AMSTERDAM. J. H.. DE BUSSY
Qui de nous ignore que la Néerlande, outre un empire colonial dans l'Asie, a encore des possessions en Amérique? Et pareillement, que ses possessions coloniales dans le Nouveau Monde, originairement d'une plus grande étendue, ont considérablement diminué dans le cours du temps? Quand, par la paix avec le Portugal conclue à ja Haye en 1661, Ze Brésil, par la paix avec l'Angleterre conclue à
Bréda en 1667, la Nouvelle Néerlande, furent à jamais perdus pour
la Néerlande, les possessions de la République en Amérique se trouvèrent réduites à une partie de la Guyane et à quelques-unes des petites îles des Indes-Occidentales. Après le traité conclu en 1814 avec l'Angleterre, elles subirent une nouvelle diminution par la cession à l'Angleterre de la plus grosse moitié de la Guyane néerlandaise, c'est-à-dire des établissements situés sur les rivières de la Berbice, de la Démérara et de l'Essequebo, qui forment à présent la Guyane britannique. Ce qui nous resta forme deux Gouvernements, celui de Surinam et celui de Curaçao et dépendances, ce dernier comprenant les îles de Curaçao ou les îles sous le vent dont Curaçao, Bonaire et Aruba seules sont habitées, puis les îles de St. Eustache, de Saba et de St. Martin (partie néerlandaise), qui appartiennent aux Petites Antilles: le tout a une superficie de 20.5 milles géographiques carrés.
Ce groupe d'iles que le géographe aperçoit à peine sur la
mappe-monde, paraît inspirer peu d'attention à la plus grande partie de notre nation. À la vérité on s'aperçoit de temps à temps
que nous avons aussi des colonies dans les Antilles; quand les malles arrivent des Indes-Occidentales, quelques nouvelles, venues de là, sont communiquées à la nation par les grands organes de la presse. Peut-être aussi la liqueur bien connue, qui porte le nom d'une des plus grandes îles du groupe, pourrait-elle rappeler de temps à autre à quelqu'un l'existence de notre possession coloniale dans les Antilles.
Les possessions néerlandaises en Asie jouissent encore d’une popularité relativement grande; Surinam, surtout dans les derniers temps, excite quelque intérêt, mais notre nation se soucie en vénéral bien peu du groupe d'îles des Indes-Occidentales. Si le peuple en parle à peine, estil donc si étonnant que ses représentants s'en occupent peu ou rarement? Tous les ans le Ministère des Colonies leur présente des aperçus amplement raisonnés dans les Rapports Coloniaux qui paraissent depuis des années, tant sur Surinam que sur Curaçao et ses dépendances. On y donne à peine quelque attention. De même, tous les ans la fixation du budget des Indes-Occidentales est mise en délibération dans les Etats-Généraux et quelques fois il jouit de l'honneur d'attirer l'attention d'un petit nombre des Députés; sans la moindre exagération il est permis de dire que, dans la règle, il ne fait que paraître à l'ordre du jour; l'échange de documents qui se fait toujours d'avance entre le Gouvernement et les représentants de la nation, ne traite que rarement de sujets importants, et ne contient que rarement aussi des avis salutaires aux intérêts des colonies. Mais à quoi bon aller plus loin? Qui ne se souvient, il y a quelques années, d’une petite brochure qui vit le jour sous le titre:
Curaçao est-il à vendre?'!) sans que personne parût sentir la nécessité de protester contre la pose de la question elle-même.
Un tel manque d'intérêt est-il justifié? Notre groupe d'îles n'a-t-il pas le droit de réclamer plus de sympathie que celle dont il a joui jusqu'ici? L'idée de l'aliénation de cet héritage de nos aïeux, pourrait-elle se légitimer peut-être par l'importance relativement insignifiante qu'on croit que la possession représente pour nous ?
1) A. M. Chumaceiro Az., Is Curaçao te koop? ’s Hage, Gebr. Belinfante. 1879 roy. 80.
On a pris bien soin de la bibliographie des Indes-Orientale néerlandaises, de même que de celle de Surinam, par la publication de listes complètes de livres, de cartes, d'articles périodiques, relatifs à ces colonies ‘), mais jusqu'ici il n’y a pas d'aperçu complet de la littérature concernant notre groupe d'îles des Indes-Occidentales,
Il y a des sources inédites et d’autres imprimées. Quant aux pre-
mières, il sera presque superflu de rappeler que, de même que pour nos colonies dans les Indes-Orientales, pour celles dans les Indes-Occidentales aussi, les documents inédits peuvent et doivent être consultés par celui qui veut écrire, non seulement l’histoire de l'établissement et du développement de notre empire dans ces contrées, mais aussi la situation sociale et politique. Surtout dans les archives du-Royaume à la Haye, une recherche scientifique fera trouver des matériaux précieux, et celui qui s'en occupe peut non seulement faire appel à l’aide appréciable des employés bienveillants, mais aussi se prévaloir des lumières que lui fournira un écrit estimable de la main de feu M. KR. C. Bakhuyzen van den Brink, de son vivant Archiviste du Royaume, inséré dans le Algemeene Kunst- en Letterbode, année 1855, sur.les Archives des Indes ortentales et occidentales à Amsterdam, transférées depuis dans la Collection du Royaume, et où l'auteur a démontré quels trésors à exploiter encore y sont gardés relativemeut à nos Compagnies des Indes.
En outre, on n’a qu'à parcourir l'/nventaire des cartes déposées dans les Archives du Royaume, imprimé dès 1867, pour pouvoir conseiller au cartographe de se servir, dans ses études, des trésors qui s'y trouvent amoncelés. Cette collection, provenant de la cidevant Compagnie des Indes-Occidentales est très-riche en cartesmanuscrites de Surinam, Berbice, Démérara et Essequebo; les cartes marines, celles des côtes et les cartes géographiques, ayant
1) Voy. e.a. les notices bibliographiques jointes par M. M. les professeurs Veth et Millies aux articles sur les Indes néerlandaises et sur les grandes îles, qui ont été publiés dans le Dictionnaire de géographie et de statistique des Indes néerlandaises; le Répertoire de la littérature coloniale de J. C. Hooykaas, préparé pour l'impression par M. le docteur ès lettres W. N. du Rieu (quatre fascicules formant deux volumes, 1874—1880) ; on peut aussi consulter les catalogues, dressés par les savants Bibliothécaires des Societés Indiennes, et par les libraires-éditeurs E. Brill, Fr. Muller et Mart. Nijhoff, ainsi que l'inventaire de la Bibliothèque du Ministère des colonies, imprimé en 1884.
Quant à la bibliographie, concernant les Indes-Occidentales, elle est fort redevable à la liste très complète de livres et de cartes se rapportant à Surinam, placée par M. van Sypesteyn à la suite de sa description de Surinam, ainsi qu’au Catalogue de bibliothèque coloniale de Surinam (La Haye, 1859). M. G. M. Asher a aussi publié en anglais un Essai bibliographique et historique sur les livres ét brochures hollandais se rapportant à la Nouvelle Néerlande et à la Compagnie hollandaise des Indes-Occidentales. Amsterdam, Fr. Muller. 1854—1867. in 40.
outes trait aux Antilles, ne sont pas moins importantes '). Si l'on y joint le nombre non moins important de cartes, vues, plans, etc., que le Ministère des Colonies possède”), et si l'on ne néglige pas de s'adresser aux Directeurs de la Bibliothèque de la Société Géographique néerlandaise à Amsterdam et à ceux de l'Institut Royal pour les lettres, la géographie et l'ethnographie des Indes néerlandaises, nous sommes persuadés que le cartographe qui voudra s'occuper de notre groupe d'îles des Indes-Occidentales, ne se plaindra pas de la disette des matériaux. Malgré sa reconnaissance pour ce qu'il a déjà trouvé de précieux, il ne pourra pourtant s'abstenir de regretter l'absence de cartes soigneusement dressées de tout ce groupe, comme celles que nous possédons depuis des années des résidences de l’île de Java et de toutes les Indes néerlandaises orientales par les soins de MM. Stemfoort et ten Siethoff.
Sans qu'il soit nécessaire de le démontrer ici, on comprendra aisément que dans les encyclopédies, les dictionnaires historiques et géographiques, les lexiques de conversation, on trouvera des annotations sur Curaçao et ses dépendances, et en même temps, que ces données se bornent à des notices superficielles. Nous signalons entre autres le Grand Dictionnaire géographique par Van der Aa, le Dictionnaire de R. Van Wiüjk Rz., le Déctionnaire, en allemand, de Wappäus, le Dictionnaire de la vie sociale (Woorden bock der samenleving), les Nouvelles Annales néerlandaises, l'Histoire de la Patrie par Stuart, l'Histoire contemporaine de tous Les peuples, où toutes les colonies néerlandaises ont eu leur part et où quelques pages aussi sont consacrées à nos îles des Indes-Occidentales.
Il en est de même des ouvrages ou dictionnaires français, anglais et américains, ainsi que de la série des livres d'école et d'étude, dont notre littérature abonde; nous faisons mention seulement de ceux de J. Lauts (1834), H A. Krooneman, A. Pompe (1863), J. Kuyper (1866), A. P. Fortanier (1869), H. E. Wullings (1870), A. M. Kollewyn (1874), N. W. Posthumus (1880), et P. R. Bos 1880). Par leur nature, ces livres ne peuvent entrer dans les
détails; ils ne contiennent que les seules données qui sont suffi-
santes pour l'enseignement élémentaire ou plus élargi dans nos écoles.
Pour les études plus approfondies, on trouvera plus de matières dans les descriptions de voyages ou dans les écrits, qui, sur une
1) Voir les pages 88— 101 et 201—220 du dit /rvenfaire. 2 Voir le Catalogue imprimé de la Bibliothèque du Ministère des colonies, pag- 668 et suiv.
échelle peu plus vaste, traitent de nos colonies et possessions au delà des mers en général. Quoique ces écrits soient peu nombreux — pour cela, les Indes Orientales et Occidentales sont trop éloignées les unes des autres et ont entre elles trop peu de ressemblance —- on ne doit pas négliger de les ranger parmi les sources plus complètes pour la connaissance de nos îles.
Nous signalons ici les voyages autour du monde de James Cook et d'autres; l'ouvrage de l’abbé de la Porte: /e Nouveau Voyageur; l'Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes, d'un autre abbé, Raynal; surtout il ne faut pas dédaigner le travail de notre célèbre homme d'état, le comte J. van den Bosch, qui en 1828 traça une esquisse des Possessions néerlandaises en Asie, en Amérique et en Afrique. Un autre compatriote, N. G. van Kampen, nous dota d’une Histoire des Hollandais hors de l'Europe, où il décrivit les expéditions, les découvertes, les guerres, les conquêtes et les établissements des Néerlandais en Asie, en Afrique, en Amérique et en Australie depuis la fin du r6ïème siècle jusqu'à nos jours (1831—33).
M. M. D. Teenstra nous donna en 1852 une brève description des possessions néerlandaises au delà des mers: en 1860 le Dr. S. Friedmann écrivit: Wrederländisch Ost- und West-Indien. Thre neueste Gestaltung in geographischer, statistischer und culturhistorischer Hinsicht, mit besonderer Darstellung der klimatischen und santtätischen Verhältnisse et y consacra quelques pages à notre groupe d'îles des Indes-Occidentales. Un guide plus sûr et plus estimable est encore toujours le Catalogue si bien rédigé de la Section des Colonies néerlandaises à l'exposition internationale coloniale el «exportation générale à Amsterdam, tenue du 1 mai au 31 octobre 1883. Une des sources les plus importantes aussi pour la connaissance générale de nos colonies dans les Indes- Occidentales sont les Rapports Coloniaur, qui dès 1849 paraissent annuellement; ils sont distribués presque en même temps que la présentation des budgets pour les Indes-Orientales et Occidentales aux Etats-Généraux; un aperçu de ces Rapports fut donné, au moins jusqu'a l’année 1884, dans l'Annuaire statistique (Staat-
Æundig en Staathuishoudkundig Saarboekje), publié par la Société pour le Statistique dans les Pays-Bas. Er même temps, il faut faire mention des pièces, paraissant
annuellement, relatives au Budget des dépenses et recettes du Gouvernement de Curaçao et de ses dépendances avec les Rapports ct Mémoires de Réponse qui sont publiés, tant pendant la discussion de ce budget par le Conseil colonial de Curaçao, que pen-
dant sa fixation définitive par les représentants de la nation dans les Pays-Bas.
Qu'on se garde de l'illusion que tous les écrits qui traitent plus particulièrement des Indes-Occidentales, devraient être consultés aussi pour augmenter notre connaissance des îles dans les Antilles. En fait de revues spécialement consacrées aux Indes-Occidentales, il n’y a qu'une seule, sous le titre: Les /ndes-Occidentales, Recueil de mémoires pour contribuer à la connaissance des colonies néer-
landaises des Indes-Occidentales; cette revue contient quelques
pièces assez importantes sur nos îles. Il est à regretter que cet organe spécial n'ait vécu que deux années, 1857 et ‘58, et n'ait été ni continué ni remplacé.
Dans la plupart des écrits sur les Indes-Occidentales ou sur Surinam, qu'on ne se flatte pas d'y rencontrer aussi des mémoires sur les îles en question. Car celles-ci ont de tout autres intérêts et se trouvent dans d'autres circonstances. Cependant dans quelques itinéraires nous trouvons des descriptions des îles, réunies à celle de la Guyane néerlandaise. C'est le cas, par exemple, dans les Notes prises pendant mon séjour aux Indes-Occidentales de 1837 à 1840, par M. G. van Lennep Coster; dans les Voyages aux Indes- Occidentales du ministre protestant de Curaçao G.C. Bosch (3 vol. 1820, 1836 et 1843); dans ces derniers ouvrages surtout le groupe d'îles est décrit le plus amplement. Il ne faut pas non plus négliger de consulter le texte qui accompagne l'ouvrage de luxe: Vues des Indes-Occidentales néerlandaises de M. Voorduin '); last not least, l'ouvrage précieux récemment paru: West-indische Skizzen par le professeur Dr. K. Martin à Leide.
Ce savant fit, avec le professeur Dr. W. F. R. Suringar et M. M. J. A. F. Molengraaf, J. R. H. Neervoort van de Poll et J. van Breda de Haan, partie de l'expédition néerlandaise aux îles des Indes-Occidentales et à Surinam en 1884—'85, qui fut rendue possible par le secours matériel de la Société néerlandaise de géographie à Amsterdam, de l'Institut Royal pour les lettres, la géographie et l'ethnographie des Indes néerlandaises à la Haye et de la Société Teyler (Teylers Genootschap) à Harlem. Le fruit de cette expédition fut l'ouvrage précité du professeur K. Martin,
1) Dans la collection des vues dessinées d’après nature et décrites par le lieutenant de vaisseau Voorduin, lith. par le Jonkheer J. E. van Heemskerck van Beest on trouve: Vues du port et du Schottegat à Curacao; Baie de Caracas avec le fort de Beekenberg et le Tafelberg à Curaçao; grotte de Hato à Curaçao; Bonaire; St. Eustache; St- Martin ; une carte des îles des Indes-Occidentales néerl.
A l'exposition d'Amsterdam en 1883 on nous a aussi montré deux albums de photographies de Curaçao et d’Aruba. envoyés par les MM. KR. Soublette et P. Kranwinkel, à Curaçao.
qui sera bientôt complet et qui fut précédé d'un Rapport détaillé de ce voyage, publié par la Société de géographie ‘); le tout d'une grande importance, surtout pour augmenter notre connaissance de la situation géologique des îles des Indes-Occidentales, à l'égard de laquelle nous devions encore nous contenter jusqu'ici de ce que Cortès, von Humboldt, Reinwardt, Stifft et Gabb nous avaient transmis.
Non moins importantes sont les communications du collègue de Mr. le professeur Martin, M. le professeur Suringar, surtout sur la flore du groupe d'iles *); ce même savant traita spécialement des Melocacti novi des îles de Curaçao, d'Aguba et de Bonaiïre dans les Rapports et communications de l'Académie Royale de sciences à Amsterdam (3ème série, vol. II page 183). En même temps parurent aussi les Untersuchungen über Gesteine und Mineralien von West-Indien dans la seconde série des Sammlungen des Geologischen Reëichs-Museums in Leiden; M. le Dr. Th. W. Lidth de Jeude donna des communications plus détaillées sur la faune des îles, spécialement une description des nouvelles espèces, dans l'ouvrage connu ÂVofes from the Leyden Museum.
Pour ce qui touche particulièrement la faune des papillons de l'ile de Curaçao, il n’y avait jusqu'ici aucun écrit; la littérature sur celle des autres, même des grandes îles des Indes-Occidentales n’est également pas riche; M. P. C. T. Snellen a fourni, il n'y a pas longtemps, dans la Revue pour l'entomologie publiée par la Société néerlandaise d’entomologie (Tome XXX, année 1886—’87, p. 9 et suiv.) une étude sur les Lépidoptères de l'ile de Curaçao, avec des planches du professeur J. van Leeuwen Jr. il y décrivit deux envois d'insectes de divers ordres par le Père Alph. Jansen qui, en 1875, était parti pour Curaçao en qualité de missionnaire. Les Lépidoptères envoyés contiennent un nombre assez considérable d'espèces, surtout de Rhopalocères, et aussi d'Hétérocères, et quoique dans l’île de Curaçao il y ait encore beaucoup à découvrir sous ce rapport, l’'énumération de ce qu'on a rassemblé, peut, à juste titre, être considérée commé importante, sous le point de vue de l'extension géographique des espèces. Il y a 64 espèces de Rhopaiocères et 89 espèces d’'Hétérocères, en tout 153 espèces, ce qui, en égard à la sécheresse du sol de Curaçao et à sa végétation aride, et au peu de temps qu'on a mis à faire cette collection, est loin d'être insignifiant.
1) Voir la Revue de la Société, 2e sér., section: Rapports et communications géographiques, t. I. p. 641 et suiv.; t. IL p. 548 et suiv.; p. 317 et suiv., 443 et suiv., 610 et suiv.
?) Insérées dans la Revue de la Société; 2° série, section: Rapports et communications géogr. t. IT, No. 5.
Par ces diverses monographies, les lacunes d'autrefois sont pour la plupart comblées; une description complète et claire de la situation géographique, de la flore et de la faune de Curaçao et de ses dépendances est encore à désirer.
D'autres monographies spéciales de ces îles ne font pas défaut. Une des plus anciennes en date est du 18% siècle. En 1779 J. A. Hering, quoiqu'il n’eût pas été lui-même à Curaçao, donna une description de cette île et de ses dépendances, les îles de Bonaire, d'Aruba et la petite Curaçao, avec planche et carte; presque en même temps que cet ouvrage parut le Voyage dans les îles Caraïbes en 1780 et ‘81 par de Jong et publié à Harlem, chez F. Bohn, avec planches; dans cet ouvrage il est fait mention des derniers événements dans cette île, l'attaque des Anglais, etc.; il contient aussi quelques annotations succinctes sur St. Eustache.
Une seconde description plus détaillée des îles parut en 1816 à Harlem; l'auteur anonyme qui puisa dans plusieurs documents, mémoires et observations pendant son séjour dans l’île, semble avoir été le chef d'école G. G. van Paddenburg !).
Ï fut suivi par un Allemand. En 1831 le professeur Meinecke, à Weimar, publia son Æssar d'une histoire des colonies européennes dans les Indes-Occidentales. La nécessité d'un aperçu plus coinplet de nos îles donna à M. M. D. Teenstra, qui en 1828 et ’20 fit son premier voyage dans ces contrées et en 1832 et 34 son second voyage, l'occasion de publier un extrait de son journal, qui vit le jour à Amsterdam en 1836, en 2 volumes, sous le titre: Les {les des Indes-Occidentales néerlandaises el leur état actuel.
Dans une brochure, publiée à Rotterdam, M. A. H. Bisschop Grevelink nous fit connaître ses Observations concernant ces îles”), observations qui, quoique datant de 1848, méritent encore de fixer l'attention; elles ne sont pas encore vieillies, tout aussi peu que les écrits de l’auteur anonyme qui, dans une brochure, publiée la même année à Rotterdam, nous fit connaître la situation actuelle et le passé de l’île de Curaçao ÿ).
Tous ces écrits empruntent leur valeur à la circonstance qu'ils sont été composés par des hommes qui, par leurs voyages et leur séjour dans ces iles, peuvent être considérés comme assez à
1) Le titre de son ouvrage est: Beschrijving van het eiland Curaçao, en onderhoorige eilanden, uit onderscheidene stukken, bijdragen en opmerkingen, opgemaakt door een bewoner van dat Eïland.
% Bemerkingen betreffende de Nederlandsche West-Indische eilanden. [. Verdediging. HE Bestuur. III. Tegenwerpingen beantwoord.
3) Blik op den tegenwoordigen en vroegeren toestand van het eiland Curaçao.
la hauteur de la situation; ce n’est pas moins le cas des Souvenirs et esquisses que M. S. van Dissel, ministre protestant à Curaçao, fit paraître en 1857; —-de la description de cette île par M. P. J. Simons, avec planches et cartes (Oosterwolde, 1868); — de Curaçao et ses habitants, petit livre que M. A. T. Brusse fit imprimer à l'inprimerie internationale à Curaçao. Il faut y joindre l’histoire de Curaçao, par M. H. A. van de Walle'), et une autre mémoire, non d’un habitant de Curaçao, mais d'un de nos géographes et cartographes, M. J. Kuyper; ce savant fit insérer, en 1882, dans le VI° volume de la Revue de la Société de géographie une étude sur Curaçao, bien courte à la vérité, mais néanmoins importante à cause des cartes, tant de l’île que de la Baie de St. Anne en particulier, selon les derniers plans inédits, levés par les officiers de la marine neérlandaise en 1874.
Par la plupart de ces auteurs l’histoire de Curaçao et de ses dépendances fut écrite d’une manière plus ou moins détaillée, y compris la situation sociale des insulaires; cependant les monographies destinées à élucider quelques faits historiques ne font pas défaut. Nous nommons ici la relation de M. P. J. Changuion, relative aux événements survenus dans Curaçao, depuis le 22 décembre 1806 jusqu'au 1 janvier 1807, jour où l’île est tombée dans les mains de l'ennemi; — la question internationale entre les Pays-Bas et le Vénézuela (1856)°); — les événements dans Curaçao, 24 nov. 1871 (Curaçao, 1872); — la Commémoration du second Fubilé de l'arboration du pavillon néerlandais dans Curaçao dans un sermon de M. J. Muller (Amsterdam, 1835); — /e discours à l'occasion du cinquantenaire de la réunion de Curaçao à la Néerlande, prononcé par M. A. M. Chumaceiro (Curaçao, 1866); — /a première fondation de La Communion luthérienne dans Curaçao en 1757 (Leeuwarden, 1759); —/a sainte fête solennelle à l'occasion de l'inauguration de la Nouvelle Eglise luthérienne à Curaçao (Amsterdam, 1764); les deux derniers écrits sont de ia plume de J. G. Muller. *)
Du ministre protestant précité M. $. van Dissel, nous possédons, outre ses Souveniers et esquises, un mémoire sur /4 Communion
réformée, à présent communion protestante réunie de Curaçao, inséré
*} Curazao. Reseña historica de Curazao por H. A. van de Walle. Curazao, Job Printing Office. Febrero 1881. 80.
*) Question internacional entre Holana y Venezuela, por los violencias cometidas en la Ciudad de Coro contra los comerciantes holandeses domiciliados en aquilla, en euya consecuencia tuvieron que abandonar sus intereses, y transladarsen 4 la isla de Curazao. (Curacao, 1856). 80.
#) Nous avons aussi une gravure de l’époque, réprésentant l'église Luthérienne inaugurée en 1762, en 40. Voir le catalogue Fred. Muller, No, 958.
dans les Archives de l'histoire ecclésiastique, surtout dans les Pays-Bas, année 1861; il parut aussi de sa main chez A. W. Sijthoff à Leide, 1865, un écrit contenant quelques particularités relatives à la cidevant communion luthérienne-évang élique dans Curaçao ; le même savant fit insérer dans les Mémoires de l'Institut Roval des lettres, de géographie et d'ethnographie (3ème. série vol. II) quelques observations sur la situation matérielle de l'ile de Curaçao auxquelles il joignit séparément quelques particularités sur l'ile de Bonaire. M. À. D. van der Gon Nesscher, à qui les deux derniers écrits furent soumis par les Directeurs de l’Institut Royal, pour avoir son avis sur l'opportunité de les admettre dans les Wémoires a joint à son avis approbatif une Description abrégée des Colonies néerlandaises dans les Indes-Occidentales, avec l'esquisse d'une carte des Antilles; elles servaient à élucider et compléter les mémoires de M. van Dissel et furent imprimées sous forme d'annexes à la fin de l'ouvrage. Elles sont surtout d’une grande valeur pour la partie statistique des Antilles néerlandaises jusqu'à l’année 1862 inclusivement, l’année avant l'abolition de l'esclavage; méritent aussi l'attention les particularités sur l'abolition de l'esclavage, contenues dans le rapport du 10 Mai 1864, envoyé par le Gouverneur de Curaçao et des îles dépendantes.
A cette série d’'écrits, nous aimons à joindre le grand nombre d'ouvrages dont nous savons gré aux soins éminents de la mission catholique à Curaçao; ils n'ont pas seulement trait au culte et à l'instruction dans la doctrine de l’église catholique, mais contiennent aussi de précieux matériaux pour l'instruction primaire; comme preuve des services éminents rendus par le Vicariat apostolique, on peut employer la liste ci-dessous des titres des écrits publiés; cette liste est à coup sûr loin d’être complète; quoiqu'il en soit, nous ne nous croyons pas en droit de n'en pas faire mention ici pour faire ressortir le travail méritoire et salutaire de la mission catholique ).
1) Livres relatifs à l'instruction primaire:
Woordenlijst der in de landstaal van Curaçao meest gebruikelijke woorden. Vermeerderd met eenige gemeenzame zamenspraken. 2e druk. Curaçao. Drukkerij van het Apost. Vicariaat, 1869. 8o. — Boeki di spel pa uso di skool di Muchanan na Curacao. Curacao. Imprenta di Vicariato, 1885. 80. — Ciento cuenta corticoe. Boeki di leza pa uso di skool. Curazao. Imprenta di Vicariato 1881. 80. — Voir aussi: Boeki di leza pa uso di skool di dia Domingo na Curaçao. Curazao. Imprentia de la Libreria, 1881. 80. — Rekenboek pa Muchanan di Curaçäo. Curazao. Imprenta de la Libreria. 1882. 80. — Woordenlijst en Zamenspraak in de Nederlandsche en Curacaosche landstaal door N.-Lista di Palabranan i Kombersasjoon na leenja Oelandees i Papiameentoe pa N. Curaçao, C. J. & A. W. Neuman Fr. 1885. 80.
Livres religieux: À
Bida di Hesoe Vriestoe, noos dibienoe, adorabel Salbadoor e Libradoor. Pa J. J. Putman.
Miss. Apost, Pastoor na Santa Rosa, St. Rosa, 1852. 80. — Catecismo 6 doctrina cristiana pa uso di catolikanan di Curaçao, pa M. J. Niewindt, Obispo di Cytrum i Vicario
Peut-être veut-on pénétrer un peu plus avant dans la vie sociale, ou connaître quelques détails sur la situation sociale de Curaçao. Qu'on ne prenne pas de préférence l'écrit paru en 1757 de C. Doerffel sur Zes maladies de plus en plus prédominantes à Curaçao, mais plutôt les brochures d’Ego et du Dr. D. R. Capriles. » Ego” n'est pas un pseudonyme, mais le nom de plume du praticien à la cour de justice, Mr. Edouard J. van Lier, qui, établi depuis bien des années à Curaçao, l’adopta il y a quelques années; le porteur de ce nom se sentit poussé à faire paraître quelques observafions à l'occasion du rapport de la commission de médecins à Curaçao, destiné à la section médicale de l'exposition internationale coloniale et d'exportation à Amsterdam en 1883. S'il s’agit de publier un rapport sur l'état sanitaire de la population et de tout ce qui s'y rapporte, on n'a pas le droit, selon l’auteur, de réprésenter les choses ,,couleur de rose” et il est injuste de cacher ce qui est manifeste.
Pour faire acquérir une idée plus juste des situations, il y donne des informations sur l’état et le travail des médecins à Curaçao, sur la manière dont on observe les préceptes de l'hygiène, sur le système des égouts, l’eau potable, la falsification des vivres, la situation des hôpitaux, des fondations et de la bienfaisance publique, la manière d'appliquer les règlements de la surveillance gouvernementale sur l'hygiène et les mesures de quarantaine qui en découlent.
Encore plus chargées sont les couleurs dont se sert M. le Dr. Capriles dans ses MVofices abrégées'), que l’auteur avait également destinées à la section médicale de l'exposition coloniale à Amsterdam; elles traitent des travaux de bienfaisance, de la situation sanitaire à Curaçao, et permettent aussi de jeter un regard dans
Apostolico di Curaçao. Curaçao, 1874. 80. — Rosariodi Maria Santisima. Curazao, 1878. 80. — Manual pu congregatie di Muchanan Homber. Imprenta di Vicariato. Curaçao, 1878. 80. — Boeki di Oracion pa Catoliconan. Edicion nobo. Curazao. Imprenta di Vicariato 180. 80. — Boeki di Oracion aumentar coe visitamam cerca santisimo sacramento birgen Maria isan Hose. Di San Alfonso di Ligorio, Edicion nobo. Curaza0. Imprenta di Vicariato, 1881. 80, — Novena na honor di San Dominico. Curazao, 1877. 80. — Canticanan religiosa. Tercera edicion. Curuçao, 1883. 80. — Catecismo 6 doctrina cristiana pa uso di katholieken di Curaçao. Curaçao, Imprenta di Vicariato. 1884. 8o, — Bida i sufrimentoe di nos Senjor Hesu Cristoe, Tercero edicion. Curaçao, Imprenta di Vicariato 1885. 80. — Canticanan pa luna di october, consagrar na la Birgen di Rosario. Curacao, 1885. 80. — Boekoe di Oracion pa uso di catolicanan di Curaçao, Bonaire i Aruba. Segunda edicion. Curaçao, Imprenta di Vicariato. 1885. 80.
D’autres éditeurs ont publié:
Historia corticoenan sacar for di Bybel. Di quatro edicion. Curazao. Imprenta de la Libreria. 1881, 80. — Imitacion di Cristoe. Curazao, Imprenta de la Libreria. 1882. 80. — Viaje eterno. Poema por Alirio Diaz Guerra. Curaçao, Tipografa , Excelsior”. 1886. 80. — Triduo na honor di Santa Rosa di Lima birgen di tercer orden di San Dominico, na ocasion di sa tercer centenario. Curaçao, A. Bethencourt é Hijos. 18S6. 80.
1) Het Krankzinnigen gesticht op Curaçao. Oorzaken en-behandeling der krankzinnigheïid op dit eïland. Armenverzorging op Curaçao. Korte mededeelingen bestemd voor de Tentoonstelling te Amsterdam, (Afdeeling Koloniale Geneeskunde). Curaçao, : A. Bethencourt Zoons. 1883. 40.
l'hospice des aliénés, les causes et le traitement de l’aliénation mentale dans cette île que l'auteur désire ardemment voir redevenir ce qu’elle a toujours été: ,un des plus salutaires asyles pour le rétablissement de la santé.”
Ces deux habitants de Curaçao tracent un tableau sombre, et insistent sur l'amélioration des situations sociales malsaines; il n’est pas donc étonnant que leur voix fit écho dans l’île, mais qu’elle rencontra aussi des contradictions véhémentes, tant dans leur pays de domicile que dans notre patrie. Témoin maint article: dans la presse de Curaçao et dans celle de la mère-patrie, aussitôt après la publication de ces écrits. ?)
Qu'on n'aille pas croire qu'ils contenaient un compendium de tous les griefs contre le Gouvernement de Curaçao et de ses dépendances. D'autres griefs encore, d’une nature plus sérieuse, furent mis sur le tapis.
Nous rappelons ici qu'en 1879 M. A. M. Chumaceiro Az. trouva l’occasion de traiter la question: Curagçao est-il à vendre? dans une brochure qu'il fit paraître chez Belinfante Frères à la Haye, brochure qui fut bientôt suivie d’une seconde sous le titre de: Une dissonance de Curaçao. Dans la première, l'auteur fit connaître son intention de traiter séparément la question, pendante depuis des années, de la chaux phosphatée dans l'ile d'Aruba; il accomplit ce projet par la publication, en novembre de la même année, d’une troisième brochure sur Zes ressources naturelles de la colonie de Curaçao. L'auteur tâche de démontrer les droits que les concessionnaires de terrains à Aruba peuvent faire valoir sur la chaux phosphatée dans ces terrains, et indique en même temps mainte mesure du gouvernement qui empêche l'exploitation des ressources naturelles de la colonie de Curaçao; il fait aussi connaître les moyens qui, selon son avis, pourraient amener un changement si désirable.
Aussi ces considérations excitèrent-elles l'attention, tant dans
les Pays-Bas que dans la colonie, et donnèrent-elles lieu à une
critique qui reçut sa réponse par une Ané-critique dans une qua trième brochure, sous le même titre que la troisième. Celui qui désirerait connaître plus amplement les intérêts de la
1) Voir: Nieuwe Rotterdamsche Courant 7 Avril 1883; Amsterdammer, 7 Mai 1883, où se trouve un article du Dr. D(umontier) sons le titre: De naakte waarheïd van Curaçao; Dagblad van Zuid-Holland en ’s Gravenhage, 16 Mai 1883. Quant à la presse de Curaçao on peut consulter e. a. De Vrijmoedige, 1 Fevr. et 8 Mars 1883. De Wekker, 13 Fevr. 1883. Quant à l’auteur-même, le Dr. Capriles, il a bien merité de sa patrie. Voir: Amsterdamsche Courant, 6 Avril 1883, n°. 698. Ce savant a aussi écrit sur la Diphtérie, Le médecin des pauvres” (Curaçaosche Courant 30 Sept. 1876) et autres mémoires.
société phosphatée d'Aruba, faisant l’objet de ces brochures, peut puiser dans les sources même, c'est-à-dire dans les Satuts de cette Société, un rapport détaillé de ses travaux paraît annuellement, rédigé en anglais et en hollandais; le premier parut en 1887, le dernier date d'il y a quelques mois.
L'affaire en question n'est nullement neuve. Qu'on se souvienne que le professeur C. G. C. Reinwardt avait déjà fait publier ses observations concernant la nature du sol de l'île d'Aruba et de l'or qui s'y trouve, avec une carte, insérées dans le vol. I des Voyveaux traités de la première classe de l'Institut Royal de Sciences à Amsterdam pages 265—281. Ce n’est que de nos jours qu’on y a de nouveau fait attention. Par suite d'une mission donnée par le , Gouverneur de Curaçao à M. le Dr. C. T. Epp, celui-ci a commencé une enquête sur le minéraux de l'île d'Aruba, importants pour l'industrie; son rapport fut admis dans le Xapport Colonial de 1885, III, Curaçao, Annexe B, No. 3.
On peut y joindre les mémoires de M. A. J. van Koolwijk sur la Société phosphatée d'Aruba, ses terrains aurifères, ses sources d'eaux minérales et la pêche des perles, admis dans la Xevue de la Société de géographie, 2de série, I, section: Rapports et notices, pages 369, 305 et suivantes.
Le même auteur avait déjà augmenté notre connaissance des Indiens-Caraïbes de l'ile d'Aruba (Voir Revue précitée, VI, 1882, pag. 224) et de leur langue (même Revue, 2de série, I° section, Rapports et notices, pag. 134). Pour connaître la situation de cette île il y à 60 ans, on peut consulter les Vaderlandsche Letteroefeningen de 1823/24, où est décrite la visite à Aruba et à Bonaire faite en 1823 par un Hollandais établi dans Bonaire, En 1867 parut à la Haye: L'ile de Bonaire avec l'esquisse d'une carte, une descripdo des lots de terrain à vendre, les conditions de vente de la Dlupart des terrains domaniaux et des salines au r° septembre 1868 outre gnelques lots avant ce terme à un jour à fixer plus tard.
Pour ce qui est de l’île de St. Eustache ressortissant du Gouvernement de Curaçao, nous en possédons de bonnes données datant des années 1780 et 81, et contenues dans le Voyage aux îles Caraïbes par C. de Jong. Peuvent être consultés aussi /' Annual Register, particulièrement ceux des années 1781—’84, l'ouvrage de Lord Mundy:; Live of Rodney et History of England from 1713—1743 par Lord Mahon. Quant aux derniers temps, nous nommerons M. A. R. Blommendal; en 1876 il fit insérer dans la Revue de la Société de géographie ses petites notices sur l’île, auxquelles il ajouta une carte exacte (la seule qui soit bonne) selon les relevés de
M. A. H. Bisschop Grevelink, échelle 1: 25000; quant à ce dernier,
qui a passé quelques années dans l’île en qualité de Secrétaire du gouvernement colonial, nous lui devons les plus amples et en même temps les plus importantes informations dans les années 1846 et ’47 des Mémoires pour la connarssance des colonies néerlandaises et étrangères; non seulement il fournit une description de l'île, mais aussi une esquisse de l'histoire de la colonisation dans cette île depuis 1816 jusqu'à nos jours, travail qui fut complété, pour la description géologique de l’île, d’une manière louable par l'excellente dissertation académique du jeune compagnon de voyage des professeurs Martin et Suringar, M. G. A. F. Molengraaff, sous le titre: Situation géologique de l'ile de St. Eustache, mémoire pour la connaissance des colonies néerlandaises (Leide 1886, in 4°.) Là sont déposés les résultats des enquêtes géologiques dans St. Eustache; une description géognostique de l’île de St. Martin et une petite notice per celle de Saba le suivront plus tard.
Pour ce qui est de cette dernière île, aucun écrit spécial n’est parvenu à notre connaissance. Quant à St. Martin, nous pouvons signaler celui de M. R. F. von Raders sur x fait d'armes mémorable, emprunté à l'histoire de l'ile (1863), — Les Statuts et autres documents relatifs à la Société des salines dans l'île de St. Martin avec la traduclion française en face (La Haye, 1859); — la requête de M.R.F. von Raders à la Seconde Chambre des Etats-Généraux relativement à l'indemnité aux propriétaires d'esclaves dans l'ile, nouvellement concédée par la loi, et présentée le 30 septembre 1862 (La Haye, 1863), — en dernier lieu la brochure dont le titre: Ze 1° quéllet 1863 et la Représentation des Pays-Bas (Groningue, 1863) ne ferait pas présumer qu’elle traite de l'émancipation des esclaves dans St. Martin. Par rapport à cette question, M. J. Belinfante décrivit / 4/e de St, Martin, sa situation, ses perspectives ct son bon droit, d'après les derniers rapports (La Haye, 1863). Last not least, il faut faire souvenir qu'il existe, de la main de M. le Dr. J. Dornseiffen, un mémoire détaillé sur l’île, admis dans la Revue de la Société de géographie, tome VII, p. 126 et suivantes. La cartographie, l’histoire, la description et la statistique de St. Martin, quelques particularités sur les petites îles et les récifs autour de St. Martin, l'origine de quelques dénominations: voilà les matières cardinales dont le savant auteur a traité dans son écrit qui est enrichi d’une carte de l'ile, la meilleure jusqu'à présent; il appelle particulièrement l'attention par ses informations importantes sur toutes les cartes de l'ile tant en manuscrit qu'imprimées; elles sont pour la plupart en possession de la Société géographique néerlandaise à Amsterdam.
Nous avons légèrement passé sur la question de l'émancipation des esclaves. La grande importance de cette affaire pourrait nous porter à nommer ici tous les écrits qui en traitent, mais nous nous croyons en droit de nous en abstenir. Presque sans exception, dans le grand nombre de brochures qui ont vu le jour, les conditions sociales de la Guyane néerlandaise sont esquissées. Mais nous ne pouvons pas passer sous silence le Rapport de la Commission, nommée par arrêté royal du 29 Novembre 1853, n°. 66, pour proposer des mesures par rapport aux esclaves dans les colonies néerlandaises, publié à la Haye, 1856; son premier rapport embrasse Surinam, son second, qui compte 21 annexes, les îles des Indes- Occidentales: tous les deux donnèrent occasion à M. le baron R. F. von Raders de faire connaître ses opinions par la publication de quelques brochures.
L'émancipation des esclaves a été, à coup sûr, un des actes les plus importants du gouvernement colonial; aussi ce gouvernement lui-même, sa composition, la législation coloniale excitèrent-elles non moins d'intérêt et donnèrent-elles lieu à plus d’une édition.
Il peut être superflu de les nommer ici toutes, mais nombreuses sont les éditions des lois et réglements, concernant le Gouvernement de Curaçao et de ses dépendances qui ne sont plus en vigueur où qui le sont en partie seulement. La principale collection et la plus complète est la Æeuzlle de publications de Curaçro et ses dépendances, paraissant encore toujours, contenant les publications, notifications, règlements, tarifs, ordonnances et autres dispositions légales pour ces colonies, depuis l’année 1816, jusqu’ aujourd'hui; on peut y ajouter l'édition des codes et règlements de la Colonie de Curaçao (La Haye, 1868); celle du Code of commerce for the colonr of Curaçao, translated from the Dutch by F. G. L. 3. van Romondt (Curaçao, 1875); les Répertoires comparatifs sur Les codes de Suriname, de Curaçao et des Pays-Bas, publiés par les soins de M. J. P. Smeele (La Haye, 1870); pour étudier l'histoire de ces codes, on peut consulter les divers projects de règlements sur la procédure civile, la procédure criminelle, l’organisation judiciaire, le projet de code civil, le projet de code de: commerce, le projet des dispositions pénales en matière de faillite, de déconfiture ct de sursis de payement pour les Colonies des Indes- Occidentales, tous projets rédigés par la Commission, instituée par arrêté royal du 27 septembre 1852, n°. 46, présentés par missive du 13 août et publiés à Rotterdam en 1860.
La réforme du système du gouvernement des Indes-Occidentales néerlandaises est le sujet de la dissertation académique de M. B.
C. Colaco Belmonte (Leide, 1857), et, pour juger du caractère et des principes des règlements gouvernementaux, en vigueur pour Surinam et les îles, on peut consulter la correspondance détaillée, échangée oralement et par écrit entre le Gouvernement et la Représentation nationale, à l’occasion de leur présentation réitérée depuis 1853 et leur vote en 1864, dans les Acies des Etats-Généraux. faut aussi en même temps prendre connaissance de quelques brochures,
parues en même temps, e. a celles de M. A. D. van der Gon Netscher.
Quelques mots enfin sur la presse. Dans l'île de Curaçao seule on fait la librairie. On y trouve des imprimeries; il y en a sept, si nous ne nous trompons pas. La maison A. Bethencourt et Fils !) qui possède une librairie, un depôt de musique et de papier, y joint une imprimerie bien organisée et publie depuis quelques années un bulletin sous le titre: Æ7 Boletin de la Librerid, paraissant tous les quinze jours (le 1" et le 16° de chaque mois) entièrement consacré au commerce en géneral et à la librairie en particulier; dans les dernières livraisons, nous avons trouvé un catalogue des livres en magasin, qui nous fait voir le cercle étendu ‘de l'activité de la maison.
L'imprimerie la plus ancienne dans l’île est celle de M. M. C-J. et A. Neuman F7. Selon les informations de M. Brusse, elle fut fondée en 1812 par M. William Lee qui, après l'épouvantable tremblement de terre qui désola Caraças dans cette année et où 12000 personnes perdirent la vie, arriva dans Curaçao avec ce qu'il avait pu sauver de son imprimerie. Le premier journal qui sortit de son imprimerie, fut le 1 numéro de: 7%e Curaçao Gasette and commercial Advertiser, feuille hebdomadaire rédigée en anglais par M. Lee. Ce premier numéro date du 11 décembre 1812. En 1816, le journal fut rédigé moitié en anglais, moitié en hollandais, plus tard entièrement en hollandais. En février 1876 l'imprimerie fut achetée par les propriétaires actuels, mentionnés plus haut; ils publient encore la Gasette de Curaçao, journal semi-officiel.
Outre les imprimeries de MM. Neuman et de Bethencourt et Fils, nous devons encore faire mention 1°. de celle du Vicariat apostolique, où tant de livres, grands et petits, s'impriment, 2°. de l'imprimerie commerciale, où jadis fut imprimé L'émpartial (De Onpartijdige), feuille qui fut remplacée par Æ7 ]mparcial, journal hebdomadaire rédigé en espagnol, publié par le Consul colombien M. Jesurom Penso, et entièrement consacré aux intérêts des Etats-Unis de la
1) Voir: Conora fünebre dedicada a la memoria de Augustin Bethencourt. Curazao. Imprenta de La Libreria. 1886. 8o.
Colombie, au commerce et tant soit peu aux intérêts de la colonie de Curaçao, s1 toutefois ceux-ci ne portent pas préjudice à ceux de la Colombie, ce qui est souvent le cas; 3°. l'imprimerie internationale établie en 1871 pour la publication d’une feuille écrite en langue papiamente, nommée CZvilisado, dont le premier numéro parut le 1" juillet de l’année en question; néanmoins la publication fut interrompue à la fin 1875; à cette occasion l'imprimerie qui, à son origine s'appelait Imprenta di Pueblo, reçut le nom d'imprimerie nationale; 4°. dernièrement, le Job Printing Office, où fut imprimée Z'Union, feuille redigée en langue papiamente, dont la publication fut interrompue en 1882 et remplacée par Æl Comercio, qui, si nous sommes bien informés, parut deux fois par semaine et qui à présent a cessé de vivre.
Outre la feuille la plus ancienne Le jourual de Curagçao, semiofficiel, paraissant tous les vendredis (à présent tome LXXV) et les deux journaux cités ÆBoletin de la Libreria et El Imparcial il se publie encore dans la colonie: De Vriÿgmoedige (Le Franc) par M. C. D. Meyer, à l'imprimerie internationale, paraissant tous les jeudis; — De Wekker (Le Réveil) à la même imprimerie, qui paraît tous les samedis et est rédigé par M. A. T. Brusse ; — l'Amigoe di Curaçao, imprimé chez la maison Bethencourt et Fils et paraissant tous les samedis, feuille protégée par la mission Catholique, principalement consacrée aux interêts de cette mission, mais où ceux de la colonie en général se trouvent débattus aussi; — Vofas y Letras. Seminario de Literatura y bellas Artes, bulletin hebdomadaire, publié par M. Ernesto H. Romer, imprimé chez Bethencourt et Fils, et, comme, l'indique le titre, entièrement consacré aux lettres et à la musique; — Z/ Canal. Publicacion hebdomadaria de tnteres generales, paraissant tous les mardis, publiée par M. Bonaventura Baez Figueroa, et consacrée au commerce, à la navigation, l'entreprise de Panama, etc. Il ne parut que quelques numéros d’une autre feuille: Dyzmal, journal politique, économique et d’annonces, consacré aux intérêts de toutes les constitutions humoristiques; enfin quelques petits journaux qui réclament une mention, mais que nous ne connaissons que par leur nom, tel que: Za Verdad, El Ensayo, El Observador.
Il est presque snperflu de dire que, pour connaître les besoins et les intérêts du gouvernement de Curaçao et de ses dépendances, on doit lire tous ces organes de la presse; plus d’une fois il s’y rencontrera des articles caractérisant les situations ecclésiastiques, sociales ct politiques, et qui ne sont pas dénués d'intérêt pour celui qui veut asseoir un jugement impartial.
Nous ne pouvons pas maintenant fixer l'attention du lecteur sur les matériaux précieux que la presse nous peut offrir; nous laissons le soin de composer un aperçu complet au bibliographe. S'il veut bien consulter notre travail, il ne sera pas tout à fait mécontent de la moisson; et l’auteur peut se réjouir d'avoir procuré un guide sûr et estimable dans la littérature sur ce groupe d'îles; ce guide nous montrera ce qu'il y a déjà publié à ce sujet et ce qu'il y a encore à faire pour augmenter la somme de nos connaissances. Ce que nous avons noté ici ne contient que quelques notices bibliographiques, pour servir d'introduction à des observations sur le Gouvernement de Curaçao et de ses dépendances.
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De tous les groupes d’iles sous la domination des Pays-Bas, celui des Indes-Occidentales est le plus petit. IL a une étendue de 20.5 milles géographiques carrés et est loin d’avoir une population compacte. La population totale atteint à peine le chiffre de celle de la plupart de nos capitales de province, celle de l’île de Curaçao seule, le siége principal du gouvernement, équivaut au nombre d'âmes de beaucoup de nos petites communes.
Voici quelques chiffres pour indiquer l'augmentation de la population dans les différentes époques.
Après le rétablissement de notre pouvoir en 1815, la population de Curaçao, d'aprés M. van den Bosch, ’) était de 2781 blancs, 2161 mulâtres libres, 1872 nègres libres, 690 esclaves mulâtres et 5336 esclaves nègres, total 12840 âmes; selon d'autres autorités, ce chiffre peut être évalué à 18 à 19 mille âmes, au moins à 15 mille.
En 1833 la population de Curaçao, de Bonaire et d’Aruba était répartie comme suit:
CURAÇAO. BONAIRE. ARUBA.
dont: hommes 293 femmes Û 355
La population de l’île de St. Eustache, qui avant l’année 1780, l'époque de son plus haut degré de prospérité, était évaluée à plus de 25000 âmes, s'élevait en 1818 à 2668, dix années plus tard
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seulement à 2273 âmes, parmi lesquelles 379 blancs, 285 personnes libres et 1609 esclaves.
‘L'île de Saba compta en 1816 1145 âmes, dont 656 blancs, tous créoles, 27 personnes libres et 462 esclaves ; en 1829 la population s'élevait à 1200 âmes. Celle de St. Martin, y compris la partie française, s'élevait en 1816 à environ 9000 âmes, dont 1000 blancs, 1100 hommes de couleur et 7000 esclaves.
Le premier Rapport Colonial pour 1849 donne l'état suivant de
la population :