G. Bougie a publié des études sur l'homme et Tœuvre
Fourier*, les Pierre Leroux, les Louis Blanc, les Victor Considérant, les intellectuels et les poètes du Prolétariat. La Cour n'a pas eu égard à cette propagande désintéressée et ardente, qu'ont entreprise les diverses écoles de rénovation sociale, notamment les communistes qui se réclament de Babeuf et de Cabet et qui ont à leur tête Blanqui, Barbés. Louis-Philippe « en est arrivé à un degré d'optimisme inexprimable; il se croit plus roi que Louis XIV et plus empereur que Napoléon ».
Il paraît ignorer qu'une opinion publique commence à exister en France et qu'elle n'a, à aucun moment, goûté l'attitude, conciliante jusqu'à la déférence, du ministère vis-à-vis des nations étrangères, de l'Angleterre, de l'Autriche. Le pays préfère les propos dignes et fiers, même quand ils sont aventureux. Il ne peut pas se résigner à « la paix à tout prix ».
Le pays est de sentiments probes. 11 estime que la profusion des fonctionnaires sur les bancs de la Chambre est une marque de corruption qu'il eût fallu bannir. Le Roi en a-t-il eu conscience? Il est sagace et il s'obstine cependant à ne pas reconnaître que la monarchie de 1830 doit à ses origines de s'appuyer au moins sur la bourgeoisie de tous les degrés. Or elle manque à ce rôle en excluant de la
1. « L'idéal deFourier avait de l'analogie avec celui de Jaurès » (Lévy-Bruhl).
vie civique, sous prétexte qu'elle ne remplit pas les conditions de cens, une partie des classes moyennes et des professions libérales.
Enfin Louis-Philippe, quoiqu'il se promène volontiers dans la rue, n'a pas pris garde que les années 1845 et 1846 ont été des années de crise, que Tinsuffisance de la récolte a rendu la vie chère, accru la misère et étendu le chômage, bref que le peuple a été éprouvé. Il ne voit pas que Theure est venue de se rallier à quelques réformes et qu'à ce prix il mettrait sa couronne à Fabri de toutes les surprises. Un membre de l'opposition Ta avoué : « Une concession aurait produit une trêve ».
Le Roi, ce bourgeois parisien, ne connaît ni Paris ni le pays. Victor Hugo raconte : « Le mardi 22, il était d'une gaieté qu'on peut dire folle. A deux heures, comme les premiers coups de fusil se tiraient, il conférait avec ses gens d'affaires sur le parti à tirer du testament de Madame Adélaïde. »