‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 121 sur 334 · De la paix avec l'Angleterre seulement · texte numérisé non relu

De la paix avec l'Angleterre seulement

2. L'inventaire complet des papiers trouvés sur Brousson fut fait le 23 septembre. Il est transcrit dans L. Nègre, p. 191. l'n certain nombre des pièces manquent actuellement au dossier.

BAVILLE ET PINON 2l'.t

S'il ne dit rien des fidèles, peut-être parlera-t-il des pasteurs? A la demande de l'intendant : « S'il sait qu'il y ait actuellement en France d'autres ministres comme lui, qui courent pour le même dessein ? — Il a ouï dire, répond-il, qu'il y en a quatre ou cinq qui ont été arrêtés à Paris, et que depuis peu ils ont été mis en liberté ; entre autres les Srs Mathurin, Gardien et Malzac ». A moins que Brousson (ce qui nous paraît peu probable), n'use ici d'un artifice, pour obtenir de Pinon qu'il le libère à son tour, il faut supposer qu'il rapporte un bruit public qu'il aurait recueilli dans son dernier voyage. La nouvelle, hélas, était fausse. Mathurin, Gardien, et Malzac étaient enfermés, dans le plus absolu secret, au donjon des Iles Sainte-Marguerite. Mathurin seul, l'ami de Papus, devait en sortir en 1715. Gardien (de son vrai nom Givry) allait y mourir, peut-être après avoir perdu la raison, et Malzac y périt à son tour en 1725, après trente-trois ans de souffrances1. Le supplice de Brousson devait être moins long.

Tandis que Pinon annonçait la prise du ministre à la fois à Paris et à Montpellier, un religionnaire de la ville de Pau s'acquittait de la triste mission d'informer en Hollande le pasteur Olivier, de « l'arrestation de ce ministre Brousson ou Broussard, dont la femme est à La Haye, que l'on vient de transférer à Pau, sans même que ses coreligionnaires l'osent aller voir » 2. La lettre est écrite dans l'espérance qu'une intervention est encore possible : « Je serai dans une grande inquiétude d'apprendre si l'on remuera quelque chose pour lui ; je ne doute pas que vous ne vous y employiez de tout votre pouvoir, vous demandant toujours d'unir vos prières aux nôtres pour demander à Dieu notre délivrance ».

Bàville éclata de joie.

« C'est seulement, Monsieur, pour vous confirmer la bonne nouvelle que Brousson est pris, écrivit-il le 3 octobre, à Fléchier5. Je meurs de peur que ce malheureux, qui est bien fin, n'échappe. Il a fait beaucoup de mal, et en eût beaucoup fait encore. Jamais fanatique n'a été plus dangereux ».

Bàville craignait donc la « finesse » du prisonnier. Il redoutait en lui non seulement l'ancien avocat, rompu aux subtiliu :s

1. Doucn, I, "2S8, 329, 400 (Corrigé en ce qui concerne Mathurin par Buil. XXXI. 330).

2. 22 septembre. Dans l'Abrégé de la Vie de Cl. Brousson. (Bibl. du Prot., copie du temps).

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