‹ Les populations primitivesChapitre 2 sur 150 · QUAI VOLTAIRE · texte numérisé non relu

QUAI VOLTAIRE

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fat entrepris y en interprétant les documents archéologiques , de déterminer l'évolution des peuples qui ont occupé l'Europe aux époques antéhistoriques.

A cet effets fai essayé de démontrer les propositions suivantes :

1° Les textes mettent en évidence les mouvements effectués en tout temps à la surface du globe par les sociétés humaines. Ces déplacements sont la conséquence dune loi providentielle qui s'est imposée également aux peuplades primilives dont les archéologues ont retrouvé les vestiges.

2° Les traditions signalent la fidélité scrupuleuse des antiques populations aux coutumes de leurs ancêtres^ ainsi que la 2^ermanence et l'invariabilité des rites funéraires. Ces derniers^ faciles à distinguer dans les nécroj)oles explorées, constituent un caractère ethnique, pei^mettanl de reconnaître les contrées qu'ont envahies jadis des tribus unies entre elles par des

croyances identiques^ et se 7*attachant sans doute à une origine commune.

3° Les résultats des fouilles a^^chéologiques montrent (existence d'un grand nombre de sépultures qui peuvent se grouper en trois classes : sépultures mégalithiques, sépultures à incinération et sépultures à inhumation. En inscrivant sur une carte géographique les emplacements des néc7'opoles où se manifeste chacun de ces trois rites et en les réunissant par des traits continus, on trace les trajectoires de migration de trois grandes sociétés primitives,

¥ L'étude, au point de vue physique et au point de vue géologique, des territoires parcourus par ces trajectoires fait connaître fétat social des populations qui les ont décrites. Cest ainsi que les constructeurs de dolmens nous apparaissent adonnés surtout à la vie past07'ale et à fart de la navigation, les adeptes du rite de l'incinération à l'agriculture et à l'industrie, les partisans de l'inhumation au commerce et à la guerre.

5° Les points de rencontre des migrations fixent les lieux où se sont produites les fusions des tribus d'origine différentey qui ont donné naissance à des groupements nouveaux d'où sont sorties les nations dont l'histoire nous raconte les révolutions.

6° L'examen des mobiliers funéraires., s' ajoutant aux notions déjà acquises par les discussions précédentes, permet de supposer avec quelque probabilité, quels fu-

rent, dans une région donnée^ les premiers possesseurs du sol et les résultats des invasions successives.

L^ observation^ qui consiste à étudier les phénomènes tels qu'ils se présentent naturellement et avec toute leur complication^ conduit difficilement^ je le sais, à la connaissance des lois qui régissent ces phénomènes. Cependant il m'a semblé que, dans le cas de mes recherches spéciales y les suppositions^ imposées par la méthode simple que fai adoptée, étaient admissibles. V accord, qui existe entre les conséquences déduites de modes d'examen très variés : rites et mobiliers funéraires, nature des terrains parcourus, etc., peut inspirer quelque confiance dans les conclusions formulées.

Sans doute, les faits, sur lesquels sont fondées nos hypothèses, sont nombreux ; mais nous n'avons pu citer tous ceux qui ont déjà été recueillis par les archéologues. Un grand nombre de fouilles exécutées ont échappé au dénombrement que nous avons tenté; un plus grand nombre encore restent à faire Assurément, la connaissance de ces derniers pourra apporter des modifications à nos déductions, mais probablement des modifications de détail. Elle permettra peut-être aussi de subdiviser les trois grands peuples, que nous avons distingués, en gi^oupes caractérisés'chacun par des coutumes spéciales révélées par certaines cérémonies accessoires des funérailles.

Déplus, dans le cours de mon travail, fai été conduit à poser quelques problèmes, dont la solution cons-

tituerait un progrès dans les sciences archéologiques ^ mais qui peuvent encore donner lieu à de nouvelles discussions.

Pour ces divers motifs, la thèse, que fai développée dans les pages qui suivent, doit être considérée seulement comme un premier essai de synthèse.

Morizécourt (Vosges), octobre 1897.

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