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NICOLAS DE CUSA

docteurs en théologie, avec un jacobin, inquisiteur de la

L'inquisition était donc connue en Belgique avant la révolution du XVI* siècle. Ainsi, en 1477, un dominicain, nommé Eustache Leeuwercke, était inquisiteur de la foi à Bruges (*). Ce fut seulement contre l'établissement régulier et permanent de cet affreux tribunal que les Pays-Bas se soulevèrent sous Philippe II 0.

Au milieu des débordements du xv® siècle, tous les fidèles accueillirent avec enthousiasme un éminent réformateur catholique, un des élèves les plus distingués et les plus recommandables de l'école de Deventer. Né en 1404 (^), le cardinal Nicolas de Cusa s'était rendu célèbre par ses études du grec et de l'hébreu, de la philosophie et de la théologie, affranchies de la routine de son temps, et par son habileté dans les sciences mathématiques et politiques, alors si peu cultivées. Il fut, en qualité d'archidiacre de Liège, envoyé au concile de Baie (1432). Pendant la tenue de ce concile, il publia son livre de Concordantia catliolica^ où il soutint avec autant de force que de modération : que ces assemblées remportent en autorité sur le pape ; que, dans l'Église universelle, réside exclusivement l'infaillibilité; qu'aucun canon des conciles n'oblige les églises particulières qu'après leur acceptation; que la puissance des princes temporels est indépendante de celle du pape; qu'ils peuvent assister aux conciles pour y maintenir l'ordre et en faire exécuter les décrets f).

(•) De Rbiffbnberg, Mémoires de Du Clercq, t. 1, p. 28.

(*) Voy. Excelloite cronike van Vlaendereii, Antwerijen, Vorstorman, 1531, fol. 198 verso.

(') De Rbiffenberg, Mémoires ds Du Clercq, p. 28-29.

{*) A Cues, village situé sur la rive gauche de la Moselle, à huit lieues de Trêves, vis-à-vis de Berncastel. Ce village relevait de notre vieille province de Luxembourg. Cusa mourut en 1465.

(*; ScHARPFF, Der Cardinal Nie, von Cusa, Mainz, 1843, t. I, p. 24-32. — Dux, 0. C. t. I, p. 107-125. — Biographie universelle, art. CusA. — Gerson, De potest, eccles., apud Goldast, Mon., fol. 1388 et 1391. — Voy. aussi Dux, /. c.,, p. 125-133.

âl6 OlVlGl^tS DE L\ UENAISSANCE.

On voit par là que Cusa partageait les opinions de Gerson. Il avait même une idée beaucoup plus hardie : il avait songé à la concordance, à la fusion des trois principales religions de l'Europe (^). Chose digne d'attention, le délégué de l'université de Louvain à Baie soutint les mêmes principes que Gerson et Cusa f). Celui-ci eut encore le courage d'attaquer, le premier, la prétendue donation de Constantin, ainsi que les fausses décrétales, et de dire la vérité f) sur la fable pontiûcale qui attribuait le baptême de cet empereur, vingt ans avant sa mort, au pape Sylvestre P', tandis qu'il ne fut baptisé qu'à l'article de la mort, par le chef des hérétiques Ariens, Eusèbe, évêque de Nicomédie {*). Je regrette que Cusa n'ait pas flétri comme il le méritait un prince qui fit périr Crispus son fils, déjà décoré du titre de César, sur un léger soupçon d'avoir eu commerce avec Fausta, sa belle-mère; qui fit étouffer, dans un bain chaud, cette même Fausta son épouse, à laquelle il était redevable de la conservation de ses jours; qui fit étrangler l'empereur Maximien Hercule, son père adoptif ; qui ôta la vie au jeune Licinius, son neveu, dont le caractère promettait de grandes qualités; qui, enfin, s'est déshonoré par tant de meurtres que le consul Ablavius appelait ces temps-là néroniens f). Le pape Nicolas V avait chargé Cusa d'annoncer la rémission des péchés, à l'exception de lu coulpe qu'on ne peut effacer que par un repentir sincère et par la pénitence dans cette vie et dans l'autre, en sorte que si les indulgences ne peuvent délivrer du purgatoire, elles en abrègent la durée par l'application des mérites de Jésus-Christ

(*) Prosper Marchand, Liciionnaire historique, t. I, p. 31 G.

(*) Voy. Recueil de quelques pièces des fastes académiques de r Université de Louvain, p. 8-9, Lille, 1783, in-4®.

(2) Voy. son livre De Concordantia catholica, lib. II, c. 34 ; lib. III, c. 2.

(*) Ibid,, lib. III, c. 2. — DôLLLNOER, Die Papst-Fabeln des Mittelahei's, Mûnchen, 1863, p. 60.

p) Voltaire, Dictimmaii-e philosophique, t. III p. 158 (Bruxelles, 1828), et Philosophie générale, t. IV, p. 354 (Paris, 1821). — Dôllinger, p. 52-53.

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