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Quand M. le professeur Altaiever «' mourut, le çrrauJ ouvra^'e ?ur la révolution du xvi' siècle aux Pavs-Bas, auquel i! avait travaillé presque toute sa vie, n'avait pas r:é p:-ll:é. On en avait pu lire q':elques essais dans les revues ou en ie? br>:lure? : mais !e livre, attendu par le public, était-il term:r.è? :■:: ir ^va::. On crut mAme la lerîe irréparable. Quelques amis s'::::mT7-:r.: aurir-^rs de sa famille; il.-* trouvèrent un volumineux :z'iL.:=-:r>. ?.ir feuilles volantes, cla-?-^ d'après les jrrandes divisions "r l'iiTra.-e, avec une ta'jl-r : :-:r chacune. A première vue, ^"1:12^- rli ; T/.umes. Mais, sauf i^ :-:•:.breuses notes, le classement h\Trr-jbi: î l'ar.iiée 1.>.''3 r: sl^slr. - . .r quelques parties, jusqu'en 107i. 1^:^77:11;. :■= tï: uir l::^'-r — i-b:.-: de l'auteur, l'œuvre restait :i&:lrTrr
Indépendamment de ':'^:a: :. e^ -r; :"=.: .-. r-itr. .l "-u.- :. livre, un si long travail le r-r.i-TiiT-. :;. fi.^-i "- :- :.■■.■.' si nombreux pouvaient-ils é:re i-rrîi- y. -: /i- ' . -t Lr .-. . • -- -ment, avant pris l'avis d'une corr.L'.:s-:::. - . :^ *:-:.. -• .t manuscrit fut acheté. Il a été déposé à la îi.:.-.:,r .zr ■ . s - ..t: Bruxelles.
Cela suffisait aux études historiques. Cela ne y.-.'ir :[\ -. ^ .t mémoire de l'auteur. Ce nouveau devoir apparteL&i: t.: ". .-,- • •anciens élèves du professeur, et aux amis del'ècrivtii ' -,. sion s'institua pour le remplir. Elle fut définitive^ieL: v.::. . -;:. 1880, de : MM. J. Van Schoor, président; A:j.L:iiitft >: • ^ président; Ch. Rahlenbeck, secrétaire; A.-C.-jL iT.r ...
(') Jean-Jacoues Altmeter, ne à Luxembourg» le 20ja:.T>y -ki^. ^f- ^v. rique au coUège communal d'Ypres, 1?25 ; docteur tzi }»iMjrj;-j^ • . docteur en droit, 1832; professeur agrégé d'histoire à l'aiiTi-^sii' ^^Ir-w •■ ' bre 1834; professeur ordinaire, 1836; membre permaz^nt m t^u^t r ^. iSlU ; recteur, 1863 ; membre du couMÎ^rovincial da 2euK3. i(b>.. - BmzeUes, le 15 wptm^j^l. ^l^^
p) Comporte itoj^'^ y^WT ^'^i-CLijt«, , .■^.
délégué par la famille Altmeyer; et de MM. Louis Alvin, Paul Frédericq, comte Goblet d'Alviella, Emile de Laveleye, Martin Philippson, Ch. Potvin, Rooses, Cb. Ruelens, Ferd. Vanderhaeghen, Léon Vanderkii)dere, Fr. Van Meenen(*), Wagener, et Alphonse Wauters.
La présente publication est le résultat de ses délibérations.
Il ne sera pas inutile de dire quelles résolutions y ont présidé.
L'œuvre de M. Altmeyer est incomplète, il est vrai; mais elle se compose de plusieurs ouvrages dont chacun embrasse un sujet bien délimité et forme un tableau d'ensemble. On pourrait en détacher successivement : La description générale des Pays-Bas au xvi*" siècle, — Charles-Quint et la Réforme aux Pays-Bas, — La politique de Philippe II aux Pays-Bas. — On peut en juger par le livre qu'a choisi la commission et dont le titre appartient à l'auteur.
Ce choix fut une des premières résolutions de la commission.
Une autre question était à décider : la revision du livre. Il ne faut pas une bien longue étude du manuscrit pour se persuader que M. Altmeyer avait donné à son œuvre une rédaction première, mais non la rédaction définitive. Ceux qui l'ont vu i\ l'œuvre savent qu'il réservait pour les épreuves d'imprimerie une grande partie des corrections et môme des remaniements. Ici, la rédaction est visiblement faite h diverses époques, et souvent, dans le môme chapitre, à des intervalles éloignés. Les tables aussi ne sont pas rédigées en vue de l'impression, mais plutôt pour faciliter à l'auteur le moyen de se compléter ou de se rectifier, d'après ses découvertes ultérieures ; de nombreuses pages intercalées ou corrigées en témoignent dans tout le manuscrit. De là une seconde série de résolutions de la commission : Eu égard à cet état de la rédaction et aussi au développement considérable de certaines parties du texte, un sous-comité (^) fut chargé de faire sur le manuscrit le travail qu'on est autorisé à supposer que l'auteur y eût fait lui-môme, en le publiant.
Une grande réserve devait y être apportée. Sauf les notes qui donnaient en langues étrangères le texte des citations traduites dans le corps du livre, les retranchements ne devaient porter que sur deux principales catégories de passages: les uns, relatifs aux précurseurs de la Réforme étrangers aux Pays-Bas; les autres, comprenant des citations d'œuvres littéraires qui ne se rattachent que de loin à la Réforme.
(I) Décédé en 1881.
(') Composé de MM. Philippson, Potvin, Rahlenbeck et Ruelens.
L'auteur ne pouvait négliger cette double étude : il a voulu avoir sous les yeux les faits, les détails, les textes qui pouvaient lui servir à marquer le caractère et l'influence des uns et des autres écrivains ; mais on doit penser qu'après avoir si nettement limité son sujet, il n'aurait fait qu'utiliser et condenser ces nombreuses pages d'informations et ne leur eût pas laissé l'étendue de digressions hors cadre.
Aucun retranchement, d'ailleurs, ne devait être décidé sans contrôle. C'est ce qui fut fait.
Est-il besoin de dire qu'on ne s'est permis aucune modification aux idées de l'auteur, ni pour les tempérer, ni pour les accentuer ?
L'indication des livres cités en notes a été vérifiée et la date des éditions marquée avec soin.
Une autre chose aurait été utile : c'eût été de mettre au courant des travaux les plus récents une œuvre dont les recherches ont été suspendues avant 1874. Dix ans n'ont pu se passer sans produire de nombreuses études sur les divers sujets groupés par M. Altmeyer. On en a indiqué quelques-unes en note; mais on n'a voulu rien ajouter, dans aucun sens, à un texte qui doit, avant tout, demeurer l'œuvre de l'auteur.
Les anciens élèves de M. Altmeyer ne retrouveront pas ici la fougue communicative de son enseignement. Ce fait a déjà été constaté pour le professeur Moke par M. Emile de Laveleye (*). Mais tout le monde reconnaîtra l'écrivain dévoué à la* vérité historique et passionné pour les libertés modernes.
M. Tiberghien, parlant, sur sa tombe, de l'œuvre qu'il n'avait pu terminer, pônsait que ce regret « avait dû accabler son âme dans ses dernières années > ; et il ajoutait : < C'est une lacune déplorable qu'il sera dfeormaîs bien difficile de combler. > La présente publication prouve que là difficulté n'est pas insurmontable^ Il dépend maintenant du. public que d'autres livres suivent celui-ci et complètent l'œuvre réparatrice due à l'infatigable explorateur du xvi" siècle.
Q) Biographie académique. (Annuaire de V Académie de Belgique, 1870.)
Nous donnons ici la liste des œuvres de M. Altmeyer, en soulignant tout ce qui entre dans le plan de Thistoire de la révolution dut XVI* siècle.
Publications. — Manuel de l'histoire universelle. Ypres, 1832 (2 vol.). Introduction à l'étude philosophique de Thistoiro de l'humanité {*}, 1836. Précis de l'histoire ancienne, 1837.
Histoire des relations commerciales et diplomatiques des Pays-Bas avec le norc^ de rEurope pendant le XVI* siècle, 1840. Cours de philosophie de lliistoire, 1840. Résumé de l'histoire moderne, 1842.
Précis de l'histoire du Brabant, anonyme, 1847. Du droit d'asile on Brabant au commencement du xviii* siècle, 1852. Geschiedcnis van den vrede van Munster. Anvers, 1852 (en collaboration avec M. Ch. Nys).
Une succursale du tribunal de sang, 1853. Quelques notes sur l'enseignement primaire obligatoire, 1859. Discours inaugural de recteur (sur raffranchissemont de TEscaut), 1863.
Extraits de revuks. — Recherches historiques sur Tordre des Templiers (Recueil encyclopédique belge, 1833, t. 2). — Histoire de la Hanse toutonique dans ses relations avec la Belgique (Revue belge, Liège, 1837, t. 6). — Marguerite d'Autriche, etc. (lievue belge, Liège. 1838-1840, t. 11, 12, 13, 14 et 15, sept articles.)
— Discoure du 14 octobre 1839 (voir** L'université libre de Bruxelles pendant vingtcinq ans »», 1860j. — Giordano Bruno(Revue de Bruxelles, mars 1840). — Notices historiques sur la ville <le Poi>eringhe. Gand, 1840 (Messager des sciences). — Traité de Gand, conclu le IH avril i$40, etc. (Messager, etc., Gand, 1842). — Trêve de Bjnixelles (4 mai 1537), ibid., 1842. — Marguerite d* Autriche et Christiern II, 1842 (Trésor national). — De la civilisation on Belgique sous la maison do Bourgogne. Liège, 1841 (Revue belge, t. 18). — Voyages dans les villes hanséatiques, Liège,
1842 (Revue belge). — Causes de la décadence du comptoir hanséatique de Bruges,
1843 (Trésor national). — Histoire du comptoir hanséan tique d'Anvers, 1843 (Revue commerciale). — Du droit d'asilo en Brabant, 1848 (Belgique judiciaire). — Essai d'histoire diplomatique (Revue trimestrielle, t, 3. 4, 5, 6, 8, 10, 11 et 13 (1854-1857).
— Histoire véritable d'un perroquet révolutionnaire, ibid., t. 3 (1854). — Les Gueux de Mer, ibid., t. 36, 37, 38 (1862-1863). — Commencement de la Réfoi^ne du XVI* siècle, t. 40 (1863). — Charles V et Calliance anglaise, ibid.. 2* série, t. 12 (1867). — Les protestants belges, etc., ibid., t. 13 (1867). — Charles Vetla confessimi d'Axigsbourg, t. 14 (1867). — Charles Vet le Concile de Trente, t. 15 (1867). ^ La Réforme protestante, t. 19 et 20 (1868;.
(*) Gliaque fuis que lo nom de la ville n'est pas indiqué, l'ouvrage a paru à Bruxelles.
S événements marquent la fin du moyen âge et
cernent des temps modernes : rétablissement de
rc en Europe (1155), la découverte de rAmérique
u passage aux Indes orientales (l-iOT), Tinvention
Jierie, celle des armes a feu, la création des armées
tes; enfin, la réformation luthérienne, préparée,
, par les scandales du grand schisme, les abus de
Tobscurantisnie et la corruption du clergé, de
Kir de nombreuses hérésies.
ia prise de Constantinople par Mahomet II, le foyer
dait quelques étincelles du feu sacré de ranticpiitcs
près de s'éteindre; mais de pieuses mains vont porter
Occident ce qu'elles peuvent sauver du naufrage. Des
instruits cherchent un asile en Italie et y font (^onnaitre
s et les lettres d'Athènes et de Uome. Si^condés par
ition de l'imprimerie, leurs glorieux eflorts donnent
mpulsicm puissante au mouvement intellectuel, au
lit même où, grâce aux travaux initiateui*s de Dante,
rarcpie, de Boccace, l'Europe commentait à renaître
it, à la raison, au sentiment de la dignité humaine.
moyen âge avait fini par renfermer l'iiilelligence
{'étroites limites; la Renaissance de ranticpiité lu
des horizons plus vastes. Non que le moyen âge ai
les anciens(*) : les Arabes même avaient recueilli i
ycz PoLYCARPi Letskri, Dissertatio de ficta medii œvi barbarie.^ tt/ijirii !£m kUÙKun. Helmstad, 1719, iu-4''.
s'étaient approprié leurs beaux ouvrages; mais s'ils traduisirent les originaux, ils les anéantirent souvent aussi. De plus, en faisant passer leurs propres idées dans leurs traductions, ils altérèrent les sources grecques et latines. Les Italiens, au contraire, et après eux les Français, les Belges et les Allemands, s'appliquèrent à épurer les textes, à les commenter, à les traduire; et la presse, avec ses cent mille bras, avec ses ouvriers hommes supérieurs, en répandit d'innombrables exemplaires. On vit alors l'Aristote non falsifié, TAristote véritable, bannir l'Aristote tronqué par les Arabes ou défiguré par la scolastique, et la philosophie de Platon, qui apprenait à penser en dehors de ces subtilités, déjà ressuscitée à Alexandrie, naître pour la seconde fois à Rome et à Florence. On commençait à bien lire dans leur langue les auteurs, rendus auparavant si difficiles pai* l'ignorance, l'incurie, les préjugés, les passions ou l'intérêt des copistes, autant que par l'absence de bons commentaires. On cherchait la science dans les modèles antiques mêmes : la géographie dans Ptolémée, la botanique dans Dioscoride, la médecine dans Hippocrate. Ainsi disparurent les fantasmagories dont les Arabes et les scolastiques avaient peuplé le monde classique, et avec elles les chimères qui avaient si longtemps égaré les esprits (^).
Si l'antiquité, d'ailleurs, n'était pas inconnue au moyen âge, elle ne charmait encore que les loisirs de quelques érudilsf);
(*) Pour tout co qui précède, je me suis ser\'i de Ranke, Furstai inid Volkcrvon
Sûd'Europa, t. II, p. 62-75; de Cramer, Geschichte des UiUerrichts vi dm Niedcr-
lajiden, t. I, p. 152 et 153; deJ.-P. Charpentier, Histoire delà renaissance des
lettres ait x\'^ si^^cle; d'un article do la Revue britannique par Macaulay, 1S30, t. I.
(*j Ou doit a un Belge, au dominicain Guillaume de Brabant ou Van Moerbeke,
la^prcmière traduction latine de la Morale d'Aristote, faite avec fidélité d'après
^ec. Voj. Daunou, la France litté7*aire, t. XXI, p. 147-150; Cr.vmbr, p. 155;
; V général, sui* l'étude du grec au moyen âge. Le Glay, Mémoires de la Société
vlation de Cambrai, 1828, p. 188-198, 268-280 ; dk Reiffenberg, Ajinuaii'e
•Bibliothèque royale de Belgique, 1842, p. 183 et suiv., et Bulletins de l'Aca-
\de Bruxelles, t. VIÏI, p. 239, 247. 417-427.
■\. Le Glay, dit de ReiiTenberg, range parmi les hellénistes : Halitschaire, élu
INFLUENCE DE l'aNTIQUITÉ. 7
le public n'en avait qu'une notion confuse et erronée (^). La voici maintenant qui déchire le voile épais de la barbarie, sort tout entière des ténèbres et vient recommencer contre le monde européen le duel que l'on devait croire à jamais impossible. Dans ce grand combat, la scolastique, qui se trouvait au centre de la bataille, reçut les plus graves atteintes. Cette philosophie décrépite ne suffisait pas au réveil des intelligences. Une science nouvelle était née des travaux de la critique et de l'archéologie; celte science détrôna la théologie au profit des littératures « indépendantes », qui s'élancèrent dans les hautes régions de la liberté de penser, et la révolution intellectuelle qu'on a décorée du nom brillant de Renaissance fraya les voies à tous les genres de réformes. On rejeta avec dédain les vieilles chroniques monacales ; on apprit la véritable histoire dans Thucydide et dans Tacite; Guichardin, Commines et Machiavel parurent. On se livra avec enthousiasme à l'élude du droit romain, si , contraire au droit féodal, et l'on commença d'agiter les questions politiques les plus brûlantes; en même temps que la connaissance plus ferme et plus avancée des trois
évoque de Carabrai en 817 ; Nanno, écrivain frison qui florissait vers 880 et qui fut précepteur de Radbode, évoque dTItrecht ; Brunon, archevêque de Cologne, qui puisa les éléments du grec dans les écoles d'Utrecht, et Rathier, évêque de Vérone, né dans le pays de Liège, qui mourut à Namur en 97 1 . Arrivé là, il remarque que le XI* siècle ne nous offre, dans les Pays-Bas, aucun pei*sonnage digne d'être mentionné comme ayant contribué à Tavancement des études grecques. M. Le Glay, dont le savoir est si solide et si étendu, M. Le Glay, qui n'oublie rien, a pourtant oublié Sigebert de Gembloux, qui non seulement savait le grec, mais encore Thébrcu. Dans le xn* siècle, M. Le Glay nomme Everard de Béthune, et, au xiii*', Thomas de Cantiropré, Henri deBrabant et Guillaume de Moerbeke, archevêque de Corinthe, auteur, entre autres, d'une introduction au traité de P reclus sur la Providence et le Destin, Élite sur le sol même de la Grèce et publiée par M. Cousin en 1820, traduction mde, inculte, presque barbare, mais où, suivant l'expression do Fabricius, on voit apparaître de temps en temps le génie de l'antiquité. M. Le Glay omet, à cette époque, Alain de Lille, qui, dans son Encyclopedia, énumère beaucoup d'auteurs grecs, peut-être, il est vrai, par tradition. » (Annuaire delà Bibliothèque royale de Belgique, 1842, p. 184 et 185.)
(•) Toute cette question a été traitée d'une manière remarquable par Hekren, Geschiehte der ckissischen Ltteratur im MiUeloJier,
8 IMUODUCTION.
langues de rcrudîtion : Thébreu, le grec et le latin, révélait aux savants le sens vrai des textes de l'Écriture, qui ne tardèrent pas à être traduits dans la langue de chaque peuple (').
Il est aisé de comprendre combien surtout l'étude de l'hébreu, par laquelle de nouvelles lumières devaient jaillir du texte original de la Bible mieux intei'prété, était faite pour porter ombrage à la routine de la scolastique, farcie du latin barbare du moyen âge ; combien elle devait exciter les défiances du clergé par l'application qu'on se proposait d'en faire à une exégèse entièrement neuve de l'Évangile et par l'abondance des sources de la patrologie greccjue qu'on allait invoquer dans la théologie et qui étaient appelées à renouveler toutes les branches de l'érudition f).
Jusque-là, le souffle de la religion catholique avait scîul inspiré l'art des peintres et des statuaires. Dès que cet art eut subi les inspirations de l'antiquité, il se sécularisa. On peut remarquer le progrès successif de ce changement dans Raphaël même, et le tenq)le de tous les dieux nVt-il pas servi de modèle à la basilique de Saint-Pierre, cette métropole de la chrétienté ? « Du sein des décombres de l'antiquité, la beauté païenne avait jailli comme un météore : elle convertit l'Europe chrétienne à son culte facile f). »
La scolastique, du reste, s'était tellement discréditée ellemême pîir l'ineptie de ses thèses et les subtilités de son argumentation, qu'elle ne représentait plus qu'une vaine gynmastique de Fcsprit, repoussée déjà par tous les critiques. Un
(*) Rankr,/. c. — Macai'lay, /. c. — M. L. Hlano a cotnincrô quelques brillontcs pages à cette matière dans le pi-eniier volume do son Histoire de la Rivolution française. Je les ai niLscs à pi*ufit. — Voy. aussi Capkfiguk» François I" et la Rnuiissance, t. I, chap. VII, ot t. Il, chnp. II et III.
(*; NftvR, dans les Mémoires couronnés de r Académie de Bruxelles, t. XXVIII, p. 69 et 70.
O Ra.nrb, Macaui.at, L. Bla^c et Capefigue. — PIichofp, Tableau de la littéradu Nurd an moyen Age, p. 342.