Chiffres empruntés à M. Muzet, op. cit
« Le vieux port, » ou port douanier, est le moins grand et le moins bien aménagé. Ses écluses ont une largeur de 11 mètres seulement, et la profondeur du radier pendant la moyenne des hautes eaux n’est que de 5 m. 86.
« Le nouveau port », hors douane, possède des écluses larges de 22 mètres ; la profondeur du radier est de 7 m. 61. Etabli au moment où la franchise fut accordée à Brême, l’armateur y trouve toutes les commodités et tous les perfectionnements.
Enfin, tout récemment, vient d’être ouvert «le port de l’empereur », également hors douane. Les écluses ont une largeur de 28 mètres et la profondeur du radier y est de 10 m. 55.
« Lors de l’incorporation de Brême au Zollverien, en 1888, son bassin « hors douane » (nouveau port) avait recu l'appellation de Freibezirk. Craignant, malgré les stipulations faites à cette époque, qu'un jour ou l’autre, l'administration impériale n’eût la pensée d'appliquer à Brème, l'interprétation stricte que comporte ce terme (zône franche avec défense de fabrication et avec obligalion de tenir certains registres sur le mouvement des marchandises), les autorités brèmoises, à l’occasion de la création d’un deuxième bassin actuellement en construction (le port de l’empereur), ont obtenu du Conseil Fédéral à la date du 17 avril 1902, que le terme officiel de Freibezirk serait supprimé et remplacé par celui de « Zollausschlussgebiet » assurant l'entière liberté du mouvement des marchandises. Tout en consacrant cette liberté, l'ordonnance du Conseil Fédéral déclare expressément à cette occasion toutefois :
= en
1° Qu'il ne pourra exister dans le « Zollausschlussgebiet » de Brême, aucun débit vendant au détail ;
2° Qu'il ne pourra y exister que des habitations d’employés de l'Etat ou de personnes dont la présence dans l « exclusion douanière » est nécessitée par les exigences du service ;
3° Qu'il ne sera toléré dans son enceinte aucune entreprise industrielle privée, sauf en ce qui concerne l'équipement et la réparation des navires.
Pour le reste, le « Zollausschlussgebiet » est considéré comme « Ausland », pays étranger » (1).
Telle est la situation actuelle de Brême au point de vue de la douane.
Des grilles entourent ce « Zollausschlussgebiete » qu'en France nous appelons improprement le & port franc de Brême ».
Comme à Hamboug, une société est concessionnaire : c’est la Bremer-Lagerhaus-Gesellschft soumise à un règlement de 1888, modifié le 1* juillet 1894. Il n’y a pas d’ « administration des quais ». La Société fermière désigne elle-même aux navires leurs emplacements. Le capitaine lui remet son manifeste, et aussitôt la Société veille à ce que le déchargement, comme aussi plus tard le chargement, soient effectués dans les plus brefs délais.
« Le chargement et le déchargement des marchandises sont opérés en règle générale, au moyen de grues et appareiis élévatoires.... Dans la mesure du possible,
1. Renseignements dus à l’obligeance de M. le Consul de France à Brême ; lettre du 22 décembre 1902.
ne, ve
la Société place un appareil élévatoire et le personnel nécessaire à la manœuvre devant chaque écoutille du navire. Le capitaine doit faire diligence, de façon à ce que les opérations, effectuées à même le quai, ne subissent aucun temps d'arrêt » (1). La grande préoccupation est d'aller vite ; les marchandises sont à quai: elles vont être déposées, soit dans les magasins de la Société, soil sur les emplacements loués par elle aux commerçants pour l’entreposage. De nombreuses voies ferrées, parallèles aux quais, faciliteront encore la manutention des marchandises ; elle se fera ainsi rapidement et sans grands frais.
À part les chantiers de réparations de navires, 1l n°y a pas à Brême d'établissements industriels. On ne peut fabriquer dans un «Zollausschlussgebiet », mais on peut y manipuler en toute liberté. Le mélange des vins s’y fait, paraît-1l, sur une assez grande échelle, et chaque année, nous dit M. Muzet, « 25.000 hectolitres de vins français mélangés avec 75.000 hectolitres de vins portugais y produisent 100.000 hectolitres de vins français, généralement appelés Bordeaux ».
Dans un magasin, on nettoie, on trie et on colore le café ; les paquets y sont divisés et mélangés ; mais, le grand avantage de celte exclusion douanière est surtout de permettre aux navires d'entrer et de sortir du port
sans formalités. Les manipulations n’y ont en effet que
1. Règlement d'exploitation de la Société des entrepôts du port de Brême, entré en vigueur le 15 août 1894 à la place du règlement de 1888, art. 22,