NINA, MARTHE, LE GÉNÉRAL, D'ORILLY, DU BAREC
D'ORILLY, auprès de Nina.
« Écoutez-moi, Nina, je ne suis point coupable.
« Oubliez un roman où rien n'est véritable
« Que l'amour démon cœur, dont je me sens pâmer!...
DU BAREC , assis auprès de Marthe.
« Je vous aime, Martha, comme voilà mon cœur.
« Vos yeux sont de cristal , vos lèvres sont vermeilles
« Comme ce ciel de pourpre autour de l'occident...
MARTHE
* Que voulez-vous qu'on dise à des raisons pareilles !
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D'ORILLY, à Nina.
« Votre taille flexible est comme un palmier vert. « Vos cheveux sont légers comme la cendre fine « Qui voltige au soleil autour d'un feu d'hiver. « Ils frémissent au vent comme la balsamine ;. « Sur votre front d'ivoire , ils courent en glissant « Comme une huile craintive au bord d'un lac d'argent. « Vos yeux sont transparents comme l'ambre fluide « Au bord du Niémen : leur regard est limpide <c Comme une goutte d'eau sur la grenade en fleurs.
NINA
« Les vôtres, mon ami, sont inondés de pleurs
DU BAREO, à Marthe.
« Le son de votre voix est comme un bon génie * Qui porte dans ses mains un vase plein de miel.
D'ORILLY, à Nina.
« Toute votre nature est comme une harmonie :
« Le bonheur vient de vous comme il vous vient du ciel î
DU BAREO , à Marthe.'
« Laissez-moi rester là, près de vous, en silence, « La main dans votre main.
d'ortlly.
Passer mon existence « A sentir chaque jour mon cœur se consumer! »
LE GÉNÉRAL , se levant.
Voilà, mordieu! qui s'appelle parler... Ahl quelle langue, quelle langue!.. C'est de la musique, et de la bonne I
d'obilly.
Oui, général... un quatuor que nous voudrions bien répéter...
LE GÉNÉRAL , ouvrant les bras.
C'est entendu, mes chers enfants. (A Marthe.) Toi, tu tâcheras de ne pas faire de fausses notes; ça vaut bien « la faire à l'oseille , » hein ?
MARTHE, indignée.
Fi, mon oncle 1 qui donc a jamais pu parler ainsi?