Du latin conceptum, d'où Ve
2. Les enlèvements étaient une aventure des plus communes dans les romans du genre précieux. Sarrazin fit une ballade pour célébrer la méthode des enlèvements en amour {Œuvres, édit. de 1656, p. 75); mais cette ballade répondait à un événement vrai, ce qui prouve une fois de plus que les mœurs s'inspirent souvent de la littérature. Dans les Héros de romans de Boileau, Diogène demande à'Pluton, en parlant de Mandane, héroïne du Grand Cynis : « Savez-vous com- Ijien elle a été enlevée de fois? — Pluton. Où veux-tu que je l'aille chercher? — Diogène. Huit fois. — Plutox. Voilà une beauté qui passe par bien des mains. — Diogène. Cela est vrai; mais tous ses ravisseurs étoient les scélérats du monde les plus vertueux. Assurément ils n'ont pas osé lui toucher. — Plutox. J'en doute. » L'auteur et les lecteurs du roman n'en doutaient pas. A vrai dire, Diogène exagère : selon E. Despois, Mandane n'est enlevée que quatre fois; Diogène compx-end sans doute dans le total les simples tentatives d'enlèvement. En 1669, dans son Paimasse réformé, G. Guéret ^cité par M. Livet, édit. des Précieuses, p. 95) faisait rendre cet edit par Apollon : « Art. xiii. Déclarons que nous ne reconnaissons pas pour héroïnes toutes les femmes qui auront été enlevées phis d'une fois. »
3. Du subst. lat. contraclus, venant lui-même de contrahere, lier, contracter, d'où le c étymologique. Le sens est mieux déterminé par du que par notre expression actuelle contrat de mariage.
4. Comme bourgeois. Somaize prend la phrase (p. Lvii) en l'altérant un peu et traduit marchand par vulgaire.
0. L'origine la plus vraisemblable de ce mot, qui date du treizième siècle (« Lors tuit (tous) diseient en lor jar^wn... » Marie j)k France, Fables, 22', serait ja?'S, mâle de l'oie: \e jars jargonne.
no LES PRECIEUSES RIDICULES
CATHOS
En effet, mon oncle, ma cousine donne dans le vray de la chose. Le moyen de bien recevoir des gens qui sont tout à fait incongrus* en galenterie? je m'en vais gager qu'ils n'ont jamais veu la carte de tendre, et que billets doux, petits soins, billets galans, et jolis vers, sont des terres inconnues pour eux^. Ne voyez vous pas que toute leur personne marque cela, et qu'ils n'ont point cét^ air qui donne d'abord bonne opinion des gens? venir en visite amoureuse avec une jambe toute unie*; un chapeau desarmé de plu-
1. Qui n'est pas congru, c'est-à-dire convenable (lat. congruus). Incongru, incongruité étaient fréquemment employés, comme synonymes d'incorrect et de solécisme, par les grammairiens du dix-septième siècle. Régnier fait dire à deux pédants aux prises [Sat. X) :
« Comment I vostre argument, dist l'un, n'est pas en forme.» L'autre., tout hors du sens ; «Mais c'est vous, malautru, Qui faites le sçavant et n'estes pas congru.» Lautre: « Monsieur le sot, je vous teray bien taire: Quoy! comment! est-ce ainsi qu'on frappe Despautère. Quelle incongruilé! vous mentez par les dents. »
Précieux et Précieuses, tout préoccupés de beau langage, ne manquaient pas d'appliquer les termes de grammaire aux choses^ du savoir-vivre et du bon ton. Dorante, àuBourgeois gentilhomme (IV,1), dit à la marquise Dorimène : « Vous y trouverez (dans ce dîner) des incongruités de bonne chère et des barbarismes de bon goiît. » Jusqu'au bon Cbrysale qui s'écrie, par contagion sans doute {Fem. sav., II, 7) :
Le moindre solécisme en parlant vous irrite, Mais vous en faites., vous, d'étranges en, conduite.
SoMAizE relève (p. xlyiii) l'expression « incongru en galanterie ».