‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 239 sur 346 · De Fclice, Temples.... p. 10:i · texte numérisé non relu

De Fclice, Temples.... p. 10:i

en 1691, quand les envois de Guillaume d'Orange ne parvinrent plus aux Gévennes, que Vivent et Brousson revinssent aux mêmes expédients. Après avoir payé partout, et fait même des charités, ils demandèrent à leurs hôtes et à leurs auditeurs de les nourrir et de les assister. La bienveillance d'amis particuliers complétait ces faibles ressources. Nous avons vu quelques femmes de Lasalle fournir de la viande, du linge, ou des bas, à La Jeunesse, les filles du mas des Combes apporter des vivres à Vivent. La veuve dun marchand de Nîmes, qui pour un mois s'était fixée à Anduze, fit parvenir à Brousson (1690 ou 1691), par une femme de Gaderles, «des mouchoirs, et quelque autre chose dedans ». Le tailleur Grail, qui habillait La Jeunesse et les Plan, leur avait prêté quelques sommes : « Il était en avance de beaucoup avec les prédicauts, et leur baillait presque tout ce qu'il gagnait de son métier »'. Les ministres avaient accepté leur sort sans fausse honte. Quand Bâville demanda à Colognac d'où il tirait sa subsistance, celui-ci répondit par la parole même de Jésus : « Les bonnes gens pourvoyaient à mes nécessités, parce que tout ouvrier est digne de son salaire ».

La délicatesse des pasteurs du refuge, et celle sans doute du clergé romain du Bas-Languedoc, s'offusqua du procédé de la quête. Les prédicants surent que « quelques personnes tiraient de là occasion de les accuser de prêcher pour un gain deshonnête »'. Ils y renoncèrent donc (sil faut en croire la Lettre de 1695), défendirent aux fidèles de « rien donner aux portes», et les engagèrent à remettre à l'ancien, commis pour les pauvres, les charités qu'ils voulaient faire. Pour eux-mêmes, ils n'eurent recours qu'aux dons secrets qui leur venaient de leurs amis les plus dévoués. Ici encore, sans doute, l'auteur inconnu de Montpellier a orné les faits, afin de calmer les scrupules de son correspondant. Il ne lui sert de rien de s'indigner contre les bruits qui courent, et d'en appeler à tous ceux qui ont fréquenté les assemblées, pour nier l'usage des collectes. En 1697 encore. Roman, autour de Meyi'ueis, n'avait point abandonné l'ancienne pratique. Au mas du Grouzet, après le sermon, « on demanda de fargent à l'assemblée », et deux jeunes gens, à la porte, présentèrent leurs chapeaux.

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