‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 247 sur 346 · A. Combeloubière (Vergèze), 21 mars 1686. C · texte numérisé non relu

A. Combeloubière (Vergèze), 21 mars 1686. C

'i. 10 avril 1686, près de Saint-Bénézet ; 12 avril, prés de ?s'ers. V. I, p. 122.

.'). Près Audabiac, 15 juin. Voir I, p. 153. Le mot et Tidée proviennent d'un passage d'Esaïe (XIV,29). « De la racine du serpent sortira un basilic, et son fruit sera un serpent brûlant qui vole ». Le serpent est naturellement, pour Faucher, l'Eglise romaine.

LES l'REMIKRES PREDICATIONS

Les sermons huguenots du xvii* siècle, essentiellement dogmatiques, et où la théologie l'emportait sur la piété, manquaient presque toujours d'un élément qui aujourd'hui paraît essentiel à toute prédication : l'actualité. Les orateurs protestants se haussaient d'emblée dans les régions de la vérité éternelle, prêchaient la doctrine révélée, et se maintenaient au-dessus des circonstances contingentes de la vie politique ou sociale. Qu'on lise, après les sermons de Pierre Du Moulin, ceux de Claude, ou de Du Bosc, et l'on ne se doutera pas que, de 1G20 à 1(J70, la situation du protestantisme dans le royaume a profondément changé. Les pasteurs du Désert, tout au contraire, ne pouvaient s'abstraire du moment présent, et la correspondance émouvante qu'ils maintenaient entre leurs paroles et les anxiétés de leurs auditeurs, suppléait à l'inexpérience de leur langage.

Pleins de dégoût pour cette Eglise qui les avait traînés à ses autels sous la conduite des dragons, comment les Nouveaux Convertis n'auraient-ils pas applaudi la prédication de Serein, prenant hardiment son texte « dans la Révélation de Saint Jean, au chapitre XVI »', où il est question de ceux qui ont répandu le sang des Saints et des Prophètes, de la réunion au lieu d'Armageddon des esprits immondes, de la victoire que Dieu tire d'eux, et de la Grande Babylone, « qui vient en mémoire devant lui », et à laquelle il donne à boire « la coupe du vin de l'indignation de son ire » ? C'était à la fois la promesse de la vengeance, et celle de la restauration. Des apostats repentants pouvaient-ils ne pas tressaillir aux menaces que Vidal empruntait au prophète Esa'ie (LXV, 11, 12)^: «Vous, déserteurs de l'Eternel, et qui oubliez la montagne de ma sainteté, et qui dressez la table à l'Armée des cieux, et fournissez l'aspersion à autant qu'on en peut compter, je vous compterai aussi avec l'épée, et vous serez tous courbés pour être égorgés, parce que j'ai appelé et vous n'avez point répondu ; j'ai parlé et vous n'avez point écouté ; mais vous avez fait ce qui me déplaît )). Peut-on imaginer un texte d'où le prédicant. usant de l'exégèse commune alors à tous les réformés, ait pu plus facilement faire sortir une condamnation expresse de l'adoration des saints, de l'hostie, et de leau bénite? Les auditeurs du Désert pouvaientils récuser l'autorité de la parole de Jérémie (LI, 45) : « Sortez de Babylone, mon peuple », quand ils lisaient si évidemment

1. Mourrelrcch, pics Niincs, 2'J décembre 1080. V. I, p. 10-2.

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