‹ Les pourquoi de la guerre mondialeChapitre 90 sur 146 · Priscaque Lehnin surgent et tecta Corini · texte numérisé non relu

Priscaque Lehnin surgent et tecta Corini

99. Et veteri more clerus splcndescit honore, 100. Nec lupus nobïli plus insidiatur ovili.

« Alors le Pasteur recouvre son troupeau, la Germanie son roi.

» La Marche, pleinement consolée de ses longues douleurs, peut enfin serrer ses enfants dans ses bras et il n'y a plus d'ennemi qui se réjouisse (de sa chute dans l'hérésie).

» Les murs antiques de Lehnin et de Chorin se relèvent ; le clergé, comme c'était autrefois, est entouré de respect et d'honneur ; il n'y a plus de loup pour dresser des embûches aux nobles brebis. »

« Le Pasteur recouvre son troupeau ». Le Pasteur chargé par le divin Maître de paître brebis et agneaux voyait depuis trois siècles la Germanie loin de lui. Il a enfin la joie de voir rentrer au bercail et le Brandebourg égaré par Elisabeth de Danemark

14. Dans son livre Deux Diplomates, le comte d'Antioche a publié une lettre de Donoso-Cortès au comte Raezyuschi, dans laquelle il est dit: «( ...Sans vous, j'aurais attaqué la Prusse dans le Parlement, parce que je ne suis ami ni de la Prusse, ni de sa politique, ni de son agrandissement, ni même de son existence ; je la crois, depuis sa naissance, vouée au démon, et je demeure convaincu que, par la fatalité de son histoire, elle lui est vouée pour toujours. »

LE VATICINIUM LEHNINENSE. 243

et la Prusse égarée par le Grand-Maître de l'Ordre Teutonique, et l'Allemagne égarée par un autre moine, Luther, le prince des apostats. Quel est le rôle que l'Allemagne doit recouvrer au moment où elle retournera au vrai Pasteur des âmes? La conjecture même paraît interdite à qui voudrait répondre à cette question.

« Les murs de Lehnin et de Chorin sont relevés. » Pour conjurer la malédiction, faire parler la prophétie à son avantage, Guillaume Ier, qui, dans sa jeunesse, était allé consulter une pythonisse sur le sort que cette prophétie lui destinait, à peine monté sur le trône impérial, a donné, de Versailles, l'ordre de rebâtir la première de ces abbayes ; elle fut achevée en juin 1877. Guillaume Ier n'a point songé à la seconde; mais surtout il a négligé d'y rappeler les moines et d'y restaurer la Laus perennis. Sous son règne le loup n'a point cessé de persécuter le noble troupeau, sous prétexte de favoriser la civilisation et de la faire progresser : il s'est rendu coupable du Kulturkampf .

Il n'en sera plus ainsi si le voyant a vu et dit ce qui sera quand les dernières suites de la guerre mondiale auront achevé de remettre le monde dans son assiette ; quand Dieu aura réalisé ses desseins sur la Prusse et sur l'Allemagne, sur la France et sur l'Europe, et aussi sur l'Eglise, on verra si ces desseins sont bien ceux que les vers du Frère Hermann ont permis de conjecturer.

Ces sectes ont pour but principal de combattre l'Eglise de Jésus-Christ, et s'il se pouvait, même faire disparaître le catholicisme de la surface de la terre.

A notre époque, les facteurs du mal paraissent s'être coalisés dans un même effort, sous l'impulsion et avec l'aide d'une société.

La société des Francs-Maçons est le point central d'où les autres sectes procèdent et où elles aboutissent. Dans l'espace d'un demisiècle elle a fait d'innombrables progrès. Elle ne craint plus rien, elle ne recule devant aucun adversaire.

Des retraites ténébreuses où elle machine ses embûches, la voici qui fait irruption dans le grand jour des sociétés. Employant l'audace et la ruse, elle a envahi tous les rangs de la hiérarchie sociale et prend au sein des Etats modernes une puissance qui équivaut presque à la souveraineté.

Elle trouve trop souvent soutien et faveur auprès de ceux qui gouvernent, au grand détriment des nations.

Si, d'une part, elle fait une guerre impie à l'ordre spirituel, d'autre part, elle secoue et ébranle les fondements de l'ordre civil. Elle veut détruire de fond en comble toute la discipline religieuse et sociale qui est issue des institutions chrétiennes et lui en substituer une nouvelle dont les principes fondamentaux et les lois sont empruntés au rationalisme pour régler, non seulement la vie publique, mais encore la vie privée, sous le prétexte de revendiquer les droits de l'homme et de réformer la société.

LÉON XIII, Passim.

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