LON, CATHOS
LA GRANGE
MA foy, marauts, vous ne vous rirez pas de nous, je vous promets. Entrez, vous autres.
Quelle est donc cette audace, de venir nous troubler de lasorte^ dans nostre maison?
RIDICVLES. 83
DU CROISY
Comment, mes Dames, nous endurerons que nos laquais soient mieux receus, que nous? qu'ils viennent vous faire Tamour à nos dépens, et vous donnent le Bal?
MAGDELON
Vos laquais!
LA GRANGE
Ouy, nos laquais, et cela n'est ny beau, ny honneste, de nous les débaucher, comme vous faites.
MAGDELON
O ciel, quelle insolence !
LA GRANGE
Mais ils n'auront pas Tauantagede se seruir de nos habits, pour vous
donner dans la veuë, et si vous les voulez aimer, ce sera, ma foy, pour leurs beaux yeux^ viste qu'on les dépouille sur le champ.
lODELET.
Adieu nostre brauerie.
MASCARILLE
Voila le Marquisat et la Vicomte à bas.
DU CROISY
Ha ha, coquins, vous auez Taudace d'aller sur nos brisées. Vous irez chercher autre part de quoy vous rendre agréables aux yeux de vos belles, ie vous en asseure.
LA GRANGE
C'est trop que de nous suplanter.
RIDICVLES. 85
et de nous suplanter auec nos propres habits.
MASCARILLE
O fortune, quelle est ton inconstance !
DU CROISY
Viste qu'on leur oste jusqu'à la moindre chose.
LA GRANGE
Qu'on emporte toutes ces hardes, dépêchez. Maintenant, mes Dames, en Testât qu'ils sont, vous pouuez continuer vos amours auec eux^ tant qu'il vous plaira, nous vous laissons toute sorte de liberté pour cela, et nous vous protestons. Monsieur, et moy, que nous n'en serons aucunement jaloux.
86 LES PRECIEVSES
CATHOS
Ah quelle confusion!
MAGDELON
le crevé de dépit.
VIOLONS
au Marquis.
Qu'est-ce donc que cecy?qui nous payera nous autres?
MASCARILLE
Demandez à Monsieur le Vicomte.
VIOLONS
au Vicomte,
Qui est-ce, qui nous donnera de l'argent?
lODELET.
Demandez à Monsieur le Marquis.
RIDICVLES, 87