Diodore. Bibl. hisL, V
POPULATIONS MÉGALITUIQUES 43
obligés de quitter leur pays pour céder la place à de nouveaux immigrants, ils suivent les crêtes des Apennins et atteignent les provinces méridionales de la péninsule italique par terre, ne se décidant à passer le détroit sur des radeaux qu'à la dernière extrémité. Ils envahissent, sous le nom de Sicules, la Sicile occupée par les Ibères (Sicaniens).
Tels étaient les Liguriens, )^crjplé des montagnes des Alpes, qui s'étaient étendus aussi vers Toccident où ils avaient rencontré les Celtes.
Cependant les anciens appelaient du même nom des populations riveraines de la Méditerranée et qui avaient un autre genre de vie. Celles-ci n'étaient pas adonnées à la chasse, mais probablement à la pêche, certainement à la navigation. Diodore dit que ces Liguriens se livraient au commerce et qu'ils s'exposaient hardiment aux plus grands périls en naviguant dans les mers de la Sardaigne et de la Libye; embarqués sur de frêles esquifs et avec de bien faibles provisions, ils bravaient les plus terribles tempêtes.
Nous retrouvons dans ce tableau des mœurs de ces Ligyes les traits qui distinguaient les Ibères. Si, de plus, nous tenons compte que, sur le littoral du golfe de Gênes et jusqu'à la frontière de l'Étrurie, on rencontre les restes des monuments mégalithiques élevés par les anciens habitants de cette région maritime, nous serons portés à croire que l'on attribuait le nom de Ligures à des populations imprégnées du sang ibérien, ayant conservé le culte des morts du peuple des dolmens.
Quant aux Ligures primitifs, ne seraient-i4s pas les descendants des populations lacustres, qui auraient trouvé, dans leur groupement en villages construits sur les lacs alpins, l'occasion de s'associer et acquis ainsi une certaine solidarité, origine de leur constitution sociale? Grâce à la
nationalité ainsi fondée, ils auraient pu résister aux attaques des Ibères et ne pas se confondre complètement avec eux, quels qu'aient été les résultats de leurs premières luttes.
3. Les documents historiques nous apprennent encore que les Ibères espagnols S ainsi que les habitants des îles Cassitérides ^, étaient habillés de noir.
Cette coutume doit être rapprochée de celle des Mélanchlœnes ', appelés de ce nom à cause des vêtements noirs qu'ils portaient habituellement. Ces tribus, rencontrées par Darius à la poursuite des Scythes, s'étaient en partie retirées vers le nord dans une contrée couverte de lacs. En tenant compte de ce témoignage d'Hérodote et de ce fait que les Esthoniens ou Tchoudes, qui occupent les abords du golfe de Riga et du golfe de Finlande, portent encore aujourd'hui de préférence des manteaux et des vêtements noirs, on sera conduit à admettre l'hypothèse que ces Tchoudes peuvent être les représentants actuels de l'antique race touranienne des Mélanchlœnes *.
Du reste, les anciens textes prouvent que ce peupla a fait de nombreuses migrations : « Nous en trouvons des traces du Caucase jusqu'au golfe de Finlande, dit M. de Ujfalvy ^. » Pline • nous montre ce peuple établi sur les bords orientaux du Pont-Euxin, près de Dioscurias.
Pomponius Mêla les place tout près de la Colchide '; dans le périple de Scylax, on les retrouve au nord de la Colchide; dans Ptolémée, près de l'embouchure du Volga ^; dans les