SCÈNE X
GAUDIN
Monsieur, quand il est pilé-., c’est celui qui sale le mieux!
DUMOUFLARD.
Eh bien ! ce petit théâtre-là... je lui sais gré d’être resté fidèle à sa gaité, à sa folie, à ses calembours même!...
DELPHINE, à part indignée.
Oh !
MADAME GAUDIN, à part.
Cet homme est un monstre de prose!
' DUMOUFLARD.
Je lui dois mes meilleures digestions...
GAUDIN
Moi aussi ! — Si j’étais le gouvernement, je le subventionnerais... je n’ai pas de conseils à lui donner... mais je le subventionnerais!., (n ne lève) parce que le rire...
ULRIC, se levant, à Gaudin avec colère.
Le rire !.. chatouillez-vous la plante des pieds... et vous rirez. (A part.) Crétin ! (Tous se lèvent.)
Gaudin, excité.
Ah ça ! vous qui trouvez tout mauvais!., qu’est-ce que vous avez donc fait?
MADAME GAUDIN, s’interposant majestueusement.
Pas de blasphème sur la tête des poètes! (Exhibant la romance.) Inclinez-vous devant leur œuvre!
GAUDIN
Qu’est-ce que c’est que ça ?
MADAME GAUDIN, déroulant le papier.
Une romance! que ces messieurs m’ont dédiée...
GAUDIN
A trois ! en voilà un pique-nique !
DUMOUFLARD, tenant la romance.
Ah ! la singulière vignette !
ULRIC, s’approchant.
Elle est de moi, monsieur.
DUMOUFLARD.
Votre bergère a une épaule bien plus ambitieuse que l’autre...
MADAME GAUDIN
Une bergère ! c’est la Muse du désespoir.
DUMOUFLARD.
Eh bien 1 elle est bossue la Muse du désespoir !.. (uirîc remonte.) Quant à la poésie...
VERTCHOISI.
Eh bien?
DUMOUFLARD.
Voilà déjà une petite lacune dans la dédicace... * hommage prend deux m...
* Ulric, Valtravers, Vcrtclioisi, Dumouflard, Gaudin, Madame Gaudin, Delphine.
LKS PRÉCIEUX.
VERTCH01SI.
Allons donc !
GAUDIN
C’est fromage qui n’en prend qu’un !
VERTCI101SI, iv part. *
Pédant !
. DUMOUFLARD.
Quant à la musique...
VALTRAVERS, s'approchant.
Monsieur?*
DUMOUFLARD.
Je suis forcé de le reconnaître... elle est charmante...
VALTRAVERS.
C’est large... j’ai l’habitude de faire large !.. j’ai la facture très-large !
DUMOUFLARD, déchiffre en fredonnant l'air de Malborough.
Trahi par mon Héiène,
Que mon cœur
GAUDIN
Mironton, ton, ton, mirontaine;
Tiens ! je connais ça !
DUMOUFLARD.
C’est l’air de Malborough... dérangé!
TOUS
Hein?
VALTRAVERS, avec aplomb.
Si cet air est de Malborough... ce compositeur me l’a volé... je lui ferai un procès !
MADAME GAUDIN
Calmez-vous!.. •* Messieurs, un tour de promenade!..
VALTRAVERS.
J’en suis! ça m’ouvrira l’appétit !
FULBERT, s’approchant de lui une brosse il la main.
Monsieur, voilà le moment de la friction !
VALTRAVERS, à part.
Cristi !
GAUDIN, bus à Dumouflard.
Restez avec ma nièce et faites votre cour.