‹ Les précieuses ridicules; comédie. Nouv. éd., conforme à l'éd. originale, avec les variantes, une notice sur la pièce, le sommaire de Voltaire, un appendice et un commentaire historique, philologique et littéraireChapitre 99 sur 155 · Du latin punclum · texte numérisé non relu

Du latin punclum

6. Le madrigal (bas lat. matriale, d'orj^ine inconnue) est une petite pièce de vers, sans loi particulière de rime ou de rythme, renfermant, sous une forme aussi facile que possible, une pensée galante ou ingénieuse, un sentiment délicat. Cultivé en France dès le seizième siècle, le m.adrigal fut en grand honneur au dix-septième dans la société précieuse : la fameuse Guirlande de Julie (voy. ci-dessus, p. 29j se compose uniquement de madrigaux. M. de La Sablière reçut de Conrart le titre de grand madi-igalier français. Mais c'est au dix-huitième siècle que le madrigal fut surtout à la mode; on

sance*; celuy-là a composé des stances^ sur une infidélité; monsieur un tel écrivit hier au soir un sixains à mademoiselle une telle, dont elle luy a envoyé la réponse ce matin sur les huit heures; un tel autheur a fait un tel dessein 4; celuy-là en est à la troisième partie de son roman ; cet autre met ses ouvrages sous la presse: c'est là ce qui vous fait valoir dans les compagnies; et si l'on ignore ces choses, je ne donnerois pas un clou ^ de tout l'esprit qu'on peut avoir.

en abusa tant, qu'il finit par tomber dans le discrédit. — De même qu'il y a , dans les annales du précieux, une Journée des Portraits (voy. ci-après, p. 147, n. 2), il y a aussi une Journée des Madrigaux. Celle-ci eut pour théâtre le salon de Mme Arragonais, le 20 décembre 1655; la société de Mlle de Scudéry passa tout un jour à impr© viser une multitude de madrigaux, bons ou mauvais, — plus de mauvais que de bons, — à prepos d'un cachet de cristal offert par Conrart à Mlle de Scudéry. Ces madrigaux, recueillis par Pellisson et conservés dans les papiers de Conrart, ont été publiés en 1856 par M. Em. Colombey. Voy., sur la Journée des Madrigaux^ V. Cousin, la Société française au dix-septième siècle, t. II, p. 252 à 263.

1. Comme amour satisfait, faveur. Jouissance, infidélité, rupture, etc., étaient alors le sujet et le titre d'un grand nombre de pièces galantes.

2. La stance (de l'ital, stanza, strophe ; lat. stare, s'arrêter) est un groupe de vers (trois à douze) formant un sens complet ou suivi d'un repos, et présentant, pour le nombre et la mesure des vers et pour le système des rimes, une combinaison qui se reproduit plusieurs fois de suite dans la même pièce. Dans l'ode, l«s stances prennent le nom de sti'ophes , celui de couplets dans la chanson; on en mettait parfois dans la tragédie, comme dans le Cid et Polyeucte. Quand elles entrent dans la composition d'une pièce qui n'appartient à aucun genre déterminé, elles donnent leur nom à la pièce. Entre les stances, souvent insignifiantes, que nous a laissées le dix-septième siècle, on admire celles que le grand Corneille adressait à Mlle du Parc (voy. ci-dessus, p. 56-57) :

Marquise, si mon vis?ige

A quelques traits un peu vieux, etc.

Composées vers 1658, elles furent publiées en 1660, dans un recueil de Poésies choisies, par le libraire Ch. de Sercy.

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