‹ Les possessions neerlandaises dans les AntillesChapitre 3 sur 7 · LOT APE TERRE SNS" ST · texte numérisé non relu

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Dans le nombre des naissances donné pour 1886 et s'élevant à 1329, sont nés hors mariage 830; 156 enfants furent légitimés par suite

de mariage, dans la proportion suivante pour les diverses îles :

Total des | dont hors |

naissances. mariage.

Curaçao 152 518 | 234 Bonaire 153 72 170 108 125 | 78 66 | 41 63 13

Mariages Enfants légitimés

“Total pour 1886. | 1329 830

Pour les années précédentes :

MR nn 1640 | 1106 LA ‘LS 1509 | 947 188: 2 à 1601-.| De DD. : iuut CODEN. 975 | 14 | OMR ne Cet | D Atari | 191 LL. CRE etes oui ::: CN Dé : ©: ea <i 1.1 PARNPRANRE LS À: 11% | 155 1. j'OSOA ESS ARS Ci 926 | |. 1189 ue APRES: OUR 357 MB: , 1, «lan 0 ce | 214 SP ENRONNNR A PT CON A PTT | 499 Ces chiffres sont éloquents et prouvent que la population du groupe d'îles n’est pas restée stationnaire; elle a augmenté; dans les différentes époques aussi la population féminine surpasse la population masculine, tandis que le nombre des enfants nés hors mariage et de ceux qui ont été légitimés à l’occasion de mariages subséquents permet de jeter un regard sur la vie sociale des habitants

de notre colonie.

Il faut pourtant observer que, le mariage civil n’existant pas lors de l'esclavage, les esclaves ne pouvaient conclure un mariage légitime.

Des éléments de la population des îles, l'élément catholique est prédominant. Les nègres et les hommes de couleur appartiennent pour la plupart à l'église catholique aïnsi que les descendants d'Espagnols et d'habitants originaires des républiques voisines, le nombre des protestants et des israélites est relativement petit. Ces derniers se rencontrent principalement parmi les blancs. »Letztere,” écrit M. le Dr. Martin, »letztere bestehn vorwiegend aus Holländern und deren Nachkommen, gebildeten, gastfreien Leuten von liebenswürdiger Einfachheit; doch ist der Zuzug geborëner Holländer äusserst gering, denn es befanden sich nicht mehr als 300 auf allen niederländischen westindischen Inseln zusammen. Deswegen ist auch die niederländische sprache keineswegs so gepflest und bekannt wie man es erwarten sollte.”

Quant à la langue qu'on y parle, il est bien difficilé d’en désigner une plutôt qu'une autre, car on parle presque toutes les langues. Le hollandais est la langue officielle, mais on fait un usage tout aussi fréquent du français, de l'allemand et sur tout de l'espagnol et de l'anglais.

in dehors de ces langues, le bas peuple et la population de la campagne ont un langage spécial (Papiamente) qui ne ressemble à aucune langue du monde, ni à aucun patois connu, et qui est un mélange de toutes les langues vivantes, voire même mortes, dans lequel toutefois prédominent le portugais, l'espagnol, le français et le hollandais avec quelques expressions africaines. C’est

du reste un langage peu développé qu'on parle,” presque en

chantant, avec des inflexions de voix infinies.

Quant à l'usage des différentes langues, surtout de l'anglais vis à vis du hollandais, qui se parle bien par les autorités, pour la plupart des Hollandais de naissance ou d'origine hollandaise, et tant soit peu aussi par les indigènes, nous ne pouvons pas nous refuser d'insérer ici la juste explication de ce phénomène remarquable, que nous devons à M. le Dr. Molengraaft dans sa monographie précitée de l’île de St. Eustache:

» La plus grande partie des Antilles” écrit-il, » a toujours appartenu aux anglais et les îles anglaises ne sont pas situées les unes à côté des autres, mais éparses à des distances inégales entre les possessions des autres nations, par exemple la Guadeloupe française est située entre les possessions anglaises Dominica, Montserrat et Antigua; la Martinique française entre Dominica et les Antilles du Sud qui toutes appartiennent aux Anglais. Les plus proches voisines des iles néerlandaises au-dessous du vent: Saba, St. Eustache et St. Martin sont encore des îles anglaises, telles que les îles de Virginie, Anguilla, St. Kitts, Nevis, Barbuda; font seules exception St. Bar thélémy vendue, il y a quelque temps, aux Français par la Suède et la partie française de St. Martin. A l'égard de nos îles à nous, les conséquences de cette situation furent aggravées par le fait que les colonies anglaises les plus proches des nôtres surpassent celles-ci en étendue, en prospérité et en population.

» Dès les commencements de leur colonisation, les Anglais l'ont effectuée plus efficacement que les autres nations, c’est-à-dire un plus grand nombre d'Anglais s’est établi dans les colonies en proportion des personnes d’autres nationalités. ?)

1) Les Anglais ont coutume de retourner pour quelque temps dans la mère-patrie d’ou ils reviennent en rapportant de nouveaux éléments; la population de notre groupe, au contraire, restait pour la plupart du temps stationnaire; seulement de temps à autre des

familles hollandaises vinrent s’y établir d’autres fois des familles quittèrent Curaçao pour tonjours.

A cela vient se joindre un trait caractéristique du colon anglais, qui correspond entièrement avec la tendance conservatrice de l'esprit anglais, il ne s’écarte jamais de ses anciennes contumes et ne se défait jamais de sa langue maternelle, propriétés que le Français possède aussi quoique à un moindre degré, mais dont le Hollandais manque entièrement.

»Cette différence de caractère entre l'Anglais des colonies et son voisin hollandais produisit par les circonstances suivantes une prédominance, croissante par degrés, mais sûre, de la langue anglaise dans les colonies néerlandaises. ?)

»Comme il est notoire, les indigènes originaires des petites îles des Indes-Occidentales, les Caraïbes, étaient en partie expulsés, en partie extérminés, quand commença la colonisation régulière par la Hollande, nommément par la Compagnie des Indes-Occidentales. Les plantations furent cultivées par des nègres, originaires d’Afrique et importés dans les Indes-Occidentales, où ils formaient un article de commerce des plus importants.

» Comme le nègre était un article voulu, d’une valeur presque constante et peu sujet à la fluctuation des cours, il fut souvent employé comme moyen de payement ou d'échange, ce qui produisit un vif échange d'esclaves nègres entre les diverses colonies. En outre, quand dans quelque île une récolte très-abondante exigeait beaucoup d'ouvriers, les propriétaires d’autres îles, moins favorisées par la nature, louaient de grandes troupes de nègres pour ces îles.

»Le colon anglais parlait et parle encore anglais à ses inférieurs, pâr suite, ceux-ci sont obligés d'apprendre cette langue; en outre l'Anglais fait grande attention à ce que ses domestiques ne parlent pas d’autre langue à ses enfants. Le Hollandais au contraire n'exige pas de ses inférieurs la connaissance du hollandais; il leur parle la langue que ceux-ci parlent, permet à ses enfants de parler ce qu'ils veulent et finit le plus souvent, pour la facilité, par introduire la langue des domestiques dans le sein de sa famille. S'il faut qu'il se défende, il dit le plus souvent: » Je ne puis pas toujours parler hollandais, car alors mes enfants me comprennent mal et ils ne me répondent pas du tout.” Mais, à qui la faute? La conséquence en est que la langue hollandaise est ordinairement oubliée dans la seconde génération, ou que du moins elle est mal parlée.

1) I] ne faut pas oublier non plus que nos colonies des Indes-Occidentales ont éte longtemps sous la domination des Anglais. à

»La langue autrefois en usage chez les domestiques et les esclaves est par conséquent devenue la langue universelle et s'emploie de préférence dans la vie de tous les jours.

»La provision d'esclaves dans les îles néerlandaises au dessus du vent fut presque exclusivement fournie et complétée par les voisins anglais. Par cette raison et par un vif échange d'esclaves avec les colonies, le langage des domestiques dans les possessions néerlandaises était aussi l'anglais. Cette langue fut bientôt adoptée par les propriétaires hollandais d'esclaves et par là l'anglais était déjà devenu, dans la seconde moitié du siècle précédent, le langage usuel de la conversation. Il va sans dire que l'anglais, introduit par les esclaves nègres, n'a pas gagné en pureté.

Les relations commerciales très-vives avec les colonies anglaises environnantes et avec la partie de l'Amérique du Nord où l'anglais est indigène, ont aussi nécessité la connaissanse de l'anglais dans les colonies néerlandaises, mais c'est à tort que les descendants actuels d'anciennes familles hollandaises attribuent leur ignorance de la langue de leurs ancêtres à cette cause seule.”

Tristes vérités que celles-là et que les colons, nos compatriotes, doivent bien prendre à cœur. L’exempie de nos frères et compatriotes du Tran$vaal est là pour les couvrir de honte. L'’imitation de ce que les Boers ont fait sous ce rapport ne peut pas être difficile à la population de nos îles des Indes-Occidentales, grâce à leur patriotisme, proverbial de longue date, qui doit trouver son expression par l'application de: a langue c'est la nation entièrc.

Toutefois, la connaissance d’autres langues peut tendre à élever le niveau de la vie intellectuelle de la population. Et ce n’est pas là une circonstance peu importante, comme nous apprend l'expérience de ceux qui ont joui et jouissent encore de l'avantage de se sentir à leur aise dans la vie sociale de Curaçao et de ses dépendances.

L'instruction qu'on y donne y contribue considérablement et, grâce surtout aux bons soins des particuliers, de la mission catholique, particulièrement du recteur catholique Kieckens, joints à l'appui du Gouvernement, cette instruction répond aux exigences légitimes.

Il y a dix ans, il y avait à Curaçao 4 écoles gouvernementales avec 415 élèves, et 8 écoles particulières avec 2185 élèves; à Bonaire 1 école gouvernementale avec 75 élèves et 2 écoles particulières avec 280; à Aruba 1 école gouvernementale avec 86, et 3 écoles particulières avec 253 élèves; à St. Martin 3 écoles gouvernementales avec 114 élèves; pour St. Eustache le nombre des écoles n'était pas donné, seulement le chiffre des élèves, savoir 120; en outre il est fait mention d'une école dé dimanche avec 145 élèves.

Par ordonnance coloniale, recueillie dans le Bulletin des Publications n°. 16 de 1884, l'instruction fut réglementée dans la colonie de Curaçao, et a fait par là un grand pas en avant; cette nouvelle ordonnance fit aussi du bien aux écoles particulières. Selon le dernier rapport gouvernemental le nombre des enfants visitant les

écoles s'élevait pour Curaçao à 2701 en tout, savoir: l'école publique avec 193, trois écoles gouvernementales (landsscholen) avec 401, les écoles des Sœurs de Charité, dont 2 dans le district de la ville avec 1861, et 6 écoles particulières, dont 2 pour filles, avec 246 élèves. Dans les cinq autres îles, ce nombre d'enfants s'élevait en 1886 à 1281 en tout, dont 102 dans l’école gouvernementale et 252 dans celles des Sœurs de Charité; à Aruba, l'école gouvernementale compte 55 élèves, l'école particulière 20, et celles des Sœurs de Charité 315; à St. Martin (partie néerl.) les écoles gouvernementales comptent 324 élèves; à St. Eustache et Saba, dans les écoles gouvernementales il y a 106 et 107 élèves. À Curaçao, Bonaire ct Aruba 53 Sœurs de Charité étaient employées dans les écoles. Le nombre de ces Sœurs qui, dans la première de ces îles, élevait à 30.

travaillaient dans les institutions de bienfaisance, s Aucune personne impartiale n’osera nier le caractère salutaire de leurs occupations, ni estimer à peu de chose l'assistance que le clergé catholique aime à donner toutes les fois qu’il agit d'œuvres de charité. On peut prétendre, sans grande peur de contradiction, que, sans son secours, du moins quant à la colonie de Curaçao, aucun établissement d'utilité publique n'aurait été fondé. Aucun hospice, aucun hôpital pour les pauvres, ni pour les lépreux n'aurait jamais été fondé dans cette île. La moralité de la population des nègres serait encore toujours au même niveau inférieur sans le noble désintéressement et l’activité des ecclésiastiques catholiques. L'éducation de la masse du peuple, négligée au plus haut degré tant dans la ville que dans les districts extérieurs, la restriction des crimes, la neutralisation d’aspirations séditieuses et de toutes sortes d’influences nuisibles, nées surtout par les contacts réitérés de cette population avec les personnes des républiques voisines — tout cela et bien d'avantage encore, le clergé catholique peut le considérer comme le fruit de son activité.

Nous avons écrit plus haut que la population de nos colonies dans les Antilles n'est pas restée stationnaire; cependant la statistique des éléments de la population d’après les lieux de naissance constate bien que la population, née dans les îles, a augmenté, mais un fort accroissement d'éléments étrangers, une émigration

ou colonisation considérable dans ces îles, ne peut pas être constatée.

D'où résulte ce phénomène? Serait-ce à cause du climat, d’épidémies ou d’autres catastrophes regrettables?

Quant .au climat, spécialement celui de Curaçao, il est chaud, mais la chaleur y est tempérée par les vents. Ceux du nord sont propres aux mois de novembre, de décembre et de janvier et ils rendent ia température fort douce, fraîche même, surtout pendant les nuits. Pendant les autres mois de l’année une petite brise du nord-est se fait toujours sentir, ce qui rend la chaleur assez supportable, même aux heures les plus lourdes de la journée, notamment de midi à quatre heures de relevée. Du reste, et grâce à ces vents continuels, la salubrité de l’île est passée à l’état de proverbe, et les malades de tous les pays viennent là pour se rétablir.

Les épidémies y sont rares. La fiévre jaune y fait de temps à autre une petite apparition, mais les cas sont immédiatement isolés par les soins du Gouvernement,

Elle n’y existe, du reste, pas dans l'atmosphère de l’île, et quand elle y paraît, c'est qu’elle est apportée du dehors; aussi les lois de la quarantaine y sont fort rigoureuses et scrupuleusement observées par les navires venant de pays suspects, et par ceux auxquels l'entrée du port a été refusée, soit pour subir la quarantaine, soit seulement pour rester quelques jours en observation. A cet effet, il y a un lazaret au sud-est de la ville, où l'équipage et les passagers, s’il y en a à bord, peuvent se loger.

Les tremblements de terre y sont inconnus et l’on n’a senti que de petites et légères secousses, même lorsque ces tremblements ont été sérieux et forts sur le continent. Le sol, au reste, n’est nullement volcanique et les rochers de l'ile sont généralement de la madrépore.

Les ouragans y sont exceptionnels. Aussi la situation hygiénique de la colonie est-elle en générale favorable, surtout celle de Curaçao. S'il était possible de percer dans les districts extérieurs des puits artésiens qui pourraient fournir de l’eau en assez grande abondance pour en arroser les champs en temps de sécheresse, ce serait là un grand bienfait pour Curaçao. Ces travaux paraissent exiger tant de frais que, au point de vue financier, il n'y a pas moyen de les conseiller. Aussi la crainte que la situation de l'île n’est pas favorable pour le succès des efforts ayant pour but de percer

ces puits, est-elle partagée par plusieurs experts. Très-rarement cependant, il y a disètte d’eau dans un sens hygiénique. Dans la ville, les citernes pourvoient aux besoins; dans les districts

extérieurs, les saisons extraordinairement sèches exceptées, les

puits fournissent assez d’eau pour les besoins de la population. C'est donc seulement pour arroser les champs qu'on manque d’eau à Curaçao.

Si cette description de la situation de Curaçao et de ses dépendances est d'accord avec la réalité, ce n'est donc pas là qu'il faut chercher la raison du fait qu'il n'y a à constater, ni un fort accroissement d'éléments étrangers, ni une colonisation ou une émigration considérable vers ces îles; d’autres causes y ont contribué et ce sont pour la plupart les conditions politiques et économiques, en partie aussi l'influence d’une culture, défectueuse par la sécheresse.

De toutes les îles des Indes-Occidentales,” écrit M. A. H. Bisschop Grevelink à bon droit dans une de ses brochures, iln'y en a pas qui soient situées plus favorablement pour le commerce que les deux groupes appartenant à la Néerlande. St. Eustache, St. Martin et Saba se trouvent au centre des Antilles; Curaçao, Bonaire et Aruba dominent, en parlant dans un sens maritime, à peu près tous les lieux de la côte du Venezuela. Toutes ces îles sont marquées, par excellence, du sceau de l'esprit entreprenant de nos ancêtres. Leur but, en s’en rendant maîtres, était le commerce, non l'agriculture. Le port de Curaçao, la rade de St. Eustache sont, dans leur espèce, les meilleurs des Indes- Occidentales.” :

Quel spectacle délicieux et attrayant Curaçao ne représentait-il pas dans le siècle précédent! Dans sa Description des Deux-[ndes (tome IV, p. 349 et suivantes) l'abbé Raynal nous fait connaître Curaçgao comme le plus grand magasin et le plus vaste entrepôt de marchandises pour toutes les nations commerçantes. ,, Vers l’année 1780", écrit M. Teenstra (1. c. tome I, page 274) ,le commerce y avait atteint son apogée par suite de la guerre entre l'Amérique et l'Angleterre. Le port de Curaçao, quelque grand qu'il fût, contenait parfois tant de vaisseaux que les derniers venus devaient jeter l'ancre dans l'embouchure du port. Un jour même, 53 grands vaisseaux marchands, avec de riches cargaisons, partirent sous convoi pour la mère-patrie et en rapportèrent à leur retour de pleines cargaisons de marchandises européennes.”

Aussi la prospérité de l’île dépendante de St. Eustache, dans les années 1780 et 1781, est-elle décrite dans l'ouvrage de C. de Jong. » Par sa situation et par des circonstances accidentelles” — lisonsnous à la page 106 — »elle est devenue l’entrepôt universel de toutes sortes de marchandises européennes.

» Le commerce qui s'y fait en marchandises de toute espèce, a

pris par là, dans cette petite île, une étendue et une vivacite qui surpasse toute idée. Au pied de la montagne où le village est situé, se trouve une multitude de magasins bâtis autour de la rade et cela s'appelle la baie. Beaucoup de ces magasins, dont quelques-uns sont en même temps des maisons, ont depuis le second étage une communication les uns avec les autres, par une espèce de pont, jeté au dessus de la rue, de sorte qu'on peut se voir sans passer la rue.

»On ne s'imaginerait pas que ces magasins, pour la plupart en planches rudes et construits à la hâte, contiennent réellement tant de grands trésors; et, malgré le grand nombre de ces magasins, il y en a trop peu pour contenir toutes les marchandises qui y sont amenées sans interruption. On voit amoncelés en plein air le coton et le sucre; des centaines de barils de ce dernier produit, pour lesquels il n'y a pas de place dans les magasins et que les vaisseaux ne peuvent pas encure embarquer, y sont couverts de voiles goudronnées. Dans plusieurs maisons les appartements sont loués à des prix immodérés pour avoir seulement les marchandises sous le toit, et dans ce but les planchers sont troués pour précipiter le café du haut en bas. Des chambres de 15 pieds carrés rapportent par semaine jusqu'à un Johannis, c'est-à-dire vingt-deux florins et demi.’

Combien le coeur plein de patriotisme ne doit-il pas saigner en apprenant que, quand cette île, après avoir appartenu tantôt aux Anglais tantôt aux Français, depuis 1781 jusqu'à 1816, année où la possession fut restituée à la Hollande, nous fut rendue, le commerce y était absolument entravé par un grand nombre d'ordonnances; il ne s'est jamais rétabli depuis, et des magasins immenses d'autrefois, des ruines seules font témoignage. Le Dr. Molengraaff

ajoute à bon droit: »Le nom de go/den rock, sous lequel St.

=ustache était connu, il y a un siècle, par toutes les Indes- Occidentales et encore loin au dehors, sonnerait aujourd’hui comme une ironie mordante.”

Non seulement pour St. Eustache, mais pour tout notre groupe d'îles dans les Antilles, les temps de prospérité ont disparu, du moins pour la plupart.

I n'y a qu'un seul point lumineux qu’on puisse indiquer: c'est l'indépendance financière de la colonie quant à la mère-patrie.

Voici un aperçu de l'administration de la colonie de Curaçao depuis 1867 jusqu'a 1887 inclusivement.

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