POLYNÉSIEN NOUVELLE - ZÉLANDE
Amitié
Niango
Fakatia
Hoa, taua
Arc
Tcliare
Houta
Kopéré
Boire
Kounoua
Minou
Inu
Bois
Miti
Miri
Kari
Bon
Guéma
Maheva
P aï
Bras
Moukouo
Tanga
Ringa-ringa
Chaud
A ri
Mafana
Mahana
Chauve-
Dema
Fanihi
Pekapeka
souris
Chemin
Djia
Lala
Ara
Chien
Boua
Fandoka
Kuri
Coco
Nafi
Vaniou
Niu (Polynésie)
Dent
Meno
Hihi
Niho
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Magi
Mahetaka,Ranou
Waï :
Femme
Manauke
Ambifafi
Wahine
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Moto
Mahamahi, Afou
Ahi
Homme
Mouenamoume
Laïlaï
Tangata
Langue
Ouloumi
Léla
Arero, reo
Maté
Mort
Koufa
Male
Nez
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Oiseau
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Ongle
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Kofou
Hohou
Kuku
Baba
Baba
Ba, Bapa,Matua-tane
Petit
Dogo
Keli
Peu
Kidogo
Kelikeli
Ruarua, Torutoru
Pierre
Djioué
Vatou
Kohatu
Pirogue
Graloua
Laka
Waka
Pluie
Voua
Malé
Ua, awha
Terre
Intchi
Tani
Henua
Village
Moudgi
Tana
Kainga, Pa
S Yeux
Madchou
Massou
Kanohi, Karu
Amérique. — C’est surtout en Amérique que M. d’Eichthal a trouvé des faits indiquant une communication entre la Polynésie et le continent américain. Comme lui, nous croyons que les rapprochements cités sont incontestables ; ils prouvent que des rapports ont du exister entre les deux contrées à une époque reculée; mais, comme il a cru trouver en
même temps des ressemblances linguistiques qu’on n’admet pas généralement, et qu’il s’est particulièrement appuyé pour soutenir son opinion sur les rapprochements un peu forcés d’Ellis et sur une affinité plus qu’incertaine entrevue par Guillaume de Humboldt, nous croyons devoir entrer à ce sujet dans d’assez longs développements.
On sait, dit-il (1), que plusieurs auteurs ont admis l’existence d’anciens rapports entre la Polynésie et l’Amérique ; il y en a même, comme on l’a vu, qui font peupler les îles polynésiennes par l’Amérique, tel que Zuniga ; d’autres qui font peupler l’Amérique par les îles polynésiennes, tel que Dunmore Lang. Mais c’est a Ellis surtout que M. d’Eichthal demande des témoignages, sans paraître avoir remarqué qu’on trouve dans cet écrivain à peu près tous ceux qu’on lui demande, comme nous croyons l’avoir démontré ailleurs.
Ellis, en effet, dit qu’il y a des points nombreux de ressemblance, sous le rapport des langues, des mœurs, des coutumes, entre les insulaires de la mer du Sud et les habitants des îles Kouriles et des îles Aléoutiennes, dont la chaîne s’étend dans la direction du détroit de Behring et forme le lien qui unit l’ancien et le nouveau monde. Il ajoute que les mêmes ressemblances existent entre les Polynésiens et les habitants du Mexique et de certaines parties de l’Amérique du Sud.
D’après lui, ces ressemblances consistent dans les caractères du visage ; la couleur de la peau ; la pratique du tatouage, qui se retrouve chez les Aléoutiens et quelques-unes des tribus d’Amérique ; les procédés pour embaumer les corps morts des chefs et l’usage de les exposer ; la forme et la structure des masses pyramidales de pierres qui servent de temples et de tombeaux; le jeu des échecs qui se retrouve chez les Araucaniens ; le nom de Dieu, Tew ou Ter ; l’exposition des enfants ; l’usage des plumes pour la coiffure; le nombre des mots semblables que renferment quelques langues américaines et celles de Tahiti ; l’usage enfin de certains vêtements, et notamment du poncho.
Il ajoute même que la légende de l’origine des Incas n’est
(I) Sixième étude.
pas sans ressemblance avec celle de l’origine de Tii qui était, lui aussi, descendu du ciel (1).
Pour M. d’Eichthal, toutes ces analogies sont loin d’être fondées, et on a vu ailleurs ce que nous en pensons; mais cela ne l’empêche pas de reconnaître que quelques-unes sont incontestables, notamment celles qui sont relatives à la couleur de la peau, au mode de sépulture, aux constructions pyramidales ; il confirme en outre ce que dit Ellis au sujet des affinités polynésiennes qui se rencontrent chez les populations voisines du détroit de Behring.
C’est ainsi, dit-il, qu’on trouve, dans le vocabulaire de la langue kourile (2) les mots ape, feu, etidou, nez, qui sont des mots polynésiens ou plus exactement malaisiens ; les mots fouri , foukourou , rouge, pa, tête, vaka , vaeha, eau, rappellent les mots owra, koura, rouge ; oupo, oupoho , tête, vaï , eau, de la Polynésie orientale. Une autre ressemblance encore plus frappante et plus significative, ajoute-t-il, « est l’existence parmi ces populations de la coutume essentiellement polynésienne qui consiste à donner le salut par le frottement du nez contre le nez. Choris, qui accompagnait le capitaine Kotzebüe dans son voyage d’exploration de la mer du Sud, raconte que plusieurs habitants de l’île Saint- Laurent, à l’entrée du détroit de Behring, étant montés à bord, voulurent employer à leur égard ce mode de salutation » (3).
Toutefois, tout en confirmant ce que dit Ellis, lorsqu’il affirme que différentes langues américaines contiennent un certain nombre de mots communs à la langue de Tahiti, M. d’Eichthal fait lui-même remarquer que cet observateur a omis de donner aucune preuve à l’appui de cette assertion et qu’il est impossible de savoir sur quoi elle est fondée (4).
Nous l’avons dit ailleurs, cette assertion n’était fondée que sur les rapprochements pour ainsi dire sans valeur de Zuniga.
(1) Ouvr. cité, t. I, p. 119.
(2) Inséré dans l 'Asie polyglotte de Klaproth.
(3) Choris, Voyage autour du monde , p. 5.
(4) Sixième étude, p. 230.
Il est vrai que Guillaume de Humboldt, dans son ouvrage sur la langue kawi, trouvait qu’il y avait quelque affinité entre les langues de l’Amérique et celles de la Polynésie. « Il existe, dit-il. entre ces deux groupes de langues, certains traits remarquables de ressemblance. * Pour en indiquer un exemple frappant, il citait la double forme de la première personne du pluriel, indiquant que la personne à qui on s’adresse est comprise dans le « nous » ou bien en est exclue, comme étant rencontrée dans un grand nombre de langues américaines, où on l’avait même considérée jusquelà comme un caractère spécial; quoique ce caractère se rencontre dans la plupart des langues malaise, philippinoise et polynésienne. « Dans les dernières, disait-il, il s’étend même au duel, et telle y est d’ailleurs sa forme particulière que, si nous pouvions nous guider uniquement par des considérations logiques, il faudrait regarder ces langues comme étant le berceau et la véritable patrie de cette forme grammaticale. Hors de la mer du Sud et de l’Amérique, je ne la connais pas ailleurs que chez les Mantchoux (1).
Mais ce n’en est pas moins avec raison que M. d’Eichthal s’est refusé à regarder ces analogies comme décisives en faveur d’une communauté d’origine ou de civilisation ; elles prouvent seulement que des contacts se sont opérés entre les Polynésiens et les peuples cités. Tel était l’avis de Marsden, qui disait lui même (2) : « On a vainement tenté de trouver l’origine des dialectes polynésiens dans un des continents voisins : leurs mots presque tous dissyllabiques sont entièrement sans rapport avec les monosyllabes de l’Asie orientale; bien qu’on puisse reconnaître quelque ressemblance dans le système grammatical. »
Déjà, avant lui, Forster, en 47 mots pris dans divers dialectes polynésiens et dans la langue du Chile, du Pérou et du Mexique, n’avait trouvé aucune correspondance, et il avait conclu à leur différence.
Moërenlicüt (3j a soutenu la même opinion ; c’était égale-
(1) Tome III, p . 429.
(2) Mélanges, p. 5.
(3) O u v l‘ . cité, t. II, p. 2i7.
ment celle de d’Urville, qui disait (1) : « Nous n’avons pu trouver aucun rapport satisfaisant entre le grand-polynésien et aucune des langues des deux continents voisins ; pas une de celles de l’Amérique n’offre le moindre point de contact avec le polynésien. »
Telle était donc l’opinion généralement adoptée par les hommes les plus compétents d’après les faits connus, quand M. d’Eichthal est venu ajouter à ces faits quelques coïncidences vraiment remarquables entre le polynésien et quelques langues de l’Amérique, particulièrement la langue caraïbe ; coïncidences qui, à notre avis comme au sien, ne prouvent d’ailleurs rien de plus que l’existence d’anciens rapports entre la Polynésie et l’Amérique.
Pour M. d’Eichthal, les principales analogies paraissant prouver ces rapports sont :
La ressemblance dans les modes de sépulture ;
Celle dans le mode de fabrication des étoffes ;
Celle des constructions pyramidales ;
Enfin les ressemblances linguistiques qu’il a découvertes.
En raison de l’intérêt que présentent ces analogies, nous nous arrêterons un instant à chacune d’elles.
La première similitude, citée par M. d’Eichthal et qu’il dit avoir été démontrée pa;r Vail, est que les Indiens de l'Amérique du Nord plaçaient les cadavres assis dans une fosse ou dans des cavernes, ou un sol salpêtré.* On sait, dit-il, que, dans la provincedeMapimi au Mexique, les cadavres étaient rangés par couches dans une grotte, le corps doublé sur lui-même et ramené à force de ligatures â la position d’un enfant dans le sein de sa mère. » D’après Rochefort, les Caraïbes pliaient les jambes des cadavres contre les cuisses, les coudes entre les jambes, et appuyaient le visage sur les mains; de sorte que tout le corps était à peu près dans la même position que l’enfant a dans le ventre de la mère. Au fond de la fosse, ils mettaient un petit siège sur lequel on asseyait le corps, lui laissant la même posture qu’ils lui avaient donné incontinent après' la mort ; d’après d’Orbi-
(1) Philologie, p. 298.
LES POYNÉSIENS.
gny, à la mort d’un Quichua, on reployait les membres dans l’attitude d’un homme assis : « On enterre, dit ce voyageur, les jambes reployées, les genoux appuyés sur la poitrine, les bras croisés de manière à ce que le corps se trouve exactement au tombeau dans la position qu’il occupait au sein de sa mère avant la naissance.»
L’anglais Sheldom, qui avait fait la même observation, expliquait autrement cette position : d’après lui, le corps était accroupi comme ils ont coutume de s’accroupir autour du feu ou de la table, avec les coudes sur les genoux, et les paumes des mains sur les joues.
Cette coutume existait aussi, d’après le voyageur Stephens, chez les nations qui avaient construit les anciennes villes du Yucatan; on l’avait retrouvée également chez les Chichimèques qui avaient conquis le Mexique sur les Toi < tèques.
Enfin, ajoute M. d’EichthaL cette similitude existait dans l’Amérique entière.
Or, cette coutume a été retrouvée à Tahiti (1) : là, du moins, les mains étaient attachées sur les genoux ou sur les jambes, et le corps était descendu incliné dans une fosse peu profonde. Mais, si l’analogie dans ce lieu est assez grande, ce que M. d’Eichthal cite lui-même de Moërenliotit prouve qu’aux îles Mangareva, au lieu d’être accroupis et d’avoir les mains liées au-dessus des genoux, le corps était couché, les jambes étendues et les bras collés de chaque côté sur les flancs (2). On sait, du reste, que quelques peuplades de l’Afrique ensevelissent leurs morts toujours accroupis, et Clapperton nous apprend que cette position est employée à Katunga, capitale du Yarriba. Mais il serait trop long d’indiquer les variétés dépositions données aux cadavres suivant les lieux.
Pour nous, qui n’avons vu que la Polynésie, nous dirons que si l’on trouve en Polynésie et en Amérique la même espèce de fosse sépulcrale, et peut-être les mêmes procédés
(1) Voy. Moërenhoüt, t. I, p. 553 à 556.
(2) Voir notre Voyage dans les îles Mangareva .
de dessiccation, ce dont nous doutons, il n’est pas moins certain que l’attitude donnée au corps n’est pas complètement la même, puisqu’il est accroupi à Tahiti, et étendu aux Mangaréva ; et nous croyons pouvoir assurer que le système d’enveloppes diffère lui-même à peu près complètement.
Ce sont, toutefois, ces ressemblances qui, dès 1817, nous apprend M. d’Eichthal, avaient porté le docteur Mitchell, delà Société des antiquaires de l’Amérique, à soutenir, dans un mémoire, que la race des anciens habitants de l’Amérique du Nord, aujourd’hui disparus, n’était autre que la race polynésienne qu’il appelait, suivant la langue du temps, « race malaise ». Mais nous sommes de l’avis de M. Mac. Culloch, (1) nous ne pensons pas que de pareilles comparaisons soient bien démonstratives.
Ce qui serait plus concluant, ce serait d’avoir des crânes comparés, et particulièrement ceux des Alleghanis qu’on a supposés être cette race polynésienne, et dont on croit avoir trouvé des traces en Amérique.
En attendant, si le fait est bien réel, il n’est pas moins remarquable qu’on ait retrouvé au Mexique les mêmes étoffespapier, qui étaient employées autrefois dans toutes les îles polynésiennes, et qui sont fabriquées encore dans un grand nombre, sinon dans la plupart.
A cette similitude incontestable, on peut ajouter le fait curieux rapporté par M. de Castelnau, de l’absence dans les tumulus érigés surtout par les anciens habitants d’Amérique, des têtes de tous les corps. C’est en effet ce qui a Jieu aussi en Polynésie, aux Marquises et dans les îles de la Société, particulièrement à Tahiti autrefois. Les crânes étaient conservés dans les Maraë ou dans la maison, et, après un certain temps, les corps étaient jetés dans les Anaa ou cavernes destinées à les recevoir, ou dans des précipices profonds comme aux Marquises.
Mais, nous le répéterons, il s’en faut que les momies polynésiennes offrent une analogie remarquable avec les mo-
(l) Mac Culloch, Recherches philosophiques.
mies d’Egypte. D’abord, elles sont accroupies dans plusieurs îles ; mais même celles qui sont droites, comme en Egypte, ne sont pas entourées de bandelettes ; après avoir vu les unes et les autres , nous sommes presque certain qu’il n’y a aucune ressemblance entre des procédés d’embaumement des deux contrées, quoi qu’en ait dit Moërenhoüt. Nous avons rapporté ailleurs comment on dessèche le corps (1). Plusieurs mois sont nécessaires, et, en cela seulement, la préparation ressemblait à la troisième méthode dont parle Hérodote pour les Egyptiens.
En résumé, de même que M. d’Eiclithal, nous regardons ces faits, ainsi que beaucoup d’autres que nous avons signalés ailleurs, comme prouvant l’existence d’anciens rapports entre les Polynésiens et l’Amérique, mais seulement des rapports et non une communauté d’origine ou de civilisation, comme quelques écrivains l’ont cru. Ces faits prouvent euxmêmes, à notre avis, que les relations n’ont été ni intimes, ni même fréquentes. On ne peut même les concevoir qu’en admettant, contrairement à l’opinion de Moërenhoüt, que les Polynésiens ont été entraînés par des coups de vents dans les continents d’Asie et d’Amérique sur leurs propres pirogues qui, loin d’être frêles, comme on l’a dit, étaient capables de faire de longues courses et étaient dirigées par le peuple le plus navigateur qui ait existé. Mais, encore une fois, cela n’indique pas que les Américains et les Polynésiens aient la même origine. 11 est certain, d’après tout ce que nous avons dit, que les uns et les autres forment une race spéciale.
La similitude la plus curieuse est celle que M. d’Eichthal a trouvée dans l’identité d’un certain nombre de mots polynésiens et caraïbes. On sait que d’Orbigny n’a vu dans les Caraïbes qu’une branche de la grande famille Guarani, tant ils lui ressemblent par les caractères physiques et par l’organisation sociale ; et, malgré la différence complète de la plus grande partie des racines de leur langue, le savant ethnologue a cherché à le démontrer à l’aide d’un certain
(I) Voir le procédé que nous avons décrit de visu pour la conservation d’un chef des îles Marquises.
nombre de mots similaires rencontrés par lui dans les langues caraïbe et polynésienne.
Il a extrait ces mots des Dictionnaires de Breton, de Rochefort, et du Dictionnaire Galibi de M. de la Sauvage, Nous les citons, quoiqu’ils soient mal orthographiés, et nous plaçons en regard les véritables mots polynésiens usités à la Nouvelle-Zélande.