‹ Les précieuses ridicules; comédie. Nouv. éd., conforme à l'éd. originale, avec les variantes, une notice sur la pièce, le sommaire de Voltaire, un appendice et un commentaire historique, philologique et littéraireChapitre 76 sur 155 · ARMANDE · texte numérisé non relu

ARMANDE

Ail I fi! VOUS (lis-je.

Ne concevez-vous point ce que, dès qu'on l'entend, Un tel mot à l'esprit offre de dégoûtant? De quelle étrange image on est par lui blessée! Sur quelle sale vue il traîne la pensée? N'en frissonnez-vous point? et pouvez-vous, ma sœur. Aux suites de ce mot résoudre votre cœur?

1. La fausse délicatesse de sentiments et le raffinement de langage propres aux Précieuses se combinaient très bien quelquefois avec une surprenante grossièreté. Elles faisaient souvent du bel esprit sur des choses assez malpropres. D'autre part, le résultat le plus clair de leurs ostracismes pudibonds, dont Molière se moque ailleurs (voy. dans les Femmes savantes, III, 2, la tirade de Philaminte sur les « syllabes sales »), était de souligner des mots plus ou moins équivoques.

2. Du lat. sufferre. Notre orthographe est donc plus régulière.

3. L'édition de 1734 ajoute ici : à part; puis : haut^ devant « Encore un coup... »

4. C'est-à-dire accompli, en bien ou en mal, plutôt en mal. Molière dit de même, en parlant de la comtesse d'Escarbagnas {Comt. d'Escarb., 1) : « Le petit voyage qu'elle a fait à Paris l'a ramenée dans Angoulème plus achevée qu'elle n'étoit. »

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