‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 2)Chapitre 70 sur 334 · Lettre du 1,'j mars (697. Lettres choisies. 1715, p · texte numérisé non relu

Lettre du 1,'j mars (697. Lettres choisies. 1715, p

ICO LES l'RÉDICANTS PROTESTANTS

Lasalle, y faisait inscrire comme clause dérogatoire, ces quelques mots volontairement ambigus, que les prêtres pourraient appliquer àleur Eglise, si bon leur semblait, mais qui lui permettaient, à lui, de manifester devant la mort sa foi reconnaissante : « Le lion deJudaa vaincu. Amen »'. Des correspondances de Suisse ou de Hollande attisèrent sans aucun doute ces vivifiantes espérances. Un réfugié de Bruxelles écrivit à son cousin, forçat à Marseille, « qu'il s'attendait à le revoir sous peu, parce que dans la paix qui se traitait vivement, le roi d'Angleterre demandait la libération des galériens religionnaires s '.

Les Nouveaux Convertis de France et les réfugiés se leurraient étrangement. Pontcbartrain, informé par M. de Montmort des bruits qui couraient parmi le personnel des galères, l'avertit aussitôt qu'il eût à détromper formellement les forçats. Une pareille prétention de la part des ennemis du roi, disait-il, aurait absolument empêché les préliminaires de paix. «,< Et d'ailleurs », ajoutait-il avec trop de raison. « cette condition n'a point été et ne sera point proposée i.

L'honneur du roi de France, sa mentalité religieuse, son entourage, lui interdisaient une rétractation de cet ordre. D'autre part, comme l'espérance naît sans cesse de la foi, ni les réfugiés, ni les Nouveaux Convertis, n'allaient consentir à abandonner leurs illusions.

Avant de parler du conflit suprême que provoqua dans le Languedoc la paix de Ryswyk, il nous faut retracer avec quelques détails les démarches et les sentiments de Broussou, qui la vit se préparer en Hollande. Les expériences qu'il fit alors auprès des réfugiés des Provinces Unies, expliquent seules, quelques-unes des circonstances dernières de sa vie.

Nous avons laissé le pasteur en Normandie, écrivant à Pourtal les succès de sa mission. De la Normandie, il passa le long de la Loire, puis dans le Nivernais et la Bourgogne. Mais son signalement, que Pontcbartrain, avisé par Bàville. avait envoyé dans la France entière, permit de le suivre à la piste. Averti que son arrestation était inévitable, il gagna la Suisse par la Franche-Comté (septembre 1696). C'est de là qu'il écrivit a sa femme et à ses amis de Hollande, les résultats heureux de sa prédication. ( J'ai vu, disait-il, le pauvre peuple de Dieu véritablement repentant de sa faute, pleurant jour et nuit, et implorant le

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