent milles dans l'intérieur, elle n'a guère plus de deux pouces de diamètre {Rhombus plebeius).

Ngeho est on poisson de rocher, ponctué de blanc et de brun.

Pihapihana, la lamproie, a presque seize pouces de long ; sa couleur est d'argent ; les indigènes ont le dicton suivant : Ao Rangiriri ie Pihapiharau^ c la lamproie vient de la fontaine de Rangiriri. » Le nom du poisson est tiré de ses nombreuses ouïes. On le prend en grande quantité.

Rari est un grand poisson, qui a deux longs pendants blancs à la partie inférieure de la mâchoire ; il a la grosseur à peu près de la morue, et lui ressemble beaucoup par la forme et le goût.

LeTakeke estTéperlan; il est le même que celui d'Europe.

Le Papaki est une espèe de caUfiahj ayant deux curieuses saillies comme des pieds et les nageoires ventrales unies.

Le Tumure ou Eouarea {the Snapper) est un poisson grand comme la brome; il est très commun; c'est celui de tous qu^on prend en plus grande quantité.

Le PurarurarUt est un poissoi^ rayé de rouge, avec des pi« quants sur le dos et les nageoires. On ne le mange pas.

Le Tawatawa a environ le môme volume que le Kahawai ou Maquereau, auquel il ressemble beaucoup par la forme générale et la couleur. Les indigènes ont le proverbe suivant à son occasion : Me ie kiri Taioatavoa ka iakato o te langata net. « La peau du Tawatawa quand il est pris change comme celle de l'homme quand il est tué. »

Le Uaumarie est un beau poisson, ressemblant au maquetean.

Le Taere est une espèce de lamproie, d^environ deux pieds de long. Il a plusieurs petites barbes attachées à la tète, et une large queue plate; sa couleur est noir foncé; son corps «st d'une épaisseur égale, comme celui du Pihapiharau.

L'Uku«Ora est une variété de la raie Tutuira.

Le Warehou, Warehenga, est un poisson qui se trouve sur les côtes rocheuses ; il atteint une longueur de deux pieds ■or une largeur de dix-huit pouces. U ressemble au ELahawai, mais U a bien meilleur goût

Hako est un gros poisson comme le saumon [Brosimus Denustus) .

Hoka, poisson d'environ deux pieds de long, de couleur rougeâtre, avec de petites écailles.

Puhaiao, petit poisson noir et rouge : les naturels disent: « Quant le Puhaiao est pris, le Hapuku le sera sûremeut. -

Matawa, gros poisson^ ayant près de vingt pieds de long, ' et étroit en proportion ; très huileux.

Huranga, gros poisson à huile sans écaille, ressemblant* au requin.

Pam. Chimeridœ. — {Callorhynchu$ antarcticus) Repe-* Repe.

La Nouvelle-Zélande n'a pas de gros poisson d*eaa douce. La seule exception est la Tuna ou anguille ; il y en a un grand nombre de variétés, et presque tous les autres poissons d*eau douce lui ressemblent plus ou moins. Le grand nombre de noms donnés à ce poisson et le soin que les indigènes prennent de distinguer la moindre différence existant entre eux montrent quelle importance ils lui accordent; Panguille atteint un volume considérable, mais je pense que c^est une espèce différente des plus petites. Les plus grosses anguilles sont appelées Ruahine ; on les nourrissait anciennement, et on les regardait comme des dieux inférieurs. Il y a une anguille appelée Tuoro, qu'on trouve dans les marais; elle passe pour avoir une grosse tête et pour attaquer rhomme.

Taiharakeke, anguille rouge, qu'on trouve dans les racines du phormium.

Koho, Kokopu, gros poisson d'eau douce, ayant une très grande tête et une grande bouche ; il a environ deux pieds de long, et est presque aussi épais; il fait un grand bruit, qu'on peut entendre à quelque distance. 11 est sans écailles et ressemble à Tanguille. Je ne l'ai pas vu.

Inanga, petit poisson d'eau douce, abondant dans la plupart des lacs, spécialement dans ceux de Taupo et de Rotorua. Il a trois à cinq pouces de long {Eleotris basalis).

Karohi, très petit poisson transparent à écailles, de deux pouces de long; il se trouve dans les rivières à marées.

Koaro, petit poisson d'eau douce de trois poaces de long, très estimé. On le trouve dans la plupart des rivières et des lacH.

Kokopu, poisson à écailles, trouvé dans tous les ruisseaux d'eau douce ; il a de cinq à dix pouces de long et il est gros en proportion.

Pangx)hengt>he, Papangoke, poisson d'eau douce de quatre à huit pouces de long et sans écailles : Syn. Papangoko.

Pokotolie, Porohe, petit poisson d*eau douce du Waïkato; il a un pouce et demi de long.

Takaruwha, poisson d*eau douce d'un pied de long et gros en proportion, qui se trouve dans le Waingongoro : on rappelle Tanguillc truitée ; il se prend à la mouche.

Takeke, petit poisson d*eau douce; syn. Tikihemi : c'est un IK>isson huileux.

Totoronga, petit poisson qu'où trouve dans les rivières à marées, et qui a des écailles.

Tuawcta, variété de Tlnanga.

Tangariki, petit poisson de deux h trois pouces de long.

Tohitohi, petit poisson de deux pouces de long.

Les variétés des plus petits poissons sont distinguées par des noms particuliers nombreux, quoique l'observateur ordinaire n'y voie pas de différence.

Parmi les Crustacés se trouve le Koura, qui est le nom générique de Pécrevisse de mer et de l'écrevisse d'eau douce ; la première a presque deux pieds de long ; elle abonde sur toutes les côtes rocheuses ; la dernière a de quatre à huit pouces de long. Les lacs Rotorua et Iti sont pleins des plus grandes ; mais, près de Paparoa, sur le Wanganui, j'en ai rencontré une ayant presque un pied de long.

Wae-rau-potikete est l'araignée de mer d'environ un pouce et demi de large au travers de la carapace; elle est couverte d'épines tranchantes,et est employée comme amorce pour prendre le requin.

Le Papaka est le crabe : le plus grand a environ deux

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poucQS et demi par le travers de la carapace; un petit crabe, appelé le Rerepari. abonde dans les marais salips. On trouve aussi un petit crabe dans la moule; il est tout rond et rougB de corps, et a de petites jambes. J*ai trouvé un petit crabe d*eau douce, à 70 milles à Tintérieur, il n*a pas moins d*un demi-pouce à travers la coquille et est de couleur vert sombre. Il n'y a pas de homard (lobster) à la Nouvelle-Zélande.

Kowitiwiti-moana est une très petite chevrette de mer^ d*un pouce de long environ, qui abonde sur les plages de sable .

Mamaiti est une espèce plus grande; il y a aussi un insecte de terre qui ressemble à la chevrette par sa forme et ses habitudes .

Tarekihi est un beau poisson plat argenté, avec un point noir sur le dos .

Hippocampus abdominalis^le cheval marin. J*ai rencontré deux espèces de ce singulier poisson, Tune étant étroite. On le trouve principalement dans la partie nord de Tîle.

Patangai est une étoile à douze rayons.

Weki en est une qui a un très petit corps et cinq rayons.

Tori-tori et Kotoretore sont des anémones de mer.

Oûga-onga, ortie de mer, mollusque,

Pongoungou ou Pongorunguru, ou Papa-taura, sont des variétés d'épongé ; quelques-unes d'entre elles sont supérieures à celles de Turquie.

Potîpoti (Phisalia)^ beau mollusque d'un beau bleu foncé ou pourpre.

Le nom commun pour tous les poissons est Ika ou Ngo* hengohe ; celui de toutes les coquilles univalves, Pupu, et des bivalves Pipi et Ang a, qui renferme les deux espèces* Le docteur Gray a remarqué que les coquillages de la Nouvelle-Zélande, comme ceux d'autres parties de l'océan du Sud, sont souvent plus grands et de couleur plus brillante que les espèces qu'on trouve aux mêmes latitudes de Thémisphèpe Nord ; c'est ce qui arrive plus particulièrement pour les espèces terrestres : quelques-uns d'entre eux appartiennent aux genres qui ne se trouvent que dans les parties les

pins chaudes de la moitié Nord du inonde. Le genre Struihiolaria est propre à la Nouvelle-Zélande.

Voici le nom de quelques-unes des plus belles espèces.

Fam. Muricidœ. — Putotara {triton variegatum). Ce beau eoquillage a souvent près d'un pied de long; on en fait une trompette. On ne le trouve qu'à l'extrémité nord de Tlle- Nord de la Nouvelle-Zélande, mais il parait avoir été plus généralement répandu autrefois.

Fam. Volutidœ. — La Voluta magnifica ne se trouve que près du cap Maria-Van-Diemen, et du cap Nord ; c'est le plus grand et le plus beau coquillage que l'on trouve à la Nouvelle-Zélande. Pupu-Kari-Kawa est une grande volute tachetée.

Fam. TVocAida?.— C'est une famille nombreuse. Ngaruru en est une grande espèce. Ce nom est aussi donné au tro-^ ehua imperialis. Miti-miti est un petit trochus.

Pam. Haliotidœ, — Pawa {haliotis Iris) est une belle co« quille qu'on trouve parfois d'un volume considérable. On s*en sert pour faire des hameçons. Le mollusque est mangé cuit et cru par les indigènes ; il est très coriace. On trouve différentes variétés de ce coquillage dans les diverses parties de File. Il y a aussi un petit coquillage terrestre, près* que pareil à l'Haliotis ; il a environ un pouce de long et est de .couleur olive, il a intérieurement le lustre de la coquille perlière. Le limaçon qui le porte est de couleur de chocolat foncé {Haliotidœ, Wanganui).

Fam. Patellidœ,— Ngakapi, la moule ? On en trouve plusieurs variétés, quelques-unes très larges, d'autres en forme d'étoile ; quelques-unes sessiles, d'autres percées au sommet.

Fam . Chitonidœ. — Papa-piko ou grand oscabrion : c'est an.<^i une nombreuse famille.

Fam. Helieidœ. — Pupu-rangi {helyx busbyi), grande coquille aplatie, avec un extérieur coloré olive et brillant; l'intérieur est bleu. Ce beau coquillage a quelquefois trois pouces de diamètre. Il habite sur le sommet des arbres des hautes forêts, d*oii la tempête le fait tomber : c'est pour cela que les BatoieLi l'appellent le coquillage du cieL On ne le trouve

pas plus au sud qu'Auckland, dans Tlle-Nord; mais sir Grey en a trouvé un échantillon brisé dans la baie du Massacre (Ile-du-Milieu).

Le Bulimua hongu Pupubarakeke, se trouve surtout près du cap Nord; il y abonde parmi les Phormiums. Cette belle coquille est de couleur chocolat foncé, avec Fintérieur blanc ou orange brillant ; elle a près de quatre pouces de long. On dit que le Bulimus vibratus abonde sur les Trois-Kois. Fam. Mesodesmidœ. — Pipi : c^est le coquillage le plus abondant et le plus grand. Il contient parfois des perles noires d'un volume considérable.

Fam. Mytilidœ. — Kuku ou la moule, abonde dans le nord de l'île où on en trouve souvent qui ont dix pouces de long. Alors elle est appelée Kuharu. Dans le sud on en trouve une qui a l'intérieur d'un vert foncé brillant, et qui est rouge feu extérieurement; une autre qui a le périoste mince avec une touffe sortant de l'extrémité supérieure. L'espèce la plus petite est appelée Kukupara. La moule de Tlle-du- Milieu est striée.

Fam. Unionidœ. — Karo, Kakahi. 11 y a plusieurs variétés d'unto. L'une se trouve à Waïmate, baie des Iles; elle est remarquable par son aplatissement ; une autre à Taupo, est petite et ronde, avec un périoste très noir ; une autre qui est commune dans le Sud, longue, étroite, et dentelée au centre, avec un gros mollusque : mais le plus beau de toute la famille se trouve dans le lac Waïkari ; il a le periostraca d'un vert jaunâtre brillant ; sa forme est ovale, et il a trois pouces do long.

Fam. Pinnidœ. — Kokota (Pinna zelandica). Ce coquillage a près d'un pied de long ; uue partie de l'intérieur est couleur pourpre brillant. Il est extrêmement fragile, et rarement obtenu intact.

Fa^. Pectinidœ. — Piwarua, Kuakua : on mange cette espèce qui est la plus grande. Quelques-unes des petite*sont très belles. L^une est d'un jaune brillant; une autre d'un^ rouge également brillant .

Fam. Ostreidœ. — Tio (Ostrea)^ l'huître de roches : c'est l crête do coq, qui est identique à celle d'Australie. Si on 1

pfcod dans Tcm ^ CB nHâesBOos u ia subt ïmrw «Oc cxtrimcfliCDt bQOBife&, a ïoezi snptsUBin^. m, JTÏHiJLvt ût q[iii est géDénJkskBQî ^TDa» «r âou. Il arfnzr i^â iEm^.

Fam. Tt tub Ê Oim Siéat. — Ti^ gTEnog' léavâiruriLtf izutt se fronve dans te dècrcâi àe CciLdL. riH* 11112% ssnatt cLerArtÉuàm. Ttatrwm) et une plits peiri&, lÎM&f' çtened^rntuZs iimyMMiMfJu de eooleor ronge larTIhLTai. «xistEmi t^pL^Bnifiia ; âcs fsnjfCB de Indemiêre sont swrnesct ixéss^ &n msmcr jkiîsi es T^nae à rentre.

▼olnme eonsidénbile. et ^m s'en «sn ouz&SKr unsme ymas prendre le poisson.

FAJf. SpiruUiœ, — P^î .{Vemaa JmÊermnUmj tst 3ft idas recherchée comme àSsmem,

RADIATA [EchnÔL — Le Kiiam est Ivnf de xkt 'Oa «vflin. n y en a plusîenrs Tnri«$û: Timtt eauscirt izs icnot wOnase et est de forme anoniie : m» asîpe es: prasqne jBair, et nne troisième est de forme orale. TufoSeê ost -fle blés petites opines.

On rencontre frêqnemment snr la t£3>e it rifs, Mnheke. Qneliines échantillons Bomt très gnais et fa» beaox. Un petit nantile à c3o3si»i ahoside sot tMûesks côtes, de même qne plosienis Tariéies d*an LéHx 4e pourpre.

Le Rori, grand limaçon noir, abonde sur je» eôie» ses : Ton a un bouclier de tTGss pouces de lon^ et d^na poaee et demi de large, et Tauire n*en a pas : toius ]«£ denx servent de nourriture.

ANNULOSA. Cla5s. Myriapoda. — Hara (Sbolopoufra), Ce cent pieds est d'un vert jacne fontré, de §[mïâe taiDe et a fréquemment six pouces de long. Il est presque ansâ gros qne celui d*Âustralie, mais non aussi dangereux. Je n*ai ja* mais entendu dire que quelqu'un ait été mordu par Ini^ quoi* que j'aie vu plusieurs fois des enfants le manier.

Glass. Arachnida. — Punga-werewere, Pnavere sont les noms génériques des araignées de la Nouvelle-Zélande. J*ai remarqué qu^elles choisissent toujours leur habitation sur un

sol de même couleur qu'elles. On trouvera une araignée verte sur des feuilles, une brune sur Técorce des arbres.

Il y a plusieurs grandes espèces» mais une seule est venimeuse : on rappelle Eatipo. Elle est noire avec une croix rouge sur son dos; la morsure cause immédiatement de Tinflammation et beaucoup de douleur ; on la trouve généralement dans les touffes d*herbe près du bord de la mer.

On trouve un petit insecte sur le rivage, ressemblant beaucoup au scorpion sous tous les rapports, mais qui n*a pas de queue ; sa morsure n'est guère plus irritante que celle de la puce.

DiPTERA. — Namu {Simulium)^ 'petite mouche noire de sable, qui est très tourmentante Tété ; on s*en débarrasse du reste facilement.

Rango-pango, Patupaerehe (Sarcophaga^ Lœmica)^ la mouche bleue. Elle produit son petit vivant, et la femelle fait un bruit incessant jusqu*à ce qu'elle soit délivrée. Le mâle est plus petit et plus tranquille. J*ai vu une femelle, une fois tuée, dévorée par sa propre progéniture. Cette mouche est regardée comme un aitua^ ou présage de mort, et cela très naturellement, puisque c*est une mouche à viande, qui sent les personnes mortes dont Todeur devient fétide après quelque temps.

Kango-tua-maro est une grande mouche à viande à corps jaune : elle a les mêmes caractères que la précédente.

Il y a aussi une très belle et grande mouche des forêts, recouverte de grandes écailles; on la rencontre rarement. On doute qu'elle soit originaire de la Nouvelle-Zélande. Les mouches d'Angleterre et celles d'Australie y ont été introduites.

Le mosquito (Culex), Waewae-roa, est également très abondant et très désagréable. Les indigènes disent qu'il a été importé par les Européens.

HoMOPTERA. — L'un des plus grands insectes est le Weta, qu'on trouve dans les forêts, parmi le bois vermoulu. Il a de fbrtes jambes, avec lesquelles il saisit sa proie et la comprime dans ses jointures, en la blessant avec ses épines pointues ; il est cependant inofténsif.

n y a diverses variétés de sauterelles {Lociiêtidœ)^ Mawiti*» witi; quelques-unes sont très grosses ; Tune des plus grandes, Pakauroaroa, est de couleur vert brillant; il y en a aussi une petite noire.

CicADA« ZEAL. — H y a quatre variétés de Tarakihi, sauterelles, cigales. Ces enjoués et brillants insectes ne se font entendre que dans Tété. Il y en a une très belle, de couleur vert brillant, rayée de bandes argentées ; toutes ont trois points rouges sur le front disposés en forme de triangle, qui brillent comme de petits rubis.

Le Waïraka, Ro, {mantis) abonde également ; quelquesuns de ces intéressants insectes ont un volume considérable, et sont d'un vert brillant.

Urthoptera. — La Blatte {americana) a été importée; il y en a une espèce indigène qui ressemble tout à fait à celle d'Australie.

Le Kekeriru (cimex nemoralis) est un grand insecte noir, qui habite surtout les forêts, mais qu'on trouve dans les constructions en bois et eu Raupo. L'odeur de cet insecte est insupportable. On le trouve à l'Ile-de-France, où il est appelé kakerlac.

Neuroptera. — Kapokapowaï, Kgkewaï {Libella)^ grande mouche dragon; on la voit Tété en grand nombre sur le bord de la mer, probablement quand un essaim est entraîné ; elles tombent à la mer et sont jetées à la côte par le flot. Il y a aussi une petite mouche dragon bleue et rouge, semblable aux espèces anglaises.

Htmenoptera. — Pokorua et Popokorua (formica). Il y a une grande fourmi rouge, de môme qu'une petite; une g'rande espèce noire avec une autre extrêmement petite. On trouve également la fourmi blanche. Mais aucune de ces espèces n>8t assez abondante pour être nuisible. J'ai quelquefois rencontré la formica LeOy dans plusieurs localités ;elle est, je pense, identique à celle d'Australie et d'Europe.

Hbiiiptera. — Le Kiri-whenua est une punaise de jardin : on en trouve plusieurs variétés dans les bois et dans les fou* gfères.

Lbpidoptera. — Pepe : il y a peut-être vingt variétés de

papillons, mais si dispersés, qu'excepté un petit nombre d'espèces, on les voit raremenl : les plus rares se trouvent sur les montagnes; parmi les plus beaux papillons trouvés dans nie-Nord, nous citerons : Vanessa gonerilla; Vanessa itea ; cynthia cardui. Il est à remarquer que ce bel insecte est semblable à la Nouvelle-Zélande, en Australie et en Europe : on trouve sur chacun d'eux le même nombre de points. Le Polyommatus edna ressemble complètement à l'un de nos papillons européens.

On trouve dans TIle-du-Milieu un beau grand papillon, qui ressemble à la pourpre impériale. On voit aussi un argus bleu sur les hautes montagnes. On y rencontre encore deux sphynx teigne ; l'une très commune se trouve sur les feuilles du kumara {Convolvulus batatas). Il n'y a pas de papillon blanc à la Nouvelle-Zélande. Parmi les teignes, le plus beau est YHepialus rubroviridens^ qui a près de six pouces d'une extrémité d'une aile à Tautre. Une autre espèce plus petite d'Hepialus abonde dans les soirées d'été. UHepialus virescens est aussi une belle teigne ; de même que le Pari-koritaua. Le nyctemera se trouve également dans la Nouvelle- Galles du Sud.

OoLEOPTERA. — Lc Mumutaua cst un gros insecte trouvé sur les dunes de sable. Ses élytres sont remarquablement douces. Cet insecte est fréquemment attaqué par un fongus, qui finit par l'occuper tout entier.

Papa-papa, petit insecte brun, très commun lors des soirées d'été.

Mumu, gros insecte vert, qu'on trouve dans les forêts.

Kiri-wai-manuka, petit insecte vert, qui abonde pendant l'été parmi les arbres manuka (Leptospermum scopiarum). Il est rayé de vert et de rouge.

Kapapa (Prionoplus reticularis)^ grand cerambix dont le ver est très destructeur des fruits. Il y a plusieurs variétés fort belles de curculio. Le nemocephalus barbicornis bren^ tus a presque trois pouces de long. Leancistropterusquadri*' spinosus est un très bel insecte, de même que plusieurs autres de l'espèce scolopterus.

Kokopurangi {sanguisuga) petite sangsue d'eau douces

il 7 a aussi plusieurs sangsues de terre d*un vert rouge brillant; une autre couleur chocolat foncé, une autre blanche . Elles abondent dans tous les marais humides.

Aweto-hotete {Sphœria Robertsia), chenille jonc. — Cette singulière plante, propre à la Nouvelle-Zélande, peut être classée parmi les productions les plus remarquables du règne végétal.

Il y a des oiseaux qui s'emparent des nids des autres, et des animaux marins qui vont se fixer dans des coquilles abandonnées; mais cette plante fait plus, elle tue en prenant possession, et en faisant du corps d^un insecte la base du départ de sa tige. Cela forme certainement le plus surprenant chaînon entre le règne animal et le règne végétal, qu'on ait signalé jusqu'à présent. Â cause de cela, elle mérite qu'on en donne une description aussi circonstanciée que la connaissance imparfaite du sujet le permet.

L'Aweto se trouve surtout sur la racine du rata (metrosi^ diras robusta). La plante, dans tous les cas, remplit le corps de la cbcnillc, et dans les plus beaux échantillons, elle atteint la longueur de trois pouces et demi. La tige, qui germe de ce corps métamorphosé, a de six à dix pouces de haut ; son sommet, quand il est arrivé à l'état de fructification, ressemble à la tète en massue du jonc en miniature. Il n'y a pas de feuilles : une tige solitaire compose toute la plante. Si quelque accident la brise, une seconde s'élève du même point. Le corps est toujours trouvé enterré, ainsi que la plus grande partie de la tige ; dès que la plante a atteint sa maturité, elle meurt.

Ces curieuses plantes sont loin d'être rares. Quand elles Ht fraîches, elles ont Todeur d'une noix. Les indigènes les ^Dgent» et quelquefois s'en servent comme de matière coloi*s^iite pour leur tatouage; ils passent la poudre sur les piqû- T^ea, ce qui donne alors une forte odeur animale.

<)uand elle est fraîchement arrachée, la substance de la chenille est molle. Et si on la divise longitudinalement, on ^oit distinctement le canal intestinal. Plusieurs spécimens p04Bsèdcnt les jambes avec la partie cornue de la tête, les ^>^<AUdibules et la griffe. La végétation sort invariablement de

234 LES POLTNésIENS.

la partie postérieure du cou ; d*où l'on peut inférer que l' nsecte, en se glissant dans le lieu où il commence par s*6n* terrer avant sa métamorphose, rencontre, pendant qu*il cretise dans le sol végétal, quelques-unes des petites semences de ce fongus, entre les écailles de son cou. Dans son état de maladie, il ne peut se débarrasser de ces semences qui, ensuite, nourries par la chaleur et Thumidité du corps gisant alors sans mouvement, végètent et empêchent non seulement rinsecte de se transformer en chrysalide, mais occasionnent sa mort. Que cette végétation commence ainsi du* rant la vie de l'insecte, cela paraît démontré par le fait que la chenille conserve toujours sa forme. Jamais sa décomposition ne paraissait avoir commencé, ou la peau avoir pris plus de volume ou s'être rétrécie.

Une plante de même espèce nous a été présentée en 1837 par M. John Allan, qui Tavait découverte, poussant en aboDdance sur les bords du Murrumbidgee, dans un riche sol d*alluvion. L'insecte, dans quelques spécimens, avait six pouces de long, et la plante à peu près la même longueur, s'élevant comme celle de la Nouvelle-Zélande de la partie postérieure du col. Par la forme, cette plante diffère tout à fait de l'autre, sa tige étant mince, couronnée au sommet par une frange, qui, lorsqu'elle est ouverte, prend l'apparence d'une fleur brune sur la surface du sol, le reste étant sous terre : ce sommet est comme du velours brun.

Plusieurs autres ont été trouvées dans la même localité* Je l'ai envoyée à sir W. Hooker, qui l'a nommée Sphœri^ Taylori.

J'ai aussi rencontré un grand insecte, le Mumutaua, abat^* dant parmi les collines de sable, non loin de la mer, qui pr^' sente fréquemment ce changement en végétal. Le corps e^^ complètement rempli par cette substance ressemblant à d^ la noix ; mais, dans aucun cas, je n'ai remarqué que quelqt^^ plante s'en élevât.

Une semblable chenille a été trouvée à Taranaki ; elle transforme en substance végétale, mais sans le jonc. On a déterré un grand nombre dans le jardin de J. Wickstee^^ esq., à New-Plymouth.

On m'apporta un échantillon de Baolerelle9.qne j'appdai Stfhigria Basilic du nom de son déconvreur: elle avait aussi subi ce changement et portait une plante parfEute,* croissant de son cou, et très ressemblante au petit champignon blanc qu*on trouve sur le bois pourri.

Des insectes, ayant une végétation de semblable espèce, ont été découverts dans d'autres parties du globe ; probable» ment quand la flore de chaque contrée sera examinée avec plus de soin, on trouvera qu'il en existe dans beaucoup d'entre elles.

Dans son histoire de la Dominica. Attwood, fait le récit suivant d'une mouche végétante trouvée dans cette Ile : t Elle a Tapparence et le volume d'un petit hanneton, et elle s'enterre elle-même dans le sol, où elle meurt. De son corps il sort une petite plante, qui ressemble à un jeune caféier, excepté que ses feuilles sont plus petites. Le peuple la considère comme un véritable caféier, mais si on l'examine de plus près, la différence est facile à établir. La tête, le corps, et les pieds de l'insecte se montrent à la racine aussi bien conservés que s'ils étaient vivants. >

Dans les American philosophical transactions, le révérend Nicholas GoUins décrit un certain zoophyte du comté de rOhio, quUl déclare être à la fois végétal et animal.

Une petite chenille végétative se rencontre également en Angleterre, le Sphœria entomorhiza. Les Chinois ont aussi une plante semblable {Sphœria sinensis), appelée par eux hea isaou tungehung, ou l'iusecte végétant de l'été et de l'hiver. Il y a à Van Diemen's Land, une chenille végétante (Sphœ^ ria Gunnii) ; elle ressemble quelquefois à celle de la Nouvelle-Zélande, de laquelle elle diffère surtout en ce que sa tige est plus petite que l'insecte d'où elle sort.

Plusieurs espèces de teignes, aussi bien anglaises qu'étrangères, particulièrement du Brésil, se sont également trouvées attaquées, de même qu^un curculio de Saint-Vincent.

Dans l'association de Bristol pour l'avancement des sciences, en août 1836, M. J. B. Yates, esq., a lu une note sur la végétation de la guêpe dans les Indes orientales, dans laquelle l'auteur émet l'opinion que la végétation avait com-

mencé pendant la vie de Tinsecte; et certainement l'es attentif de ces chenilles est en faveur de cette hypothèi cela est, c^est une preuve d*un pas rétrograde de la ni puisque Tinsecte, au lieu de s*élever à Tordre le plus du papillon et de prendre Tessor vers les cieux, s*abaii une plante et reste attaché au sol dans lequel il s^es môme enterré .

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