LES ANCIENS
portants et les communiquaient au troupeau. Sans l'existence de correspondants de ce genre, nous ne comprendrions point comment, en 1697, Daniel Bas aurait pu seulement concevoir l'idée d'un jeune solennel, qui devait être observé, au jour fixé, depuis le Rouergue jusqu'au Rhône.
Roman nous fournira un détail de plus. Les anciens qu'il avait établis, non seulement convoquaient aux assemblées, mais suppléaient, dans la mesure de leur capacité, à l'absence du pasteur. Il raconte sa rentrée dans le royaume, en 16î)7, après son voyage à Genève :
Je repris le chemin de France, tant pour salisfairo aux désirs de de mon cœur que pour macquitler de la promesse que j'avais faite à mes frères, particulièrement à plusieurs anciens, à qui j'avais recommandé mes brebis dispersées. Ces fidèles et charitables anciens s'acquittèrent fort bien de leur devoir, car ils convoquaient diverses petites assemblées où ils faisaient la lecture de la Parole de Dieu, et si le lieu le permettait ils chantaient ses immortelles louanges ; sinon ils se contentaient de les lire. Si quelqu'un savait faire des prières propres pour le temps, on lui permettait de les faire. Au défaut, on se servait de celles qui sont dans les livres. Au reste, si mon retour leur fut agréable, je puis assurer que de mon côté je ressentis une joie extrême, de voir mes frères dans une si sainte disposition, et sans perdre de temps, je commençai par faire la visite des Eglises de la province, lesquelles étant au nombre de quatrevingts, je me vis obligé de marcher ou de prêcher toutes les nuits ^
N'essayons point de compter ces 80 Eglises, (parmi lesquelles Roman place sans doute celles du Vivarais, qu'il a visitées sur son passage), mais relevons le fait qu'il voyait encore, dans le pays oii il prêchait, un ensemble de paroisses. Dans chacune des « Eglises », sans doute, quelqueancien lui fournissait du secours. L'évèque de Viviers, en 1G98, notait avec douleur que dans son diocèse « les N. G. de chaque lieu étaient des chefs de cabale, et que leur union était grande, et d'autant plus dangereuse, qu'ils la tenaient secrète ». Fléchier parlait également d'une « conspiration concertée » de tout le calvinisme du Bas- Languedoc, et de l'esprit de cabale qui régnait dans les « Gonsistoires secrets » '.
1. Jielation sommaire et véritable..., pp. 4-2, 43. Voir plus haut, II, 198. Roman répète ce chiffre de 80 Eglises dans une de ses lettres (de 1702, non datée) au Prince d'Ysenburg et Budingen.