‹ Les précurseurs de la réforme aux Pays-Bas (volume 2)Chapitre 14 sur 85 · MARGUERITE D AUTRICHE ET LA RENAISSANCE DANS LES PAYS-BAS · texte numérisé non relu

MARGUERITE D AUTRICHE ET LA RENAISSANCE DANS LES PAYS-BAS

de la Salle-le-Comte, à côté de Chastellain, objet de l'admiration de sa vie entière f).

La plupart des beaux esprits de son temps regardaient Molinet comme leur maître et leur modèle, quoique au fond il fût dépourvu de goût, d'imagination et de sentiment.

Outre la traduction du Roman de la Rose, on a de lui les Faictz et Dîctz contenans ^plusieurs beaulx traictésj oraisons et champz royaulx. Si l'on ne fait attention qu'aux rimes, on trouve que l'auteur les soigne en général et montre quelque respect pour l'harmonie. Dans la Ressource du petit peuple, Molinet lance des imprécations contre les princes oppresseurs et guerriers :

Princes, puissans, qui trésors affinez Et ne finez de forger grans discors . Qui dominez, qui le peuple animez, Qui ruminez, qui gens persécutez, Qui tourmentez les âmes et les corps.

Que faictez-YOUs qui perturbez le monde Par guerre immonde et criminez assaulx.

Trenchez, couppez, détrenchez, découppez, Frappez, happez, baimerez et barons, Lancez, hurtez, balancez, béhourdez, Quérez, trouvez, conquérez, controuvez, Cornez, sonnez, trompettes et clairons.

Fendez talions, pourfendez prillons, Tirez canons, faites grands espourris :

Dedans cent ans vous serez tous pourris.

Molinet aiguisait assez bien l'épigramme, cette « petite flèche déliée qui fait une plaie profonde et inaccessible aux remèdes f) »• On a cité souvent celle sur la mort du fameux Olivier-le-Dain. Elle est tirée de la plus curieuse des productions de Molinet, la Récollectio7i des merveilles advenues en notre

(*) De REiFFKNBERGjOpwc? Barante, Etstoire des ducs de Bourgogne ^ Brux., 1835, tX, p. 113-116.

(*) Montesquieu, Lettres persanes.

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