ANTINOÉ
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SOIERIES SASSA1JIDES
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elle se compose de bandes d'inscriptions, en beaux caractères polychromes, pris dans un réseau d'arabesques fleuries, de nuances assorties, rappelant les tètes de pages des Korans. « Les coiffures sont variées, retombant le plus souvent sur le dos jusqu'à la taille. Il y a
le bonnet rectangulaire plus long que large. » « La couture du plus long côté ne règne pas sur toute la longueur, en sorte que les pans retombent flottants, de même dans la coiffure encore en usage aujourd'hui au .Maroc ou en Tunisie. »
Quant à la robe de ville, « ce n'est plus le vêtement fait de deux lais d'étoffe cousus ensemble, tombant rectangulairement de la tète aux pieds. La coupe est évasée, la jupe prend l'ampleur qui. par le même procédé, a été donnée à la chemise; les manches acquièrent une largeur considérable, elles s'adaptent de l'épaule à la hanche : une ceinture serre toujours celte robe à la taille ». Outre la robe en soie, « quelquefois on passeune petite veste toute droite, de soie rayée à larges manches ».
Sur ce vêtement on drape un châle, ample pièce d'étoffe de laine blanche rayée de bleu sur le bord, longue d'environ 8 mètres. « L'ampleur, comme aujourd'hui, est telle que sous les plis disparaissent les formes. »
« Les soieries employées à la confection des robes sont quelquefois unies et de nuances variées : rouge carminé, vert-émeraude ou jaune d'or. Le plus souvent pourtant, elles sont à rayures de Ions tranchants dans lesquelles les motifs géométriques s'assemblent.
« La gamme de ces Ions est fort douce et s'harmonise en demi-teintes soutenues de quelques rehauts.
« Les costumes des entants sont identiques à ceux de leurs parents; ce ne sont pas des entants, mais- de petits hommes et de petites femmes; mode qui, du reste, persiste encore à présent », etc.
Toute personne ayant un peu parcouru l'Orient reconnaîtra que nous sommes en présence d'un cimetière turc. Si l'on ajoute que parmi ces étoffes on a trouvé des morceaux de velours de Gênes que M. Gayet date du xvne siècle, on admettra que les découvertes d'Assiout, très intéressantes d'ailleurs, ne nous aident pas à étudier les trouvailles d'Antinoé.
C'est durant celte fructueuse campagne de fouilles que M. Gayet trouva à Antinoé une peinture à la cire sur panneau de bois signée : Pachôme et représentant deux portraits d'homme, deux frères sans doute.
Cette œuvre remarquable a été retenue par le Musée du Caire. Les costumes à l'antique, le manteau d'un personnage retenu sur l'épaule par une fibule, Horus et Anubis figurés sur le fond nous désignent des Isiaques de l'époque romaine.
Mais le nom du peintre, le swastica brodé sur le bras indiquent des chrétiens. Nous aurons souvent ces incertitudes de détermination.