‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 120 sur 346 · Opusc · texte numérisé non relu

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2. Nous ne connaissons pas de sentence de mort prononcée à cette époque pour assemblée illicite. Broussou veut dire sans doute que les ordonnances qui condamnent aux galères et à la mort les prédicants et leurs auditeurs n'ont pas été rapportées.

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les mariages, les extrêmes-onctions. Il dénombre les Nouveaux Convertis qui assistent à la messe ou qui reçoivent l'hostie. Et cela, dit Brousson,

.pour faire enteudre sans doute aux Puissances qui ont la charité d'intercéder pour nous, qu'il n'est pas besoin de nous rétal>Ur, puisque les protestants de France veulent être Cathohques Romains. II semble qu'on se moque de cette intercession, s'il est vrai qu'on parle pour nous. Et du moins on veut nous faire entendre que bien loin d'y avoir égard, on prend par là occasion de nous faire souffrir de plus grands maux que nous n'en souffrions auparavant.

VAçis aux Protestants de France, que Brousson avait composé en Hollande avant son départ, qu'il portait sur lui, et recopiait sans doute incessamment, affirmait que la constance des fidèles provoquerait l'intervention efficace des princes Protestants, La foi ancienne, Brousson le constatait, vivait plus que jamais au fond des cœurs. Les puissances, d'autre part, avaient parlé. Le seul obstacle au rétablissement de rp]glise était donc l'obstination du roi. qui demeurait sourd aux cris de ses sujets comme aux vœux de l'Europe évangélique. Le pasteur entendait répéter autour de lui que les membres du clergé et Bâville, étaient les véritables organisateurs de la persécution, contraire en somme à la volonté du souverain, et il paraît avéré en effet qu'à cette heure, la Cour n'avait pas pris parti entre la modération i-elative de Bossuet et la « contrainte salutaire » préconisée par Bâville et Fléchier. Néanmoins Brousson tenait maintenant le roi pour 1" auteur responsable des mesures nouvelles : « On publie, écrit-ir, que tout ceci se fait à l'insu du roi, mais c'est se moquer de nous. Des choses de cette conséquence ne se font pas à l'insu du roi et surtout lorsque les intendants le savent, et donnent les ordres ».

Fort de cette persuasion, il conçut le projet d'envoyer à Louis XIV lui-même une série de Bequêtes. Comme le bruit courait que personne n'osait présenter au prince les suppliques que lui adressaient les protestants, les Bequêtes seraient en même temps publiées, pour qu'elles parvinssent plus facilement à sa connaissance. Elles constitueraient du même coup un appel renouvelé, à l'opinion publique du royaume, et à celle aussi de l'Europe \ Le pasteur, ainsi, reprenait lépée de l'esprit, avec

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