‹ Les prédicants protestants des Cévennes et du Bas-Languedoc, 1684-1700 (volume 3)Chapitre 269 sur 346 · TES PRÉDICANTS PROTESTANTS · texte numérisé non relu

TES PRÉDICANTS PROTESTANTS

Dieu, et aux seules décisions de son implacable justice la réalisation de son espoii*. La vraie tâche, c'était, pour lui, de raviver chez les protestants de France la piété, qui seule les rendrait dignes de la libération. A peine arrivé dans les Gévennes il organise un jeûne solennel. Quatre mois plus tard, il trouve sa vocation véritable en devenant prédicateur, et dès son premier sermon (Noël 1089) il marque la seule préoccupation vraie qui le poursuivra pendant son ministère, et qui est d'exposer « les plus importantes matières du salut, par rapport au déplorable état où l'Eglise de Dieu est maintenant réduite en France, et par opposition aux erreurs, aux superstitions, à l'idolâtrie, et au régime tyrannique et antichrétien qui ont lieu dans l'Eglise romaine ^

Douen a remarqué " que le nom de Guillaume est absent des trois volumes de la Manne Mystique, qui ne contiennent pas non plus la moindre allusion à la venue de ses troupes. Ce n'est pas seulement, comme il le dit, parce que les a espérances politiques des protestants. . . étaient telles que chacun disait tout haut ce que le prédicateur ne disait pas ». Brousson, comme Vivent, a pu lire, à la fin de ses cultes, des lettres de Jurieu ou d'autres correspondants étrangers, et l'une des pièces qui nous ont été conservées de lui, contient une intercession en faveur « de ce monarque [il ne le nomme pas] et de son épouse » '. Mais le prince d'Orange, et ses armées, sont du domaine des causes secondes, et l'essentiel est de croix'e à la puissance suprême de Dieu \ Des tentatives inspirées par la seule politique, des projets fondés sur de seules considéi'ations temporelles, demeureront inutiles, si les cœurs ne se convertissent pas. Si limpénitence se prolonge, si à l'étranger les démarches des réfugiés ne sont pas pénétrées d'une ferme piété, les combinaisons les mieux agencées s'écrouleront. En 1697, écœuré des négociations égoïstes de Ryswyk, où devant les calculs de l'ambition humaine disparaissaient les intérêts de la gloire de Dieu et de son service, il prédisait la condamnation certaine — et prochaine — des Puis-

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