‹ Les poussières de l'airChapitre 7 sur 26 · PI. IV · texte numérisé non relu

PI. IV

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i5 mai 1846, ce bâtiment naviguant à i4^™ des côtes nord de l'Algérie; grand nombre de grains transparents de silice (échantillon du Muséum d'Histoire naturelle).

N** 2. Sable tombé dans la partie occidentale de Tarchipel Canarien, le 7 février i863. Algues nombreuses, grains transparents ; grains noirs et opaques ; quelques diatomées (échantillon du Muséum d'Histoire naturelle).

N® 3. Cendres du Vésuve, tombées à Naples, le 22 octobre 1822 (échantillon du Muséum d'Histoire naturelle).

N® 4. Cendre volcanique tombée à Quito, les 7 et 8 octobre i843 (échantillon du Muséum d'Histoire naturelle).

N® 5. Pluie de sable tombée à Syracuse le 10 mars 1872. Quelques grains noirs très-opaques, d'autres transparents, incolores ou jaunâtres ; quelques-uns (très-rares) bleus ou roses (échantillon donné par M. Tarry).

N® 6. Pluie de poussière tombée à Boulogne-sur- Mer, le 9 octobre 1876. Grains de silice blancs, opalins, très-nombreux, quelques-uns noirs et opaques. Algues diverses, très-abondantes et de couleurs variées, roses et bleues (échantillon recueilli et donné par M. Vaillant-Lefranc).

N® 7. Sable du désert de Gobi ( échantillon du Muséum d'Histoire naturelle).

N" 8. Sable du grand désert du Sahara, pris à aS lieues de Biskra (Algérie, 1866) (échantillon du Muséum d'Histoire naturelle).

Pluies de lait, pluies de pollen, pluies d'insectes, pluies de croix, etc. — Dans les descriptions qui précèdent, je crois avoir, pour la première fois, nettement élucidé le phénomène des pluies de poussières, en faisant cesser les divergences d'opinions de la part de quelques météorologistes éminents. Pour les uns, les pluies terreuses devaient être considérées comme ayant une origine cosmique (M. Quetelet notamment, dans sa Physique du Globe ( * ), dit, en parlant des substances qui colorent en rouge la pluie ou la neige : « Il est bien difficile de soutenir que ces corps appartiennent à notre globe »; pour les autres, les pluies de poussières ont une origine terrestre. Les deux hypothèses sont exactes : le fait des chutes de météorites pulvérulentes a été nettement constaté, tout aussi bien que celui des pluies de poussières provenant des sédiments terrestres.

On conçoit que ce dernier phénomène peut varier à Tinfini. Si les annalistes parlent de pluies de lait, c'est que Teau pluviale était colorée par une poussière blanche, due à l'enlèvement de terres blanches sans doute crayeuses. Toute matière pulvérulente est susceptible d'être enlevée par les

(•) Chap. IV, p. 322.

tourbillons et incorporée aux eaux pluviales; mais, dans ce cas, le phénomène est généralement local et ne prend pas un développement considérable.

Les pluies dites pluies de soufre, par exemple, sont celles qui contiennent des grains de pollen de diGTérentes espèces végétales. MM, Bureau et Poisson ont reconnu récemment qu'un échantillon

de terre combustible, très-légère, jaune, trouvé par M. de l'Isle dans une grotte de l'île de la Réunion, était formé de grains de pollen [Jig- 33) (' ). Qu'une semblable terre soit soulevée par les vents, puis rejetée sur le sol par la pluie, voilà une pluie

( * ) Compta rendus des 17 Juillel 1876.

'I de l' Académie des Seiençes du

de pollen qui se manifeste. Ses gouttes d'eau seront colorées en jaune, comme si elles étaient mélangées de fleur de soufre.

Des insectes, de la manne et bien d'autres sub-

Fig. 34.

Fac-similé d'une gravure du Lit^re des Prodiges de Lycosthènes, représentant une pluie de croix en 1660.

Stances ont pu produire de la même façon les pluies extraordinaires dont parlent les auteurs anciens.

J'ajouterai enfin, pour terminer, que, pendant les éruptions volcaniques, on a quelquefois cité des pluies de croix, formées probablement de sels su-

blimés ou efflorescents tombant à l'état cristallin. Lors de l'éruption du Vésuve en 1660, le P. Kircher a observé, à Naples, une de ces pluies de croix; mais la description qu'il en donne est confuse et peu explicite. Lycosthènes a figuré ce phénomène dans une planche naïve de son Livre des Prodiges {fig- 34) ; nous la reproduisons ci-contre, à titre de document historique.

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