INTRODUCTION
L'atmosphère renferme une immense quantité de corpuscules microscopiques qui sont entraînés par les vents et qui s'y tiennent en suspension pendant un temps plus ou moins long. Il s'en rencontre partout, dans l'air des campagnes comme dans l'air des villes. Si nous ne les distinguons pas habituellement à l'œil nu, c'est que leur surface très -petite ne réfléchit qu'une quantité de lumière tout à fait insuffisante pour impressionner la rétine. Mais il suffit de faire l'obscurité dans le milieu qui les contient, et d'y lancer un faisceau de lumière solaire ou de lumière électrique pour les voir flotter aussitôt par myriades , au sein du rayon lumineux.
Que l'on abandonne à l'air libre une plaque de verre ou une surface polie , en très-peu de temps on y trouvera de la poussière ; on y observera un
nombre plus ou moins considérable de parcelles solides, véritable sédiment atmosphérique qui s'y est déposé.
Tous les corps terrestres réduits, par une action mécanique quelconque, à un état de division suffisant, sont susceptibles d'être soulevés par le vent, et de flotter au sein de l'air. Tous les sels contenus dans l'Océan sont encore entraînés par les fines gouttelettes liquides que le choc des vagues fait jaillir sur les côtes. Ces gouttes d'eau, s'évaporant dans l'atmosphère, y laissent une parcelle de résidu solide qui doit se retrouver dans l'air que nous respirons. Arago a décrit le mécanisme de cette action en parlant des poussières d'eau que la brise soulève sur les rivages océaniques.
L'atmosphère des villes est particulièrement chargée de corpuscules, et de résidus de toute sorte.
L'imagination se figure aisément, dit M. Boussingault, mais non pas sans un certain dégoût, tout ce que renferment ces poussières que nous respirons sans cesse, et que l^on a parfaitement caractérisées eu les nommant les immondices de Vatmosphhre, Elles établissent, en quelque sorte, le contact entre les individus les plus éloignés les uns des autres, et, bien que leur proportion, leur nature, leurs effets soient des plus variés, ce n'est pas trop s'avancer que de leur attribuer une partie de l'insalubrité qui se manifeste ordinairement dans de grandes agglomérations d'hommes.
Le fait de la suspension des poussières atmo-