Ordonnance de Bâville
[Arch. de Bréau. Pap. Teissier.]
Nicolas de Lamoignon. . .
Etant nécessaire de faire et parfaire le procès suivant les ordres que nous avons reçus de sa Majesté, aux particuliers de cette Province qui ayant abandonné leur maison persistent dans leur fuite, et de fixer un temps après lequel les poursuites contre eux commencées seront continuées et leur désobéissance punie avec sévérité.
Nous ordonnons à tous particuliers de cette Province qui ont abandonné leur maison, d'y revenir dans quinzaine de ce jour. Et moyennant ce, toutes poursuites cesseront à leur égard. Sinon, à faute de revenir dans lesdits quinze jours, leur procès sera fait et parfait suivant les ordres du Roi et la rigueur des ordonnances. Fait à Montpellier le 4 avril mil six cent quatrevingt-six. Signé : de Lamoignon. Et plus bas : Par Monseigneur, Lessellier.
■1 . Fouquct de Boisebard (voir M. Lelièvre, Un déporte pour la Foi, p. 10).
4. La chasse aux fugitif s (fin 16S6). [Arck. Langu. C.274] : (Foyer Prot., 1" nov. 1908.) (Orth. orig.)
Projet pour prendre les fugitifs et les prédicans. Il est à présumer que lesdits prédicans et fugitifs ont leurs retraites dans les montagnes de l'Augoal [Aigoual] de l'Esperou, du Liron, de la Lousère [Lozère] ou les environs de ces montagnes. Pour les prendre, il faut investir lesdites montagnes, garder tous les passages, et fere traquer les bois, visiter les cavernes, et tous les lieux suspects, comme sy on chassoit au sanglier.
Ordre qu'il faut tenir pour la montagne de l'Augoal.
1° Fere garder les passages depuis la vue de Cabrillac, le long du chemin allant à l'Augoal, jusqu'à la vue d'Aire de Caute, par la compagnie de Meyrueis.
2° Par la compagnie de Fraissinet [de Fourques], depuis la vue de Massevaques jusques à Perjuret et à la Pergue(?).
3° Depuis Brion jusqu'à Gazeiran [le Gazeiral], par la compagnie de Valleraugue.
4° Par les compagnies des Plantiers et de Saint-André [de Valborgne], depuis le Gazeiral, Massevaques, jusques à Tavillou.
Lesdites compagnies, bien placées, garderont tous les passages et l'on ne peut sortir des bois sans donner dans les pièges1.
Il faut que les dites troupes soient achevées de poster demi heure avant le jour.
Et qu'à la même heure les habitans de Meirueis, de Valeraugues, de Fraissinet, de Saint-Marsel [de Fonfoulhouse], de Saint-André de Valborgne et des lieux en dépendans entrent dans le bois, chacun en droit soi, et qu'ils traquent partout jusques à Las Fons qui sera le rendévous général2.
1 . Nous apprenons par là que le bois de l'Aigoual couvrait, sur les pentes septentrionales de la montagne, les parties hautes du ruisseau de Bése, delà Joute et des ruisseaux de Trepalous et de Brion. Les quatre lignes de postes qui doivent en couvrir les issues se développent : l" au Sud, sur la crête du Calcadis (entre Rousses et Campis) et le sommet même de l'Aigoual, depuis le point d'où l'on voit Cabrillac (au-dessus des Oubrcts) jusqu'à celui d'où l'on découvre Aire de Gante (vers la fontaine de Trepalous; ; 2" au Nord-Ouest, sur la crête qui joint Cabrillac au Col de Perjuret ; :t° à l'Est, des environs d'Aire de Caute au Gazeiral ; 4° au Nord-Est, depuis le gué du ïarnon (au Gazeiral) jusqu'au ruisseau de Tabiloux qui descend sur Fraissinet, en passant par le nœud de sentiers qui se ferme à Massevaques.
i. Le château de Las Ponds, entre Cabrillac et le Gazeiral, est en effet au centre même du bois.
Il sera bien de mêler quelques soldats avec les habitans pour estre témoins de leur conduite, quoy qu"il n'y ave rien à craindre, car soit qu'ils n'oseroient faire aucune démarche contraire au liien du service, ils paroissent très zélés pour la prise des fugitifs et des prédicans.
Il faudra faire partir les troupes de chaque lieu à la même heure, pour être postées toutes à la fois.
Il ne faut pas que les habitans le sachent.
Et il faut commander les habitans le soir, sans leur dire où ils doivent aler jusqu'à ce qu'on les faira partir.
Chasque consul et les principaux habitans des lieux seront obligés de marcher à leur teste, et de respondre de l'inexécution des ordres qu'on leur donnera.
Les officiers de troupes velheront chacun sur ces postes qu'ils feront garder par leurs troupes.
Que si l'on manque des troupes pour garder les postes et les passages, l'on pourra y joindre les habitans.
Il n'y a rien de si facille que de faire bien exécuter ce projet, et rien qui puisse opérer plus efficacement la fuite ou la réduction des fugitifs, outre qu'ils risquent beaucoup d'être pris.
Il faut réittérer 2 ou 3 jours de suite.
Et faire le mesme mouvement danslesmontagnesdel'Esperou, de Liron, ou de Lousère, et en mesme jour.
Et pour mieux fere, il faut que généralement toutes les communautés depuis la montagne de l'Augoal jusques à la montagne de Lousère soient en mouvement en mesme temps.
L'on peut diviser les ordres en trois endroits :
Le premier pour la montagne de Lousère jusques à Saint-Jean de Gardonnenques. soubz Monsieur le marquis de Roses [ou de Rozen].
D'autres, soubz Monsieur Dugua, pour la montagne de Liron. despuis Saint-Jean jusques à Saint-Marcel [de Fonfoulhouse],
Et le troisième pour les montagnes de l'Augoal et de l'Esperou, soubz Monsieur le chevalier de Tessé.
Il faut avoir 4 ou o jours pour disposer toutes choses.
Il faudra observer le mesme ordre pour les montagnes de Lousère et de Liron et de l'Esperou, que pour celle de l'Augoal.
o. Arrestation d'une fugitive (i68~).
[Areh. du Vigan. CC. 114. Pap. Teissier.]
[Extrait des comptes du Sr Louis Faissat. docteur en médecine, premier Consul de la ville du Yigan en 1687.]
Monsieur l'abbé de Merez ayant eu avis qu'il y avait au Mas de la Terrisse une fille qui ne voulait pas être catholique, il aurait chargé le Sr Faissat, consul, de la faire prendre prisonnière et de la conduire en cette ville, ce que le comptable aurait fait par deux hommes qu'il y aurait envoyés exprès : et pour la sûreté de sa personne, le comptable l'aurait faite enfermer dans une voûte du Sr de Rousset, y ayant resté depuis le 31e janvier de lad. année jusqu'au 20e février suivant, qu'elle fut conduite avec d'autres prisonnières à la citadelle de Montpellier et condamnée ensuite à l'Amérique, à laquelle il aurait payé la nourriture à raison de deux sols six deniers par jour...
ti. Recherche des fugitifs (i6Sy)
[Arch. de Montdardier. Pap. Teissier.]
Lettre de Vidal [de Saint-Hippolyte, consul de Cros] à Messieurs les Consuls de Montdardier.]
Messieurs, J'ai ordre de Monseigneur l'Intendant de passer dans toutes les villes et lieux de la viguerie du Vigan pour prendre les noms et surnoms des fugitifs, errants par le pays, et fugitifs qui sont sortis du Royaume. Vous pouvez, de concert avec M. le prieur, en faire un état, savoir des vagabonds et de ceux qui sont sortis du royaume. Il faut venir en diligence à Saint-Laurent [le Minier] chez Thérèse, hôtesse, et nous dresserons l'état. Le principal est de bien savoir les noms et surnoms, et fils de qui. Et venez promptement, autrement je dresserai mon verbail. Et suis
Messieurs
Votre très humble et très obéisssant serviteur, d'Avèze, ce matin Vidal, député,
le 16 août 1687.
L'Assistance obligatoire à la messe.