LA FRANC-MAÇONNERIE ET L 'ANGLETERRE COALISÉES
ambulant et toujours caché ». Or, nous dit Darmesteter,, « le sarcasme de Voltaire n'est que le dernier et retentissant écho d'un mot murmuré six siècles auparavant dans l'ombre du Ghetto et plus tôt encore, au temps de Celse et d'Origène, au berceau même de la religion du Christ ». Ces mots sont encore un aveu bien clair de la filiation de la Maçonnerie, fille du judaïsme.
C'est de l'époque du voyage de Voltaire en Angleterre et de son initiation dans la Franc-Maçonnerie par les Anglais, que date la fondation des premières loges en France, du moins de celles constituées pour préparer la Révolution. Elles furent établies par des Anglais, et dans des villes où les relations avec eux étaient fréquentes. Telles furent celles de Dunkerque et de Mons en 1721, de Paris en 1725, de Bordeaux en 1732, de Valenciennes en 1735, du Havre en 1739.
En 1787, il y avait en France deux cent quatre-vingt-dix-huit villes et bourgs possédant des loges régulières. Paris en comptait quatre-vingt-une/ En 1777, les loges de la province et de la capitale avaient fondé le Grand-Orient, d'où sortit le jacobinisme et avec lui le régicide et l'état révolutionnaire où nous n'avons cessé de patauger dans toutes les erreurs sociales et souvent dans le sang.
Ce furent aussi les Anglais qui instituèrent les premières loges dans les autres pays.
Sir Georges Hamilton, dignitaire de la Grande-Loge d'Angleterre, se chargea de la Suisse. Le comte Schefïer fut désigné pour la Suède, lord Chesterfield pour la Hollande,le duc d'Exeter pour la Saxe, Martin Folkes pour le royaume de Piémont, le duc de Middlesex pour le grand-duché de Toscane. L'émissaire envo)^é à Rome fut le F. \ Martin Folkes ; et le duc de Wharton reçut le mandat de maçonniser l'Espagne et le Portugal.
La main de l'Angleterre dans ces débuts se trouve partout. La Grande-Loge d'Angleterre a pu se vanter avec raison d'être reconnue sur tous les points du globe, la mère de la Maçonnerie universelle. Ses vaisseaux l'ont transportée en Europe et en Amérique4, puis jusqu'en Chine et autres pays asiatiques et
4. En 1608, des catholiques français avaient fondé la première colonie américaine à Québec. En 1721, la Grande-Loge d'Angleterre envoya des Francs-Maçons y fonder une première loge. De 1721 à 1759, date de la prise
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africains ; partout aussi les sociétés secrètes ont suscité les événements et les révolutions qui ont servi à accroître le domaine anglais.
Le séjour de Voltaire en Angleterre est une date marquante pour l'histoire de la Franc-Maçonnerie et aussi une date marquante pour l'histoire de la France et pour l'histoire de l'Angleterre. C'est de ce moment que commença l'entente de la puissance britannique et de la puissance maçonnique, du gouvernement anglais et de la secte, et par cette entente et cette collaboration l'extension dans toutes les parties du monde de la Grande-Bretagne et de ses colonies. Partout les Anglais avaient établi des Loges et partout les Loges ouvrirent les portes au commerce anglais, préparaient la domination anglaise, et partout aussi elles suscitèrent les révolutions qui paralysèrent les autres puissances européennes et les mirent dans l'impossibilité de s'opposer aux entreprises de l'ambition anglo-saxonne. « Au XVIIIe siècle, dit le F.*. Malapert, orateur du Suprême Conseil du rite écossais ancien accepté, la Maçonnerie était si répandue dans le monde qu'on peut dire que rien ne s'est fait depuis cette époque sans son assentiment. » Et M. Claudio-Jannet, dans le volume qu'il ajouta à l'œuvre du P. Deschamps, a publié un long et curieux document, conservé aux archives de Fribourg en Suisse sur le rôle des Juifs dans la Révolution universelle, révolution opérée par les sociétés secrètes, au grand profit de l'Angleterre.
Elles avaient partout pour but et elles eurent partout pour résultat l'établissement du régime républicain ou du moins l'établissement de monarchies illégitimes amenant avec elles le régime parlementaire.
C'est ce que reconnaît Bernard Lazare .
Le juif a l'esprit révolutionnaire ; conscient ou non, il est un agent de révolution... Pendant la période révolutionnaire, les juifs ne restèrent pas inactifs. Etant donné leur petit nombre à Paris, on les voit occuper une place considérable, comme électeurs de section, officiers de légion, ou assesseurs, etc. Il faudrait dépouiller les archives des provinces pour déterminer leur rôle général. Pendant la seconde période révolutionnaire,
de Québec par le F.-. Wolfe. la fille de la Grande-Loge d'Angleterre avait fait des petits, ayant mission de jouer au Canada le rôle que les loges établies en France par l'Angleterre y jouèrent de 1725 à 1789 et 1793.
Le terrain était miné au Canada en 1759, sous les pieds de Montcalm, comme il le fut de 1773 à 1789 sous les pieds de Louis XVI.