‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 108 sur 334 · C. Rabaud, Hist. du Prot. dans l'Albigeois..., II · texte numérisé non relu

C. Rabaud, Hist. du Prot. dans l'Albigeois..., II

3. Le prédicant François Carrier, de Saint-Rome de Tarn (voir plus haut. p. 118), était à Lausanne le 28 mars 1698, sorti de France depuis deux mois.

Entre les Causses et la Mer, de tant de prédicateurs que nous avons vu se succéder, il ne restait plus que Roman, Lapierre(?), Brousson et Olivier. Un prédicant des Cévennes, ou pour mieux dire sans doute un accompagnateur, passé de Genève à Amsterdam, y fut abordé en 1098 par l'ancien ministre Quesnot. Le traître, que nous avons vu en 1690 dénoncer les menées du comité zélateur de Genève, continua son métier dans les Provinces Unies. Il A'oulait rentrer en France, mais à la condition d'y pouvoir toucher la pension de mille livres qu'il avait reçue autrefois comme pasteur converti. Encore demandait-il que le voyage lui fût payé. Pour ne pas se présenter les mains vides devant l'ambassadeur de Louis XIV, Bonrepaux, il tira du Cévenol quelques renseignements, qu'il coucha aussitôt sur un Mémoire, avec d'autres, qu'il avait eus d'ailleurs, concernant la Normandie'. Son informateur lui avait désigné les trois ministres qu'il savait prêcher dans les montagnes au moment de son départ. Roman est nommé seulement. Sur Lapierre(M. delaPierre, du lieu de Lasalle) nous apprenons une particularité intéressante : « Il a un fils qu'il fait étudier pour être ministre, il l'envoie tantôt à un endroit, tantôt à un autre ». Nous ignorons tout d'ailleurs de cet apprenti prédicant. Lapierre, dit Quesnot, « change souvent de lieu, et ne va presque point chez lui ». Brousson enfin, est dépeint sous des traits caractéristiques. « M. Brousson change toujours de nom, mais il est facile de le connaître. Il est noireau, le visage long, n'osant pas regarder le monde en face ; il parle fort lentement, et il faut même le presser pour le faire parler. Il est fort mélancolique, et est d'une taille médiocre » ~.

1. Dossier Quesnot (X. Weiss). Bonrepaux envoie le Mémoire à Paris, le -28 sept.

2. Le Mémoire de Quesnot ajoute : « Ils sont tous trois en Cévennes ou en Languedoc. Il y a dans les Cévennes un lieu que Ton nomme le Masaribal [par. du Pompidou] ; il y a un nommé M. de Lassagne [La Sagne] qui se tient le plus souvent à Paris, mais il donne Tordre chez lui de bien régaler les prédicants lorsqu'il vont dans led. lieu. Il y a à Lasalle un nommé M. Bastide [mari de Jaquette Portâtes, voir plus haut, p. 214] qui retire les prédicants, et sait tout le secret : il y a au même lieu M. du Mas de Perreau [Dumas Perrault], apothicaire et chirurgien, qui est un autre retireur de prédicants, et sait tout ».

Un second Mémoire de Quesnot, envoyé à Paris le 16 oct. 1698, fournit encore quelques détails sur le Languedoc : « Il faut prendre garde dans les Cévennes à un lieu nommé [Saint] Romans [de Tousques]..., à un autre nommé Les Ayres... Dans la Vaunage... il faut prendre garde à un bois qui est au-dessus de Saint- Côme. Et à une demi-lieue de Nîmes, au bois appelé de Vcdelcn. Ce sont des lieux où l'on s'assemble souvent, à ce que m'a assuré un homme qui y a fait la fonction de prédicant pendant deux années ». Quesnot était à Paris, catholique.

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